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L’Europe et la Corse ont fêté à Tours le 1 700 ème anniversaire de San Martinu !


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 9 Juillet 2016 à 16:29 | Modifié le Dimanche 10 Juillet 2016 - 15:55


Plus de 14 délégations venues de toute l’Europe et même d’Argentine, soit près de 500 personnes, se sont réunies à Tours le weekend dernier pour commémorer ensemble le 1700ème anniversaire de San Martinu. Des Hongrois, des Slovènes, des Italiens, des Espagnols, des Tchèques…, quatre ambassadeurs, un ministre, un député, un archevêque… mais aussi des Corses, des confrères de Patrimoniu et du Sud de l’île, des vignerons et des élus, notamment le président de l’Exécutif territorial, ont participé aux festivités grandioses, à la parade internationale géante dans les rues de la ville et à l’arrivée des premiers marcheurs de la Via Sancti Martini, l’itinéraire culturel européen, ainsi officiellement inauguré. Ce saint d’exception, qui a drainé, pendant des siècles, des milliers de pèlerins jusqu’en Touraine, a été choisi par le Conseil de l’Europe pour redynamiser, à travers un chemin, les valeurs de partage et d’éco-citoyenneté. Reportage photos : Jean-Baptiste Andreani et Christian Andreani et vidéo : Jean-Michel Schiavo.


La délégation corse, emmenée par le président d’U centru culturale San Martinu Corsica, Christian Andreani, avec le président de l’Exécutif territorial, Gilles Simeoni, le maire de Patrimoniu, José Poggioli, Jean-Baptiste Arena, Mattea Lacave, Edmond Simeoni, les confrères de San Martinu di Patrimoniu, de Santa Cruci di Purtivechju, San Francescu di l’Alta Rocca et a santissimu crucifissu di a pieve di a Serra… aux côtés du maire de Tours et des ambassadeurs de Hongrie, de Suisse, de Slovénie... dans le jardin des Vikings.
La délégation corse, emmenée par le président d’U centru culturale San Martinu Corsica, Christian Andreani, avec le président de l’Exécutif territorial, Gilles Simeoni, le maire de Patrimoniu, José Poggioli, Jean-Baptiste Arena, Mattea Lacave, Edmond Simeoni, les confrères de San Martinu di Patrimoniu, de Santa Cruci di Purtivechju, San Francescu di l’Alta Rocca et a santissimu crucifissu di a pieve di a Serra… aux côtés du maire de Tours et des ambassadeurs de Hongrie, de Suisse, de Slovénie... dans le jardin des Vikings.
Ils sont venus par centaines de Hongrie bien sûr, de Slovénie, de la République Tchèque, d’Italie, de Suisse, de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Espagne, de Buenos Aires en Argentine… et de Corse pour commémorer un événement exceptionnel : la naissance d’un des plus grands saints de la Chrétienté : San Martinu. Un saint né il y a 1700 ans à Sabaria dans la province romaine de Pannonie - aujourd’hui Szombathely en Hongrie – et qui a marqué les cœurs et les consciences par un simple geste, celui du partage de son manteau avec un pauvre, un hiver de grand froid. Quatorze délégations représentant les centres culturels saint Martin de 12 pays apportant chacune une parcelle de la vie de celui qui, parti de sa Hongrie natale, traverse, au 4ème siècle, toute l’Europe dans un long et tumultueux périple qui le mène à Tours. Là, il est sacré évêque et il entre dans la légende. Toute l’Europe s’est, donc, retrouvée à Tours le weekend dernier, comme elle le fit pendant des siècles, pour donner le coup d’envoi de l’année martinienne sous le signe du partage et de la diversité.  
 
La Corse, invitée d’honneur
Les festivités, qui se sont déroulées sous la houlette d’Antoine Selosse, directeur du Centre culturel européen saint Martin de Tours, ont débuté, dès vendredi soir, avec l’accueil des délégations en mairie de Tours par le maire Serge Babary, l’adjoint au rayonnement de la Ville Christophe Bouchet, le conseiller départemental Thomas Gelfi, en présence de la députée européenne Angélique Delahaye, de l’ancien ministre du tourisme Hervé Novelli, et des ambassadeurs de Hongrie, de Slovénie, de Suisse et auprès du Saint-Siège… Invitée d’honneur, la délégation corse, emmenée par le président d’U centru culturale San Martinu Corsica, Christian Andreani, était formée du président de l’Exécutif territorial, Gilles Simeoni, du maire de Patrimoniu, José Poggioli, ses deux adjoints dont Jean-Baptiste Arena et de trois conseillers municipaux, de l’adjointe à la culture de la ville de Bastia, Mattea Lacave, d’Edmond Simeoni représentant Corsica diaspora, d’a cunfraternità San Martinu di Patrimoniu et des confrères de Santa Cruci di Purtivechju, San Francescu di l’Alta Rocca et a santissimu crucifissu di a pieve di a Serra, d’une délégation des vignaghjoli di Patrimoniu…

