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Julien Morganti : « Je suis le seul à incarner le changement et à décliner un projet »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 19 Mai 2017 à 20:02 | Modifié le Vendredi 19 Mai 2017 - 20:38


A 31 ans, c’est le plus jeune candidat aux élections législatives de juin dans la 1ère circonscription de Haute-Corse. Julien Morganti, conseiller municipal de la ville de Bastia et vice-président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia), fut l’un des premiers à déclarer sa candidature et à la maintenir, même lorsque l’investiture d’En Marche, mouvement de la majorité présidentielle dont il est le référent dans le département, lui a été refusée. Son ticket jeune avec Audrey Nicoli, une jeune étudiante de 23 ans, novice en politique, entend incarner la volonté de renouvellement des hommes, des méthodes et des pratiques, portée par l’accession au plus haut sommet de l’Etat d’Emmanuel Macron. Désireux de redéfinir le rôle du député, il affirme, à Corse Net Infos, être le seul à avoir un programme qu’il décline en trois axes : les convictions nationales, la moralisation de la vie publique et une action locale ambitieuse.


Julien Morganti, conseiller municipal de la ville de Bastia et vice-président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia), et sa suppléante, Audrey Nicoli, une jeune étudiante de 23 ans, candidats aux élections législatives de juin dans la 1ère circonscription de Haute-Corse.
Julien Morganti, conseiller municipal de la ville de Bastia et vice-président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia), et sa suppléante, Audrey Nicoli, une jeune étudiante de 23 ans, candidats aux élections législatives de juin dans la 1ère circonscription de Haute-Corse.
- Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter aux législatives ?
- Je me suis positionné, dès janvier, parce que je soutiens la démarche d’Emmanuel Macron. Quand il a lancé un appel pour prolonger localement sa dynamique, j’ai demandé à l’ensemble des militants, qui soutenait sa démarche, de se positionner par rapport à ma candidature. Celle-ci a eu un écho favorable. Donc, j’ai posé ma candidature sur la 1ère circonscription de Haute-Corse.
 
- Quel est, pour vous, l’enjeu de ce scrutin ?
- Ce scrutin est le prolongement de l’élection nationale présidentielle dans laquelle je me suis fortement impliqué. J’ai soutenu le candidat. J’ai participé à l’élaboration du projet. Mais, un président sans majorité et sans députés ne peut rien faire. Les deux élections étant liées, j’ai souhaité prolonger localement la dynamique.
 
- Vous êtes le référent d’Emmanuel Macron sur le département et vous prétendez incarner les valeurs qu’il défend, pourtant il ne vous a pas investi. Etes-vous déçu ?
- Absolument pas ! Je ne raisonne pas en termes de déception, mais en termes d’action ! C’est pour cela que, depuis le mois de janvier, je suis candidat ! Je considère que l’investiture n’est pas un alibi ou une fin en soi ! Je n’ai pas caché ma volonté d’aller sur le terrain. Depuis le mois de janvier, je décline mon programme. Les investitures, c’est aux habitants de trancher !
 
- Certains jeunes Macronistes refusent les investitures corses d’En Marche, estimant qu’elles ne correspondent pas aux valeurs prônées par Emmanuel Macron. Etes-vous d’accord avec eux ?
- J’entends ce mouvement. Je leur dis que ça ne sert à rien de s’opposer les uns aux autres, c’est par l’action concrète, positive, qu’on arrive à faire les choses. D’ailleurs, beaucoup de militants d’Emmanuel Macron adhèrent à ma démarche. Après tout, ce qu’il se passe chez les autres, ne me regarde pas. Je trace !
 
- Votre suppléante, Audrey Nicoli, est jeune, à peine 23 ans, et totalement inconnue en politique. Pourquoi un tel choix ?
- Je me suis appliqué à moi-même la notion de renouvellement et de parité, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ! Ma suppléante est plus jeune que moi et n’a jamais fait de politique. C’est important qu’elle appartienne à la société civile. Elle a un ancrage, aussi bien dans le Nebbiu et la Conca d’Oru, qu’à la Marana et Borgo. Cette complémentarité est, également, importante par rapport à ma démarche. Je ne voulais pas un clone comme suppléant, mais quelqu’un de vraiment différent.
 
- Il y a pléthore de candidats à gauche dans la circonscription. Ne craignez-vous pas que cette division ruine les chances, pour la gauche, de gagner ce scrutin ?
- Comme je suis parti le premier, ce n’est pas moi qui porte la division ! Je ne me positionne pas par rapport aux uns et aux autres. Ma démarche a vocation à rassembler au-delà de mon ancrage politique traditionnel. Je suis de gauche, mais ma démarche intègre, aussi, des militants d’Emmanuel Macron. La démonstration de ma campagne fait que je rassemble, déjà, au-delà de ma famille politique.
 
- Il faut recueillir 12,5% des suffrages pour passer le cap du 1er tour. Pensez-vous y parvenir ?
- Oui ! Je suis déterminé et motivé ! J’ai le recul nécessaire pour faire la campagne. Je suis surpris d’être le seul à tourner dans les villages et à décliner un programme. A trois semaines de l’élection, je ne vois rien en face ! Je veux, aussi, renouveler la manière de faire de la politique. C’est très important en termes de positionnement. Quand on est au contact des gens avec un positionnement clair, c’est toujours payant !
 
