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L'Ile-Rousse : Encore un millier de personnes pour soutenir Jean-Louis Emmanuelli


Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Lundi 30 Mai 2016 à 21:37 | Modifié le Mardi 31 Mai 2016 - 17:43


A moins de 48 heures du procès en appel de Jean-Louis Emmanuelli condamné en première instance, un nouveau rassemblement a eu lieu à l'appel de son comité de soutien lundu soir à L'Ile-Rousse.


Photos Jean-Paul Lottier et Jacques Quilichini
Photos Jean-Paul Lottier et Jacques Quilichini

Non la mobilisation en soutien à Jean-Louis Emmanuelli ne faiblit pas. Pour preuve cette foule qui a répondu lundi à l'appel de son comité de soutien au rassemblement qui a eu lieu à 19 heures sur une place qui résonne comme un symbole, celle de Pascal Paoli.
Ils étaient en effet près d'un millier, tout comme ce soir du 22 mars dernier lors du premier rassemblement qui intervenait au lendemain de la condamnation en comparution immédiate de Jean-Louis Emmanuelli à  5 années de prison, dont 3 fermes, et 5 ans d'annulation de son permis de conduire ainsi qu'à la confiscation de son véhicule de travail,


Il était accusé de "violences volontaires sur dépositaire de l'autorité publique". Selon le ministère public, Jean-Louis Emmanuelli aurait foncé à deux reprises, en marche arrière puis en marche avant, avec son fourgon, sur un gendarme pour tenter de le renverser.
Des faits que réfute l'intéressé et les membres de son comité de soutien qui se sont attachés au fil des semaines à rassembler des preuves prouvant que les faits ne se seraient pas déroulés comme le prétendent les forces de gendarmerie qui sont intervenues sur cette opération menée en Balagne et dans laquelle Jean-Louis Emmanuelli n'était en rien concerné.


Au lendemain de sa libération conditionnelle appuyée avec force et détermination par son comité de soutien, Jean-Louis Emmanuelli avait déclaré à Corse Net Infos: "En revanche, comme je l'ai toujours dit, sans jamais varier à aucun moment, je n'ai pu identifier les personnes en face de moi. Ce n'est qu'après avoir essuyé 17 coups de feu sur mon véhicule, dont certains à hauteur d'homme que j'ai entendu le mot "Police".
Très sincèrement je pensais être tombé dans un guet-apens
J'avais en face de moi 4 hommes cagoulés et d'autres en civil. Comme l'atteste la vidéo surveillance de mon domicile, ils n'avaient pas de brassards Police.
Je voudrais juste préciser que je suis parti de chez moi  en camionnette pour aller faire du vélo avec un proche et 3 km plus loin, craignant que le temps ne se couvre j'ai fait demi tour pour aller chercher un coupe -ent. Et, c'est à ce moment que j'ai été pris pour cible. Cela veut dire que les gendarmes et policiers auraient pu m'interpeller avant, le plus normalement du monde.
Mais, mon sentiment c'est qu'à ce moment là ils n'étaient pas prêts".
Et d'ajouter: "
"Je veux bien tout accepter, mais en plus de me faire tirer dessus, de subir l'incarcération et les versions des gendarmes, il faudrait que je me taise. Non je ne suis pas un voyou, non je n'ai jamais eu à faire à la justice. Je peux comprendre qu'un gendarme ait pu avoir peur lorsque je suis parti en marche arrière dans le seul but d'échapper à ce que je croyais être un guet-apens. En revanche, si je comprends bien  cet homme a le droit d'avoir peur, moi  non.
Oui, aujourd'hui je l'affirme haut et fort: c'est un miracle que je sois toujours en vie. On m'a tiré dessus comme un sanglier".

Des propos qui ont été développés par les différents intervenants ce lundi soir. Jean-Louis Emmanuelli n'était pas présent à ce rassemblement mais la présence de tout ce monde a du, à n'en pas douter; lui faire chaud au coeur.