Serge Barbary, maire de Tours, Pierre-Yves Fux, ambassadeur de Suisse en Slovénie et Christian Andreani.,
Serge Barbary, maire de Tours, Pierre-Yves Fux, ambassadeur de Suisse en Slovénie et Christian Andreani.,
Des millions de pèlerins
Toutes les délégations se sont retrouvées, le samedi en fin de matinée, pour lancer les cérémonies officielles. « La commémoration du 1700ème anniversaire de la naissance de saint Martin est, pour Tours, un moment très important. D’abord, parce que la ville s’est développée sur la présence, l’existence et le travail de Martin, évêque de Tours. Elle doit sa richesse aux reliques de saint Martin, conservées dans la basilique qui était le centre de tous les pèlerinages de l’Europe médiévale. Tours a accueilli des milliers de pèlerins pendant des siècles dans ce qui s’appelait la martinopole, la ville de saint Martin. Ce culte s’est étiolé au cours de l’histoire. Alors que survivaient partout en Europe des fêtes autour de saint Martin, à Tours même il n’y avait quasiment plus rien. La ville est pourtant parsemée de légendes, d’histoires, de noms, de prénoms, comme les communes environnantes : saint-Martin-le-Beau, La Chapelle Blanche saint Martin, Candes-Saint Martin…, qui ont marqué notre territoire », commente Serge Babary. La réception se tient symboliquement dans le jardin des Vikings, une enceinte gallo-romaine ainsi nommée en souvenir d’une attaque des Normands qui, attirés par les richesses de la Martinopole, ont tenté d’y pénétrer en 903. En vain. Saint Martin sauva la ville.
 
Le premier Européen 
« Cet anniversaire est l’occasion de réinstaller l’intérêt des Tourangeaux pour ce personnage magnifique qui a eu une reconnaissance internationale et a marqué, d’une façon durable, la conscience des peuples avec le symbole du partage, éminemment d’actualité : le partage de l’eau, des ressources, des richesses. Ce symbole transcende l’histoire et les sensibilités de chacun », poursuit le 1er édile. Ce personnage emblématique est aussi d’une évidente modernité pour Georges Károlyi, l’ambassadeur de Hongrie en France qui ouvre, dans la foulée, les commémorations en hongrois : « Ces festivités sont traditionnelles pour nous puisque saint Martin de Tours est né en Hongrie. Son culte y est toujours très vivace, comme il l’est en France. Pour un anniversaire de cette importance, le 1700ème de sa naissance, il était normal que nous soyons à Tours. Nous sommes très fiers d’avoir pu, il y a 1700 ans, donné naissance à un personnage qui, par la suite, a acquis une dimension européenne aussi importante. La modernité de saint Martin réside dans le fait que l’Europe de saint Martin existait bien avant l’Europe d’aujourd’hui. Saint Martin est né en Europe centrale, il est mort en Touraine. Entretemps, il a parcouru pratiquement tous les pays d’Europe et, dans tous les pays existe son culte qui est, d’ailleurs, personnifié par les très nombreuses délégations qui sont venues à Tours ».

Gilles Simeoni avec le maire de Tours, l'ambassadeur de Hongrie et Antoine Selosse.
Gilles Simeoni avec le maire de Tours, l'ambassadeur de Hongrie et Antoine Selosse.
Une leçon d’humanité
A leurs côtés, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif corse, évoque la longue histoire qui lie le saint, Tours et la Corse et dit son émotion d’assister aux festivités avec la délégation insulaire : « Nous avons tenu à être présent à ce rendez-vous sans équivalent pour honorer un personnage d’exception, porteur de valeurs universelles. San Martinu est, pour le monde entier, celui qui a su offrir son manteau aux pauvres et donner un baiser à un lépreux. Cette commémoration de Tours prouve qu’on ne peut pas dissocier le développement économique, l’enracinement dans sa culture, dans sa mémoire et dans son patrimoine, et le sens dont notre société a, aujourd’hui, plus que jamais besoin. Aujourd’hui, comme hier, San Martinu nous donne une formidable leçon d’humanité ! ». C’est, également, l’avis de Pierre-Yves Fux, ambassadeur de Suisse en Slovénie et près Saint-Siège à Rome : « Saint Martin est un exemple ! L’exemple le plus éloquent, depuis toujours, est son geste du manteau partagé. Quelqu’un meurt de froid et il ne tergiverse pas ! On ne nomme pas une commission ou une sous-commission ! On y va, on coupe le manteau en deux, même si c’est du matériel militaire, pour réagir à l’urgence ! C’est un peu ce que font les acteurs humanitaires, mais c’est aussi ce que chacun de nous peut faire dans sa vie quotidienne à tel ou tel moment ».
 
