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L'après Reims-Bastia : Amendes et interdictions de stade pour les supporters du Sporting


Rédigé par le Vendredi 13 Mai 2016 à 12:10 | Modifié le Vendredi 13 Mai 2016 - 22:11


Le tribunal correctionnel de Reims a rendu vendredi matin son jugement dans l'affaire de l'après Reims-Bastia pour laqualle 7 supporters du SPorting de Bastia étaient poursuivis.


L'après Reims-Bastia : Amendes et interdictions de stade pour les supporters du Sporting
Le procureur de la République qui  avait requis des peines de 1 à 5 mois de prison avec sursis et des interdictions de stade de 1 à 2 ans à l’encontre des prévenus, n'a pas été totalement suivi par le tribunal.
Le TGI de Reims n'a pas en effet prononcé de peines de prison. 
Il a néanmoins infligé des amendes allant jusqu'à 2 000 € et des interdictions de stade, pouvant aller jusqu’à deux ans, aux 7 supporters poursuivis.

Une amende de 2.000 euros a été infligée à six supporters pour « rébellions commises en réunion lors d'une manifestation sportive » et « outrage à personne d'autorité publique », peines assorties d'une interdiction de stade de deux ans pour tous les matches du SC Bastia. Le septième supporter poursuivi a, pour sa part,  été condamné à une seule amende de 1.000 euros pour « outrage ».
Les sept prévenus ont été relaxés des poursuites pour « faits de violence ».


La réaction de Bastia 1905

"Sans surprise, nous apprenons en ce 13 Mai, le jugement scandaleux rendu par le tribunal correctionnel de Reims dans l’affaire qui opposait 7 des nôtres aux policiers de Reims. Hélas prévisible depuis les premiers jours de l’affaire et les prises de position des plus hauts responsables, dont le ministre de l’intérieur lui-même, ce prétendu jugement comporte plusieurs messages forts envoyés par ce qui devrait être « la justice ».Nous déplorons tout d’abord le refus catégorique d’ouvrir une information complémentaire, et donc le principe de la désignation d’un juge d’instruction indépendant pour faire la lumière sur cette affaire. Victimes de violences caractérisées, 9 jeunes Corses ont été arrêtés, gardés puis condamnés sans qu’aucune enquête véritable ne soit menée.


Loin de se contenter de représenter la société, le Procureur de la République de Reims qui avait pourtant affirmé lors de ses réquisitions du 22 mars avoir « constaté des attitudes de policiers et des scènes qu’il n’aimait pas voir » et annoncé «  que si les policiers sont reconnus coupables, alors il s’agira d’un scandale d’Etat », M. Belargent a en réalité pris d’emblée position pour la BAC de Reims avec qui il travaille au quotidien, agissant en tant que juge et partie.
En pleine confusion des pouvoirs, on a décidé de s’épargner pour l’instant un « scandale d’Etat » qui ferait mauvais genre mais au contraire de s’affairer à couvrir un système en ne désavouant surtout pas le ministre Cazeneuve qui, quelques jours après le procès du 22 Mars, n’avait rien trouvé de mieux que de venir à Reims présenter les nouveaux équipements des BAC de France, précisément à la…brigade locale, prise ainsi en exemple au niveau national tout entier alors qu’au même moment des preuves vidéos accablantes en illustrant la violence gratuite avaient été diffusées à l’audience correctionnelle !


Tous ont été condamnés, et comme un aveu supplémentaire d’une injustice institutionnalisée, le principe d’individualisation des peines n’a pas été respecté. 6 des nôtres ont été condamnés aux mêmes soit : 2000€ d’amende, et 2 ans d’interdiction de stade. Le dernier écopera de 1000€ d’amendes. Pourtant tous ne sont pas dans la même situation, familiale, économique ou sociale. Un total de 14 000€ devra donc être payé, amendes et dommages et intérêts confondus, auxquels s'ajouteront les frais de justice et d'avocat. Les nôtres feront appel de ces décisions et épuiseront l’ensemble des recours de justice existants.
Nous le disons haut et fort aujourd’hui, les dés étaient pipés depuis le lendemain de l’affaire.  Grâce à ce parti-pris éhonté, on a osé ce matin condamner 7 jeunes victimes, pour en faire des coupables. On a fabriqué des « outrages » improuvables et inventés qu’on a établi sur procès-verbaux sur la foi de vidéos sans son. On a construit des « rébellions » inexistantes alors que les rares images disponibles (seulement 8 caméras sur 44 exploitées 3 mois après les faits !) montrent des policiers surexcités matraquant après l’avoir cerné un groupe simplement en train de marcher, en pleine rue, crevant l’œil d’un jeune, en reversant d’autres, tandis qu’un mineur se faisait rouer de coups au sol sans opposer de résistance.
En se payant le luxe de les reconnaitre en tant que parties civiles et donc de les indemniser à hauteur de 100 à 200€ chacun, la Justice française a décidé ce matin que des cowboys qui n’ont de policiers que le nom, soient reconnus comme victimes de ceux qu’ils ont, sans raison aucune, molestés au cours d’une scène filmée par les caméras de la ville. Il s’agit d’une honte absolue pour ce pays.
En refusant de permettre de juger l’affaire de manière globale avec des compléments d’information et une véritable enquête qu’aurait permis la désignation d’un juge d’instruction, le tribunal correctionnel de Reims et son Procureur zélé ont décidé de ne pas hypothéquer les 3 procès à venir, lors desquels les forces du désordre risquent de s’en sortir à moins bon compte.


Alors que la Justice a mis en garde à vue et fait déjà comparaitre le CRS qui a tabassé un lycéen à Paris en marge des manifestations anti loi du Travail, on a envoyé le message inverse à la jeunesse Corse, piétinant une fois encore la belle devise « Liberté, Egalité, Fraternité » qu’on lui enseigne depuis l’école comme une évidence pour chacun d’entre nous.
Face à ce qu’il convient de nommer pour ce qu’elle est, une provocation et un déni de justice, Bastia 1905 s’adresse à l’ensemble de ceux touchés par ces violences policières, qui sont au delà du cercle des supporters, au delà du cercle des jeunes, voire au delà de la méditerranée. Nous appelons aujourd’hui l’ensemble de la société corse, la classe politique, les associations, les entreprises, les syndicats et tous les citoyens qui ne peuvent admettre que de telles injustices puissent se produire, à prendre clairement position vis-à-vis de ce qu’il convient d’appeler « le scandale de Reims ».


Au-delà des clivages, des opinions politiques, des générations et des origines sociales, tous les Corses doivent et vont devoir se mobiliser encore plus largement que le 20 Février dernier à Bastia quand, la tête haute et de manière responsable des milliers d’hommes et de femmes se sont engagés pour la justice et la vérité. Dans les prochains jours nous aurons besoin de vous, chacun aura besoin de l’autre !
Più chè mai, ghjustizia è verità per i nostri "




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