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L’ADEME et la CTC de Corse veulent relancer le solaire en Corse


Rédigé par Lydie Colonna le Mercredi 1 Avril 2015 à 21:15 | Modifié le Jeudi 2 Avril 2015 - 00:32


Maria Guidicelli, présidente de l’AAUC (Agence d’Aménagement durable, de planification et d’Urbanisme de la Corse) et Véronique Reix, directrice régionale de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) ont présenté aux principaux acteurs du solaire thermique en Corse les différents audits réalisés. Il s’agissait d’effectuer un bilan des installations existantes ainsi que les actions qui en découlent.


l'énergie thermique en Corse
l'énergie thermique en Corse
L’ADEME et la CTC (Collectivité Territoriale de Corse) soutiennent le développement de l’énergie solaire en Corse depuis plus de 30 ans. L’île est la région pionnière en la matière avec des installations de référence comme l’hôpital de Bastia. Le bilan est dans l’ensemble bon mais cependant inférieur aux objectifs fixés et aux possibilités de la région.
Un plan de relance a donc été établit pour dynamiser le marché solaire collectif.
 
 
Un bilan technique et économique a été réalisé sur les installations solaires existantes. Pour ce faire, une mission de 10 mois a été mise en place en 3 phases principales :
Une enquête auprès des maitres d’ouvrage des installations agréées par l’ADEME et la région.
Il en ressort que la majorité des opérations hors habitat individuel réalisées en Corse a été effectuée dans le secteur du tourisme. Le logement ne représente qu’un faible pourcentage des opérations (5%) et seulement 14% des surfaces de capteurs. La surface moyenne de ces capteurs est de l’ordre de 19 m2 sur les trente dernières années.
Le secteur du tourisme se caractérise par de nombreuses opérations de taille limitée : 75% des opérations dans les campings ont une surface de capteurs inférieure à 15 m2, pour les hôtels 64% ne dépassent pas ces 15m2.
Dans le secteur du logement, la taille des opérations résulte de l’effet conjugué de grandes opérations de rénovation des bailleurs sociaux et des opérations de logements BBC. Ces opérations sont donc majoritairement récentes (moins de 5 ans).
L’évolution du nombre de m2 installés par an est en baisse ces 3 dernières années.
Par contre on constate une forte augmentation du coût sur les 15 dernières années, en particulier pour les opérations supérieures à 15 m2.
Les installations collectives de plus de 15 m2 sont majoritairement des CESC (Chaufe Eau Solaire Collectif), plus de 84%. Elles sont utilisées à 88% pour produire de l’eau chaude sanitaire. 75% de ces opérations sont des installations nouvelles dont 85% sont encore en fonctionnement. Seulement 35% d’entre elles ont un contrat de maintenance dont le coût varie de 300 à 2500 euros. L’absence de suivi est donc quasi générale.
La satisfaction des maîtres d’ouvrage est nuancée, 60% d’entre eux se disent satisfaits voire très satisfaits. Ils n’ont quasiment pas de connaissance quand aux économies réalisées, ni même quand à la production effectuée. Cette constatation est cohérente avec l’absence de dispositif de suivi sur les installations. Pour 40% de ceux qui sont parvenus à évaluer la performance de leur installation, ils estiment que la production solaire est inférieure aux prévisions.
Le solaire présente de nombreuses difficultés tout au long de la réalisation d’un projet. Les professionnels n’ont donc aucun engouement à le proposer. D’autant plus que la demande est quasi inexistante, le coût élevé et les dossiers d’aide longs et difficiles à accompagner.
Le marché est plutôt morose voir en chute libre.
 
