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L'Île-Rousse : Premières "rencontres biodiversité" réussies


Rédigé par le Jeudi 6 Février 2014 à 22:30 | Modifié le Jeudi 6 Février 2014 - 22:46


Dans le cadre de sa politique de promotion, diffusion et vulgarisation des enjeux et connaissances liés à la culture scientifique, l’association CPIE Corte Centre Corse - A Rinascita, via son pôle de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle de Corse, a organisé les premières « Rencontres biodiversité » au bar Lounge «le Rendez-vous», à L'Ile-Rousse, sur la thématique « La biodiversité : support de Vie en Balagne ».


L'Île-Rousse : Premières "rencontres biodiversité" réussies

Une trentaine de personnes, issues de la sphère institutionnelle, privée, scientifique, associative, ou venus à titre personnel, étaient présentes au Bar Lounge « Le Rendez-Vous » à Ile-Rousse, pour écouter, discuter et échanger, durant près de 2 heures, autour du thème « La biodiversité : support de vie en Balagne », dans le cadre des premières Rencontres de la Biodiversité.

Toni Casalonga, modérateur des échanges, a ouvert le débat en rappelant que la biodiversité nous concerne tous, qu’elle est présente dans le quotidien de chacun. Il a ensuite présenté les deux intervenants, Yildiz Thomas et René Colombani.

Yildiz Thomas, chercheuse au CEFE de Montpellier en ethnobiologie, a introduit le thème en redéfinissant la biodiversité, et en appuyant son propos sur les interactions du vivant. Elle a ensuite abordé l’origine de la relation Hommes/Natures et les différentes représentations de la nature suivant les sociétés. La domestication de la nature, par l’homme, a façonné nos paysages et la biodiversité présente aujourd’hui. Yildiz Thomas a conclu son introduction en exposant ses divers travaux d’ethnobiologiste en Indonésie et en Himalaya, ainsi que les expériences qu’elle en a tirées.

René Colombani est lui oléiculteur depuis tout jeune. Il a présenté aux participants son parcours ainsi que l’évolution de son métier : « les techniques de ramassage ont évolué, le ramassage ne se fait plus à terre…», a-t-il déclaré. L’ensemble des oléiculteurs de Balagne se sont équipés et mécanisés. L’oléiculture, moindre aujourd’hui, composait l’économie principale de la Balagne. Puis les oliveraies de Balagne ont subi les incendies et la concurrence d’autres huiles de pays proches. Dans les années 1980, René Colombani, avec plusieurs autres oléiculteurs se sont structurés, et ont créé la coopérative oléicole de Balagne, et ce, afin de valoriser et relancer l’oléiculture. Aujourd’hui, l’huile de Balagne est un produit de qualité reconnu, la vente d’huile d’olive de Balagne est à son optimum, et cette région reste un exemple pour la Corse.

Ces deux discours ont suscité des questionnements et discussions parmi les participants ; les débats ont été riches et intenses. Les différents participants ont apprécié la qualité et l’intérêt des échanges et réflexions.

Plusieurs sujets et axes de réflexion se sont succédés tout au long de la soirée, tels que :

-           La transmission des savoir-faire locaux,

-           La transmission des savoir-faire à l’échelle de l’île n’est guère pertinente car chaque arbre est spécifique à un terrain,

-           Les savoir-faire locaux trop souvent écrasés et non transmis aux jeunes

-           Trop peu d’échanges entre les savoirs locaux et les savoirs scientifiques,

-           La création des Appellation d’Origine Protégé permet de valorisé les produits mais parfois le cahier des charges de ces AOP ne correspond plus aux pratiques locales,

-           Observation de l’augmentation de l’utilisation d’intrant et de phytosanitaire alors qu’il existe des techniques anciennes efficaces,

-           Remise en cause du système agroalimentaire actuel,

-           En Corse, les terres arables sont construites,

-           Les produits identitaires font la richesse de la Corse,

-           L’installation de jeunes est freinée par les problèmes d’indivision des terres,

-           Le rôle du PADDUC pour les décisions sur l’avenir des terres

-           L’importance d’un SCOT et d’un PLU pour valoriser les activités agricoles et pastorales.

Un diner, réunissant quelques participants, a suivi au restaurant l’Escale, au cours duquel les discussions ont pu se poursuivre, dans une ambiance des plus conviviales.

Il est à noter que d’autres Rencontres Bio et Bi’eau-diversité suivront sur l’ensemble du territoire insulaire, au cours de l’année 2014.






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