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La Banque publique d’investissement démarrera ses activités début 2013


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 26 Décembre 2012 à 21:44 | Modifié le Jeudi 27 Décembre 2012 - 00:37


Le Parlement a adopté, le 19 décembre, le projet de loi créant la Banque Publique d'Investissement (BPI), 1er engagement de campagne du président de la République. Dotée de 42 milliards €, cette BPI se veut un nouvel instrument offensif au service de la compétitivité. Fondée sur un partenariat équilibré entre l'Etat, la Caisse des Dépôts et Consignations et les Régions, elle doit garantir le financement des PME et des entreprises innovantes. Ce jeudi, l’Assemblée nationale planche sur un projet de loi visant à soumettre la nomination du directeur général de la BPI à l’approbation des commissions des Finances de l’Assemblée et du Sénat. L’élu du Front de Gauche, Étienne Bastelica, qui, lors de la dernière session de l’Assemblée de Corse, a posé une question orale sur le sujet, revient, pour Corse Net Infos, sur le rôle de la BPI et la composition de son Conseil d’administration.


La Banque publique d’investissement démarrera ses activités début 2013
- Pourquoi avez-vous posé une question orale sur la BPI ?
- Depuis l'élection de François Hollande, que les voix du Front de gauche ont fortement contribué à faire élire président de la République, si nous adoptons parfois des attitudes critiques vis-à-vis de certaines mesures, nous en approuvons aussi d'autres, en notre âme et conscience. La création de la BPI avait été évoquée par le président de la République, le 31 août dernier, lors d'un voyage en Champagne. Le Sénat a fini d'examiner cette loi qui ne va pas tarder à être promulguée. La BPI, à partir du moment où elle prendra en compte les intérêts des régions les plus fortement atteintes par la politique d'industrialisation, pourrait concourir à la relance effective du développement économique, de la réindustrialisation de certaines régions, pourquoi pas de la Corse, et surtout pourrait être le moteur de l’économie et de la création d'emploi.
 
- Quel est son rôle ?
- La BPI va essayer de répondre aux besoins des régions et du pays tout entier. Elle devrait aider, à la fois, les collectivités, les entreprises, les structures bancaires du mouvement mutualiste et parfois des structures comme la CADEC, à renforcer leur potentiel financier. Elle devrait soutenir les entreprises, même si celles-ci ne répondent pas aux sacro-saints critères du tout financier. Pour nous, la BPI doit être le contraire de tout ce qui se fait, actuellement, avec les marchés financiers. Elle doit favoriser le développement économique, encourager les entreprises et non pas, comme nous l’avons dénoncé plusieurs fois, engraisser les actionnaires de certains groupes privés.
 
- Chaque région française va-t-elle disposer de son agence bancaire ?
- Exactement. La BPI doit rendre l’accès plus facile au crédit pour les PME, via un guichet unique dans chaque région. Cet outil, adossé aux institutions financières Oséo, Fonds stratégique d’investissement et CDC entreprises, est l’instrument déterminant de l’impulsion de la politique de reconquête industrielle et de l’innovation à l’échelle régionale en faveur de l’emploi et de la formation, de la production et de l’export. C’est pourquoi nous avons demandé que soient représentés, au sein du Conseil d’administration et des Conseils d’orientation de la BPI, les partenaires sociaux, les salariés, les organisations syndicales et même patronales, ainsi que les élus afin de pouvoir intervenir sur l’orientation et la définition des choix stratégiques.
 
- Quelle a été la réponse de l’Exécutif ?
- L’Exécutif nous a répondu favorablement. Nous le saluons. En Corse, par exemple, la BPI serait dirigée, de droit, par le président du Conseil Exécutif et serait composée à parité hommes / femmes. Devraient y siéger trois conseillers exécutifs, des entrepreneurs, 5 représentants des salariés, les représentants des Chambres de commerce et des Chambres de métiers, ainsi que, bien entendu, des personnalités qualifiées en raison de leur compétence en matière économique, financière et de développement durable.
 
- Les salariés seront-ils représentés par les syndicats ?
- Tout à fait. Il appartiendra aux organisations syndicales responsables de choisir leurs représentants. Il semblerait aussi que le Conseil économique, social et culturel de Corse aurait 4 représentants. Que des salariés et des élus puissent, aujourd’hui, dire : nous voulons essayer d’impulser une nouvelle politique économique en Corse... Pour nous, c’est quand même une avancée significative, positive vers la démocratisation du système bancaire.
 
- Quand la BPI sera-t-elle en état de marche ?
- Il semblerait que cela aille beaucoup plus vite qu’on ne le pensait. D’après ce que nous a expliqué le Conseil Exécutif, il semblerait même que le décret soit en cours de finalisation. La BPI devrait démarrer ses activités, début 2013. Peut-être, dans les semaines qui viennent, nous réunirons-nous pour élire nos représentants.
Propos recueillis par Nicole MARI



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