 
Un audit avec visite sur site de 16 installations (logement, hôtel, santé) 
Ces 16 audits sont répartis sur toute la région Corse et ont des destinations diverses comme les logements sociaux ou résidentiels, les hôtels, les foyers d’hébergement, les EHPAD, les hôpitaux des installations sanitaires de stade ou capitainerie. L’analyse de ces installations a été effectuée sur les études préalables de faisabilité, les études d’exécution, la réalisation des travaux et la maintenance des installations.
Le bilan technique permet de mettre en avant que 73% des installations ne disposent pas d’une étude de conception suffisamment élaborée. 88% de ces installations présentent des anomalies de fonctionnement dont 85% peuvent être considérées comme mineurs. 75% d’entre elles n’ont aucune production solaire de référence ou de système de mesure de l’énergie solaire produite. Il n’y a donc aucun moyen de quantifier le gain énergétique solaire.
De plus aucun suivi régulier des performances solaires n’est effectué. Et même si62% ont un contrat de maintenance, beaucoup d’entre elles présentent des anomalies liées à un défaut d’entretien.
Il est donc constaté de nombreuses défaillances à tous les niveaux sur le plan technique. Ces anomalies sont en général méconnues du maître d’ouvrage ou de l’utilisateur.
L’analyse financière est limitée compte tenu de l’absence de mesure des performances réelles et de l’absence d’information précise sur les coûts de maintenance, ces derniers variant de 600 à 2500 euros.
Le coût global au m2 de capteurs installés reste plus élevé en Corse qu’au niveau national, même si pour les 16 audits la surface moyenne des installations est de 23m2 sur l’île pour 40m2 sur le continent.
 
Une analyse croisée des deux pour aboutir aux préconisations de relance
Le constat des défauts techniques permet de rappeler les préconisations fondamentales pour les futures installations solaires.
Il est nécessaire d’avoir recours à un bureau d’études qualifié qui doit comprendre à minima la définition des besoins journaliers en eau chaude sanitaire, une note de calcul de dimensionnement solaire à l’aide d’un logiciel reconnu par l’ADEME, le schéma de principe de la production solaire avec son raccordement à la production d’appoint avec précision des moyens et de l’implantation du système de mesure de l’énergie solaire utile, les lieux d’implantations des matériels et un bilan économique complet.
Les travaux doivent être réalisés par une entreprise qualifiée sur la base d’un cahier des charges complet. Ces travaux doivent être réceptionnés avec une réserve de bon fonctionnement qui peut être levée après 3 à 6 mois.
Un suivi des performances doit être mis en place sur une période minimale significative (3 ans minimum) permettant à la fois de valider le bon fonctionnement de l’installation et de déclencher le cas échéant des interventions de maintenance.
 
Il faut redynamiser la filière solaire thermique
L’analyse de l’enquête et des audits permet de mettre en évidence un manque de compétences chez certains professionnels qui interviennent sur le secteur et une expérience insuffisante pour la majorité des installateurs qui sont intervenus sur les installations collectives. Les maîtres d’ouvrage rencontrent de réelles difficultés pour trouver et identifier des personnels qualifiés.
La mise en œuvre des dispositifs d’aide sans lesquels ces projets ne peuvent voir le jour semble difficile.
Le montant des installations en Corse reste plus élevé que sur le continent et a, de plus fortement augmenté ces 3 dernières années, probablement dû au fait d’installations opportunistes liées aux aides. Le taux moyen d’aide en Corse est de 54%. Le coût de la maintenance montre, on l’a vu, une très forte variabilité alors que la plupart des installations ne dispose pas de contrat de maintenance.
La majorité des installations ne dispose pas de suivi, il est donc impossible d’évaluer les performances réelles des installations.
Toutefois il est bon de noter que quelques opérations se distinguent lors de cette étude, notamment l’hôpital de Bastia qui compte 400 m2 de capteurs en fonctionnement depuis 1985 et les hôtels Saint Erasme à Calvi et Amiral à Ile Rousse qui sont des exemples de longévité (20 ans avant réhabilitation).
Le marché du solaire collectif apparaît comme atone voire en déclin. Il convient donc de mettre en place des préconisations d’action pour activer la relance.
 
Un plan de relance composé de 6 axes d’actions a été proposé pour redynamiser la filière du solaire :
-créer une animation de la filière
-faire émerger des projets dans le secteur médico-social, le secteur du tourisme et auprès des gros bailleurs régionaux
-créer des mécanismes de soutien public adapté
-améliorer la qualité et diminuer le coût des installations
-favoriser la compétence et la visibilité des acteurs professionnels qualifiés
-améliorer les performances des installations existantes
 



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