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La brasserie Pietra, ce modèle


Rédigé par le Lundi 24 Novembre 2014 à 23:59 | Modifié le Lundi 24 Novembre 2014 - 09:10


L’industrie en Corse : hommes, machines et produits – Une série d’articles coproduite par Corse Net Infos et Femu Quì


À l’occasion de l’augmentation de capital Femu Quì, destinée à convaincre entreprises et épargnants sensibles à l’investissement éthique de souscrire des actions à son capital, l’entreprise corse de capital-investissement Femu Quì propose une série de 5 monographies sur des entreprises industrielles insulaires. Contrairement à certaines idées reçues, la Corse a une tradition industrielle. Les 5 entreprises évoquées dans cette série en sont une illustration contemporaine.
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L’industrie en Corse : hommes, machines et produits |
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Rentrer en Corse. Pour y créer une activité qui soit assez originale et identitaire pour être viable, mais pas au point d'être, par sa nature même, confinée aux frontières naturelles de l'île.
C'est au début des années 90 que l'idée s'est emparée de l'esprit de Dominique Sialelli, pour ne plus le lâcher. La réflexion dès lors ouverte avec son épouse Armelle, a d'abord permis de la peaufiner pour en dégager un concept général : créer un produit qui soit identifié à ce terroir de caractère, mais qui présente aussi la particularité de s'adresser au plus grand nombre de consommateurs. Un produit qui soit donc, à la fois, typiquement corse et... universel.
Quelques mois plus tard, la lumière jaillissait au hasard d'une soirée estivale, pas loin de cette Castagniccia dont Dominique est originaire. Puisque la bière se boit dans le monde entier, pourquoi ne pas en brasser une qui soit estampillée Made in Corsica, dont l'authenticité soit incontestable ?
L'idée ayant trouvé son terreau, restait à choisir la bonne graine à planter. Et il fut dès lors facile à la châtaigne de s'imposer, pour donner au breuvage son ADN Corse. Puisque les Corses transforment ce fruit comme d'autres le font des céréales (en en faisant de la farine),  pourquoi ne pas adapter à cet élément les modes de fabrication de la bière, en l'associant aux malts, au houblon et à la levure dont l'association fait de cette boisson la plus ancienne inventée par l'homme ?
Idée géniale ? C'est qu'on dit aujourd'hui. Forcément. Mais, en 1995, quand fut posée à Furiani la première pierre de la future usine Pietra (en hommage à Pietraserena, le village de Dominique), elle était souvent qualifiée, au mieux de saugrenue, au pire de grotesque. D'autant que l'activité de ce secteur décline alors jusqu'à prendre, à travers la fermeture de nombreuses brasseries, des allures de chute libre. Sans parler de l'ancrage du vin dans la culture corse.
Les garanties données par une longue expérimentation du process biologique et chimique, et certaines indications prometteuses (à défaut de vraies assurances) tirées des études de marché, encouragent néanmoins les époux Sialelli à relever le défi, en faisant fi des ricanements.

Un quart de son chiffre d'affaire réalisé à l'export

Des vallées de doute, des rivières de péripéties et des canyons de tracasseries en tous genres : se souvenir, presque 30 ans plus tard, par où la caravane est passée pour atteindre sa destination, son but, c'est mesurer l'étendue de  cette réussite puisque Pietra est aujourd'hui la locomotive de l’économie agro-alimentaire corse, avec ses 58 000 hectolitres de bière produits annuellement.

C'est au début des années 2000 qu'il faut situer la première victoire – clairement établie par les chiffres de ventes – de la Pietra : celle d'avoir réussi à imposer ses produits sur le marché local. Comprenez : d'avoir séduit les consommateurs corses mais aussi ceux de passage sur l'île. Devenue reine de la Corse, restait à l'enseigne à étendre son rayonnement hors de l'île pour en revenir une digne ambassadrice.

 

Après avoir eux-mêmes parcouru les routes de Corse, de foires en marchés, pour faire connaître leur bière, il appartenait donc à Armelle et Dominique Sialelli de déployer leurs forces « à l'export » pour d'abord fidéliser le consommateur l'ayant découverte en Corse, à charge pour lui d'assurer sa promotion sur le territoire national et dans d'autres pays, en s'appuyant aussi sur les déclinaisons données à la version fondatrice : la Serena (bière blonde pur malt), la Colomba (bière blanche aux herbes du maquis), la Pietra Bionda, (blonde premium à la châtaigne), la Pietra Rossa (aromatisée à la cerise, à la framboise et à la mûre) et la Pietra de Noël (plus riche en arômes).

 

Ainsi l'exportation représente-t-elle aujourd'hui 25% de l'activité de Pietra, avec des potentialités qui ne demandent qu'à être élargies à d'autres pays que ceux dans lesquels on peut consommer sa gamme de produits (Italie, Suisse, Angleterre, Irlande, Belgique, Allemagne avec des distributeurs au États-Unis et au Japon). En ligne de mire : le Brésil et plusieurs pays d'Afrique.

C'est dans le cadre de ce développement à l'international, mais aussi pour faciliter l'acheminement de ses produits sur tout le territoire national, que la brasserie a, l'an passé, fait l'acquisition d'une entreprise de distribution de boissons, implantée à Marseille (RPF Eurodistribution).

 

Passé du statut de petite brasserie, à celui de fleuron industriel d'un véritable groupe (GBC, Groupe de Boissons Corse, représentant 50 millions d’euros de chiffre d'affaires et près de 200 salariés), Pietra a, depuis 1997, été accompagnée dans ses financements par Femu Quì dont le soutien a été payé de retour puisque cette entreprise a, par son succès et ses dividendes, elle-même contribué au développement de notre société de capital-investissement. Une union pour le meilleur et le meilleur, en  somme. D'autant que la philosophie de la Pietra est aussi d'être un acteur à part entière de la sauvegarde du patrimoine insulaire. Culturel mais aussi environnemental. D'où sa volonté d'inscrire son action dans la démarche du développement durable. Des efforts dans cette direction, couronnés par le label ENVOL (Engagement Volontaire de l’Entreprise pour l’Environnement) que la brasserie a obtenu en 2010. Il témoigne d'une implication dans le domaine écologique, corroborée par le bilan carbone qu'elle a commandé, devenant ainsi l’une des premières entreprises du secteur privé corse à s'engager de la sorte pour réduire ses émissions de gaz à effets de serre.

C'est décidément à plus d'un titre que la Pietra veut s'ériger en exemple. Mieux : en modèle.
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