Présence de Gilles Simeoni et de plusieurs membres de l'Exécutif de Corse
Dans la foule, on notait la présence de nombreuses personnalités politiques, dont le président de l'Exécutif Gilles Simeoni qui sortait d'une réunion au cinéma Fogata avec plusieurs chefs d'entreprises,  et de Jean-Christophe Angelini, président de l'ADEC, Nanette Maupertuis, présidente de l'ATC et Jean-Félix Acquaviva, président de l'Office des Transports  ainsi que Antoinette Salducci, conseillère Départementale de l'Ile-Rousse, Lionel Mortini, maire de Belgodere, Dominique  Andreani, maire de Cateri et bien d'autres élus de la microrégion.
A la tribune, Pierre-Paul Cruciani a remercié le public d'êttre venu aussi nombreux témoigner toute son amitié et son affection à Jean-Louis Emmanuelli avant d'ajouter: " Jean-Louis n'est pas présent ce soir car il a choisi de rester en retrait pour que la justice le 1er juin ait la primeur des détails de son témoignage avant de les rendre publics et de les porter devant la presse  Ce qui lui arrive aujourd'hui pourrait vous arriver et peut vous arriver demain. Ce qui est arrivé à Jean-Louis est la conséquence de l'évolution de notre société d'aujourd'hui - et quelle société - une société violente, menaçante et injuste. Si nous n'y prenons pas garde, nous basculerons dans un Etat policier qui agit quelles que soient les circonstances, sans discernement et sans appréciation tant dans les interventions policières que dans la justice. Monticello n'est pas Molenbek". Etat d'urgence, comparution immédiate... autant de termes aujourd(hui banalisés qui  nous sont malheureusement devenus familiers, qui induisent pernicieusement que les procédures d'exception se substituent au droit commun que l'on voudrait renforcer et "constitutionnaliser" pour aboutir in fine à des situations comme celle de Jean-Louis où un e justice expéditive envoie sans autre forme de procès un innocent en prison"


Après avoir détaillé toutes les actions menées par le comité de soutien et expliqué les raisons pour lesquelles le comité a souhaité que cette manifestation se tienne, notamment pour apporter les témoignages à décharge  recueillis en faveur de Jean-Louis, qui n'avaient pas été pris en compte lors du procès en comparution immédiate, Pierre-Jean Cruciani concluait: " Tout ce qui est dit ce soir n'est nullement improvisé, chaque phrase et mots ont été pesés et validés par l'ensemble du comité car vous pourrez comprendre qu'à deux jours du procès une lecture raisonnée vaut mieux qu'un discours enflammé qui risquerait de porter préjudice à Jean-Louis.
GhJustizia per Jean-Louis!
e tutti in Bastia, mercuri à dui ore
!."


Christian Graziani revenait sur les circonstances  dans lesquelles les faits se sont déroulés avec témoignages physiques, vidéo surveillance et autres qui sont loin de ceux figurant dans les rapports des policiers. Ces preuves seront apportées le 1er juin devant le tribunal.
Il devait conclure: " Notre volonté est de rester dans l'efficacité et de faire prendre conscience à tous de la gravité de la situation".
Antoine Allegrini ouvrait son propos sur une citation d'Albert Einstein: " Le monde est dangereux à vivre! non pas à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire"
Puis, avec force et sans le moindre ménagement il s'adressait aux membres de la BRI leur demandant de rétablir la vérité et de faire en sorte que le palais de justice de Bastia ne se transforme pas en palais de l'injustice pour la deuxième fois.
François Acquaviva  s'en est pris dans un premier temps aux juges qui le 14 mars ont condamné Jean-Louis leur posant notamment la question : "Si votre verdict avait été équitable pensez-vous qu'un comité de soutien se serait créé spontanément? Si votre verdict avait été équilibré, pensez-vous que 1500 personnes auraient assisté à la conférence de presse de ce collectif en hiver sous une température de 5° en plain air à 19H30?
S'il avait été mesuré pensez-vous que 100 personnes auraient sillonné toute la Corse pour distribuer 20 000 tracts en recevant partout un accueil chaleureux, convivial, émouvant?
S'il avait été approprié, pensez-vous que nous aurions recueillis plus de 8000 signatures en 1 moi......?

