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L’agenda d’accessibilité programmée agace médecins libéraux et commerçants de Corse


Rédigé par Laetitia Salomone le Vendredi 25 Septembre 2015 à 10:19 | Modifié le Vendredi 25 Septembre 2015 - 13:56


Tous les établissements recevant du public ( ERP ) ont jusqu’au 27 septembre 2015 pour remettre leur dossier d’accessibilité à la DDTM, sous peine d’amende. Destinée à rendre les bâtiments publics et privés plus accessibles, la loi attise les critiques des commerçants et des médecins généralistes libéraux. Prise de pouls à Ajaccio.


L’agenda d’accessibilité programmée agace médecins libéraux et commerçants de Corse
"Ça nous emmerde. Ça fait 30 ans que j'exerce dans un immeuble en copropriété. Je ne vais quand même pas imposer aux habitants de payer pour un ascenseur juste pour que mon cabinet soit plus accessible ! ". Sauveur Merlenghi, médecin généraliste, et président du syndicat des spécialistes Libéraux en Médecine Générale ( Unof ) de Corse-du-Sud, est unanime lorsqu’il s’agit d’évoquer l’agenda d’accessibilité programmée. Alors que tous les établissements recevant du public doivent remettre  un calendrier de travaux ( Ad’Ap) à la Direction Départementale des Territoires de la mer, avant le 27 septembre 2015, beaucoup de propriétaires ont montré leur agacement à la veille de l’échéance. 
 « Couteau sous la gorge » «  langage malsain » ou même «  manque de cohérence » sont pointés du doigt. Comme le rappelle le président de l’Unof : « Fermer mon cabinet serait plus facile ». Mais attention à ne pas faire d’amalgame. Le médecin ne proteste pas contre l’accessibilité. Au contraire. « A mon avis ils devraient régler les problèmes de circulation afin que l’on puisse rendre visite plus rapidement à nos patients en situation d’handicap. Personnellement je me suis toujours déplacé pour les ausculter. C’est beaucoup plus facile pour eux ». Un argument que soutient Marie-Laure Bouisset Paolantoni, médecin généraliste sur le Cours Napoléon. « Je suis en train de monter le dossier mais c’est impossible. L’immeuble est accessible il y a un ascenseur et des rampes mais il y a des marches entre le bâtiment et le Cours. Il faudrait carrément détruire l’immeuble pour le reconstruire ! Et puis en 30 ans de carrière, je me suis toujours déplacée pour faire des visites à mes patients handicapés. Alors ça ne sert à rien ! » raconte-t-elle agacée. L’Ad’Ap est dans la lignée de la loi du 11 février 2005. Il aspire à « l’égalité des droits, des chances et de la participation à la citoyenneté des personnes handicapées ». Mais du côté des commerçants, ce dispositif ne faisait pas, non plus, l’unanimité  à quelques jours du délai fixé.  

« Il faut plus de cohérence »

Difficile pourtant de ne pas remarquer à quel point il peut être difficile de se déplacer aisément. Dans la rue piétonne de la ville, des entrées trop étroites, les marches hautes, ou les escaliers dans différents commerces, montrent l’ampleur des travaux à entreprendre. Malgré tout, les boutiquiers restent dubitatifs. Le disquaire André Paldacci avoue : «  Par rapport à la superficie de mon commerce, il m’est impossible d’entreprendre des travaux. Je ne peux par exemple pas faire disparaître les marches au milieu de mon magasin. Quant à l’entrée, la ravaler me coûterait dans les trois ou quatre mille euros. Je préfère mettre une planche en bois à l’entrée, et renseigner les personnes sur le seuil ». Non loin, accoudé au comptoir de sa boutique, Robert avoue : « Je ne suis pas concerné car ma boutique est aux normes. Mon entrée est de plain-pied et ma cabine d’essayage est accessible. Mais je trouve que l’Etat devrait d’abord rendre les lieux publics plus accessibles avant de nous forcer à entreprendre des travaux. Qui peut se rendre à la poste ou à la Caf en fauteuil ?! Et puis comment faire si l’on ne peut pas faire autrement ? On met un panneau « interdit aux handicapés » devant la porte ? ». Des propos qui font sourire Romain Villet, malvoyant, en séjour à Ajaccio. « En fait j’ai une anecdote plutôt amusante. L’hôtel où je réside est aux normes d’accessibilité. Les boutons de l’ascenseur sont en braille. Mais ils sont sur une surface lisse. Donc je me retrouve à appuyer sur tous les boutons avant de me décider à prendre les escaliers ». Pour rappel, les établissements qui ne déposent pas un agenda d'accessibilité programmée et qui ne respectent pas les obligations, seront passible d'une sanction de 2500 euros. Ils retomberont également sous le coup de la Loi de 2005 qui prévoit des poursuites pénales, 45 000 euros d'amende et, en cas de récidive, des peines pouvant aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement.  
 

Où envoyer mon dossier ?

Ce document de programmation pluriannuelle - qui précise la nature des travaux et leur coût - devra être remis le 27 septembre au plus tard à  l'adresse suivante : 

D.D.T.M 
Terre-plein de la gare 
20302 Ajaccio Cedex 9 
 

 
 




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