- Si vous n’êtes pas présent au 2nd tour, mais si un autre candidat de gauche l’est, appellerez-vous à l’union des forces de gauche ?
- Je ne me situe pas dans une logique gauche-droite. J’ai vocation à rassembler. Tous ceux qui ne seront pas au 2nd tour doivent se rassembler sur un projet. Pour l’instant, je suis le seul à en avoir un. Il faudra, donc, se rassembler autour de celui qui porte le projet le plus crédible pour la Corse.
 
- Pourquoi ce programme l’avez-vous décliné de manière aussi complète ?
- J’ai voulu être aussi complet parce qu’on s’inscrit dans un nouveau cadre. Je pense qu’avec l’arrivée de la collectivité unique et la suppression du Conseil départemental, le député aura un nouveau rôle, il devra s’impliquer concrètement. J’ai, donc, développé trois grandes thématiques. D’abord, des convictions nationales affirmées qui sont la déclinaison du programme du candidat devenu président. Ensuite, la question de la moralisation de la vie politique est un marqueur très important dans ma conception de l’action publique. Enfin, une action locale ambitieuse, alimentée depuis des mois par le terrain et tournée vers l’emploi et la valorisation des spécificités de la Corse.
 
- Quelles sont les mesures nationales qui vous semblent les plus importantes à mettre en œuvre ?
- Ce qui m’a séduit dans la démarche d’Emmanuel Macron, c’est sa vision globale. Notamment, l’idée de relance économique par le pouvoir d’achat avec deux mesures spécifiques : l’exonération de la taxe d’habitation et la suppression du RSI (Régime social des Indépendants). Ce sont des mesures très concrètes qui redonnent du pouvoir d’achat. Et, c’est par la relance de la consommation qu’on générera de l’emploi.
 
- Sur la moralisation de la vie publique, vous allez plus loin que ce que propose le nouveau président. De quelle manière ?
- Je vais plus loin, par exemple, sur la notion de publication des revenus. Je dis comment je finance ma campagne et j’espère que l’ensemble de mes concurrents le diront aussi. Sur la question du casier judiciaire, je dis qu’il faut être exemplaire. Du moment qu’il y a suspicion de délits, il doit y avoir interdiction d’être candidat à une élection. Je suis favorable à la reconnaissance du vote blanc et à l’instauration du vote obligatoire. En tant que député, je porterai ces mesures parce qu’il faut redonner confiance à l’acte de vote.
 
- Ces mesures vous semblent-elles plus nécessaire en Corse qu’ailleurs ?
- Elles sont nécessaires partout, mais, ici, encore plus ! C’est important de le rappeler et surtout, au delà des discours, de le faire. Cela fait dix ans que je suis élu, que je suis en responsabilité, et que je m’applique ces critères à moi-même, tous les jours.
 
- Vous voulez changer les méthodes et les usages. C’est ce qu’ont dit les Nationalistes, il y a deux ans. Comment vous positionnez-vous par rapport à ce changement de gouvernance ?
- Il y a eu un renouvellement, mais ce que je retiens surtout, c’est qu’une nouvelle génération est arrivée aux responsabilités. La respiration démocratique, c’est toujours bien ! Il faut prolonger ce qu’il s’est passé aux territoriales et ce qu’il vient de se passer au niveau national. Dans cette élection, je suis le benjamin, j’incarne le changement de méthode et de visage. C’est bien beau de le dire, mais il faut l’incarner ! Je suis le seul candidat qui, quand tous les opposants commençaient leur carrière politique, n’était pas né !
 
- Vous affichez une grande ambition dans votre action locale. Pensez-vous avoir l’espace, en tant que député, pour la mettre en œuvre ?
- L’espace sera issu du changement administratif qui arrive. Je me projette sur les cinq prochaines années. On ne connaît pas encore ce qu’il va se passer. La suppression du Conseil départemental et la structuration du territoire de la 1ère circonscription dans quatre grandes intercommunalités font que, le lendemain de mon élection, je réunirai les quatre intercommunalités, en lien avec les deux présidents de la région, pour créer un nouveau projet de territoire. C’est comme ça qu’on va travailler et qu’on réussira, enfin, à trouver des passerelles entre les uns et les autres.
 
- Quels sont les projets concrets que vous entendez développer sur ce territoire ?
- Sur ce territoire, à travers l’emploi, je propose des mesures très concrètes. Notamment, axer notre développement économique sur le nautisme et l’agriculture, spécialement la viticulture. Cela permet, à la fois, de valoriser notre patrimoine et notre paysage, mais aussi de créer des emplois non délocalisables. Cela instaure un lien entre mer et montagne, urbain et rural. Le député est celui, non pas qui fait, mais qui organise la concertation et crée des passerelles entre les décideurs. Concrètement, en très peu de temps, ces propositions peuvent avoir des effets positifs sur le territoire.
 
- Si vous êtes élu, quelle sera votre priorité en tant que député de la Corse ?
- Ce sera de travailler, avec l’ensemble des décideurs, à la collectivité unique.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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