Tout comme Antoine Allegrini, il s'est ensuite adressé aux policiers de la BRI: " Le 6 février vous n'étiez pas reconnaissable et vous le savez. Vous avez menti, vous n'avez convaincu personne sauf les 3 juges du tribunal de Bastia ...) Si vous aviez été reconnaissable pourquoi un autre témoin aurait il appelé un ami en disant: " Je viens d'assister à un affrontement entre bandes rivales". Cette personne témoignera aussi le 1er juin. Si vous aviez été reconnaissable, auriez eu besoin de dire: " Nous sommes de la maison" à l'arrivée des gendarmes de l'Ile-Rousse, dans un climat de confusion et de tensions extrêmes.? (...)
Le 1er juin, nous vous demandons de dire une seule chose: la vérité. Le 1er juin, faites le choix de la dignité et du panache: renoncez aux mensonges, dites la vérité (...)

Et de conclure: "Le 1er juin vous aurez tous les éléments pour empêcher l'imposture et la fourberie d'avoir le dernier mot. Le 1er juin vous aurez tous les éléments pour faire triompher la vérité.
Le 1er juin vous aurez tous les éléments pour empêcher que ce dossier ne soit numéroté et archivé dans le placard des erreurs judiciaires quelque part dans un bureau du palais de justice de Bastia.
Le 1er juin vous aurez tous les éléments pour acquitter Jean-Louis".

André Paccou, délégué de la Ligue des Droits de l'Homme, prenait la parole pour féliciter les membres du comité de soutien d'avoir eu le courage de s'attaquer à un système pour  défendre un homme dont son seul tort a été celui d'avoir eu peur.


Liberté, Egalité, Fraternité
José Emmanuelli, frère de Jean-Louis s'appuyait sur la devise Liberté, Egalité, Fraternité pour étayer ses propos:
" Nos ainés, ceux qui l'ont inventée, ont associé ces trois concepts. Sans ces trois réunis la devise s'écroule;
Liberté! , il est insupportable dans notre pays d'imaginer un  innocent jeté en prison, ne serais ce  qu'un seul jour. Jean-Louis a été condamné à 5 ans de prison et il a passé 6 semaines à Borgo. son seul tort est d'avoir eu peur face à un commando armé et cagoulé.
De liberté Jean-Louis en a manqué mais que dire du Tribunal qui l'a condamné. etait-il libre? je ne peux pas imaginer qu'intellectuellement les magistrats n'aient pas compris la situation. Si ce n'est pas une erreur, de quoi s'agit-il?  (...)

Un homme politique de la Grèce antique disait: " Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage".
Pour Jean-Louis mais aussi pour nos institutions, je souhaite à la cour d'appel suffisamment de courage pour prononcer l'acquittement, afin que la justice aussi retrouve sa propre liberté.
Egalité! Jean-louis a eu peur, cette peur elle lui est refusée. Il aurait du rester sur place, sans bouger mais il a fui...
ça lui a valu d'être mitraillé. Et voila que maintenant c'est la peur, mais cette fois celle des forces de l'ordre qui est mise en avant pour justifier les tirs.
Egalité ! D'un côté un homme terrorisé en tenue de cycliste qui craint pour sa vie. De l'autre des professionnels qui s'arrogent le droit de tirer. Comme des fous, en rafales, à l'arme de guerr (...)
Fraternité !  la fraternité c'est mloi bien sûr qyui suis le frère de Jean-Louis. Mais la leçon de fraternité c'est vous qui l'avez donnée, car vous ne l'avez jamais abandonné. Vous avez pleuré de rage à sa condamnation, vous avez pleuré de joie devant la prison, pour sa libération conditionnelle. Vous étiez là pour des réunions publiques, distribution de tracts, organisation des actions...
Vous étiez là au quotidien pour soutenir Marie-Paule. Certains d'entre vous ont remplacé Jean-Louis deux mois durant dans son entreprise. Combien ont manifesté leur soutien,? combien ont donné de leur temps? combien ont proposé discrètement leur aide financière? combien de mots bienveillants, de regards chaleureux, de moments de communion?
C'est cette fraternité impressionnante, qui a fait libérer provisoirement Jean-Louis.
Et, mercredi au Tribunal il a encore besoin de vous.
Car c'est encore votre fraternité qui fera que Jean-Louis obtienne l'Egalité dans le traitement de son dossier.
Et, s'il est traité avec égalité, alors, inévitablement, arrivera la liberté.
Liberta! vi ringrazième à titti".

Debout, ému, le public a longuement applaudi.




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