Une parade internationale
Tours tenait à ce que les festivités soient à la démesure du personnage. Et, elles le furent dans un ballet incessant de spectacles, illuminations, défilé, messes, pique-nique champêtres, concerts et bal populaire…. Le clou fut certainement la parade internationale qui, partie de la cathédrale Saint-Gatien, déambula, samedi après-midi, dans les rues de la vieille ville sur quatre kilomètres. Un défilé, long, éclectique et haut en couleurs de délégations vêtues de leurs costumes traditionnels et illustrant la diversité des fêtes de la Saint-Martin dans le monde, ainsi que des pans de sa vie. En tête de cortège, derrière les légionnaires hongrois de l’armée romaine et leurs chorégraphies d’épée figurant la période militaire de celui qui n’était encore qu’un soldat romain, les confrères corses, alignés sobrement derrière la bandera de San Martinu, ont rythmé, à la ferveur de leurs chants, cette marche symbolique. Emmenant dans leur sillage, une oie géante aux ailes déployées portée par une délégation déguisée en oie - rappelant celles qui avaient trahi Martin qui se cachait pour ne pas devenir évêque-, un cheval aux couleurs d’Utrecht, une énorme statue du saint en papier, des géants des Flandres, Sainte Radegonde, les humanitarios d’Espagne, les binious de Bretagne, les fanfares… Le cortège bigarré et joyeux finit par rejoindre un village de toile, aménagé pour l’occasion, où fut dévoilée, dans une boule à neige, la statue restaurée du saint qui devrait bientôt de nouveau trôner en haut de la Basilique.

Dans la basilique saint Martin.
Dans la basilique saint Martin.
Le Dio vi salvi Regina dans la basilique
La journée n’était pas terminée pour les confrères corses qui ont donné un concert en fin d’après-midi avant de pouvoir profiter des diverses spectacles qui ont égrené la soirée, particulièrement le somptueux son et lumière de la Cathédrale de Tours et ses projections monumentales autour, notamment, de la légende de saint Martin. La soirée s’est clôturée par un bal populaire sur le bord de la Loire.
En première ligne, les Corses le furent tout autant le dimanche où, tôt le matin, ils se rendirent à la Tour Charlemagne pour frapper, avec le joaillier Emmanuel Le Cerf qui travailla pour le Vatican, la médaille de San Martinu. Avant d’inaugurer, aux côtés du maire de la ville et des ambassadeurs, l’ouverture symbolique de l’itinéraire culturel européen, la Via Sancti Martini, en accueillant, au pied de la tour, les premiers marcheurs qui ont parcouru les 2500 kms depuis la Hongrie ou depuis Tours. A l’arrivée, également, les dix premiers coureurs qui ont refait, en relais non-stop, le chemin balisé de l'évêque de Ligugé à Tours, soit 240 kms en 24 heures.
Les Corses eurent, ensuite, le privilège de chanter dans la crypte où repose le tombeau de saint Martin et lors de la messe européenne à la basilique, où il entonnèrent, notamment, le Dio vi salvi Regina. L’hymne national corse retentit également sous les frondaisons de l’abbaye de Marmoutier, fondée par saint Martin, où un pique-nique du partage et la messe solennelle, présidée par Mgr Aubertin, archevêque de Tours, et l'évêque d'Orléans, étaient organisés par le diocèse en présence de tout le clergé et de toutes les personnalités de la région.
 
Un long travail
Cette mise à l'honneur, la délégation corse la doit, avant tout, à Christian Andreani, le maître d’œuvre d’u centru culturale San Martinu Corsica, qui ne cache pas sa satisfaction. « Ce déplacement a été déterminant pour la Corse, ne serait-ce que par l’accueil que nous a réservé le maire de Tours. La place d’honneur, que l’on nous a donnée pour accueillir les premiers marcheurs, et le fait que le président de l’Exécutif ait été placé au même rang que les ambassadeurs de Hongrie, de Slovénie et de Suisse prouvent toute l’estime que le réseau européen nous porte. C’est une reconnaissance de tout le travail que nous avons effectué depuis neuf ans. Comme l’est la composition même de notre délégation issue de la société civile et du dynamisme des confréries, du tissu associatif, des artisans, des vignerons... ». Des vignerons, la délégation en comptait trois, deux de l’AOC Patrimoniu et un jeune vigneron de l’appellation Figari, venus honorer leur saint patron dont une région viticole que certains connaissent bien. « Nous avons été accueillis par nos confrères vignerons des différentes appellations de la Loire, à savoir MontLouis, Vourvray, Bourgueil et Chinon. San Martinu est le trait d’union agropastoral entre nos deux régions grâce à des liens qui ont été tissés depuis deux ou trois générations, depuis le renouveau de la viticulture à Patrimoniu il y a 40 ans. Nos liens avec la Touraine et la Loire sont, en fait, très anciens puisque Clément Marot, le poète officiel de la cour de François 1er, atteste, par ses écrits, que le vin de Patrimoniu se trouvait déjà sur la table des rois de France à la Renaissance, il y a six siècles !  », révèle Jean-Baptiste Arena, représentant de l’AOC Patrimoniu.
Le voyage à Tours fut aussi l’occasion pour les insulaires d’amplifier et d’étendre les contacts avec les autres centres culturels étrangers avec pour ligne de mire l’ouverture, au plus vite, de la première étape de l’itinéraire en Corse, a via San Martinu. 
 
N.M.

A suivre demain : Inauguration de la Via San Martinu : Un enjeu économique et sociétal !
 

La délégation corse à Tours

Crédit vidéo : Jean-Michel Schiavo.





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