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L'édito de Jacques Renucci : "L'autre patrimoine"


Rédigé par Jacques RENUCCI le Samedi 16 Septembre 2017 à 23:33 | Modifié le Dimanche 17 Septembre 2017 - 00:56


Les Journées européennes du patrimoine sont une célébration du bien commun. Mais elles doivent aussi nous faire prendre conscience de la fragilité de celui-ci


L'édito de Jacques Renucci : "L'autre patrimoine"
En ce qui concerne les Journées européennes du patrimoine (qui ont d'ailleurs commencé par être françaises avant d'essaimer ailleurs), on peut être tranquilles, elles seront un succès.
En 2016, au plan national, 12 millions de personnes ont accédé à des lieux de pouvoir d'ordinaire interdits ou à des sites significatifs en accès gratuit, ce qui est symbolique à l'heure de la marchandisation généralisée des loisirs.
Cette année, on fera sans doute mieux.  
La notion d'héritage collectif est importante : elle crée des rapprochements entre les individus et entre les groupes humains. La capitalisation sur la mémoire stabilise, enracine et participe à la fondation des êtres. Qu'elle disparaisse, aussitôt la fragilité, le désarroi et la perte de repères s'installent. Le terrorisme islamique a bien compris cette réalité en détruisant Palmyre...  


Il y a les monuments, bien sûr, les bâtiments, de la cathédrale à l'usine, les salons dorés et les bureaux que les puissants ouvrent à la foule impressionnée par une opulence qu'elle entretient pourtant de sa poche. Mais la culture aussi est dans le champ patrimonial, qu'elle recouvre la langue, les traditions, les connaissances ou la technique.
Les générations précédentes n'avaient pas le même souci de préservation ; le passé leur importait moins que le présent. A part les chefs d’œuvre reconnus, et encore, on détruisait pour construire autre chose en utilisant les matériaux récupérés. Ainsi, par exemple, combien de menhirs fracassés compte-t-on dans les murs du Sartenais...  


Aujourd'hui, ce souci de préservation doit aller plus loin avec la prise de conscience de la précarité de notre patrimoine écologique et avec l'appropriation collective de celui-ci. Un patrimoine que l'on ne visite pas occasionnellement mais dans lequel on baigne tous les jours : le climat, la pollution, le désordre environnemental, la raréfaction des ressources naturelles.  


En Corse, nous célébrons le bien commun comme socle d'identité. Mais une partie de celui-ci, inestimable, fume encore d'avoir trop brûlé cet été... Selon une belle formule : « « Les lieux sont nos liens ». Et les lieux dévastés sont les liens que nous établissons, à notre corps défendant, avec notre imprévoyance et notre inconséquence.
L'idée patrimoniale ne survivra que si elle se transforme en pratique positive, avec le souci des générations futures.  





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