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Jean Zuccarelli : « Nous voulons mettre un terme à la dérive séparatiste et à la spirale du repli »


Rédigé par le Lundi 19 Octobre 2015 à 18:23 | Modifié le Mardi 16 Février 2016 - 14:31


Les 51 noms de la liste que mènera Jean Zuccarelli, pour les élections territoriales du 6 et 13 décembre prochains, ont donc été présentés dimanche matin à Ajaccio. Aux côtés d’Aline Castellani et de François Casasoprana, le conseiller exécutif entend défendre haut et fort les valeurs républicaines et servir l’intérêt de la Corse. Retour en interview, sur la raison d’être de la liste « La Garantie Républicaine »


Jean Zuccarelli : « Nous voulons mettre un terme à la dérive séparatiste et à la spirale du repli »
- Qu’est ce qui différencie votre démarche de celles des cinq autres listes de gauche en course pour ces élections ?
- Ce qui différencie notre démarche c’est que nous sommes la seule liste à défendre clairement les valeurs républicaines. Nous sommes la liste de la garantie républicaine, cela veut dire que nous voulons mettre un terme à la dérive séparatiste et à la spirale du repli. En même temps, nous voulons agir concrètement pour répondre aux préoccupations de nos concitoyens, que ce soit en termes d’emploi, de logement, de lutte contre la précarité, d’environnement ou de transports. La liste que nous avons présentée a l’ambition de porter un projet réaliste qui met les préoccupations des Corses au cœur du débat.
 
- Comment définiriez vous les gens qui la compose ?
- Cette liste est composée d’élus qui ont fait leurs preuves, qui sont en capacité d’assumer de lourdes responsabilités, et d’hommes et de femmes qui ont tous en partage ces convictions, des hommes et des femmes de talent, et qui sont fortement investis et actifs dans leurs domaines respectifs, et dans ce qui seront nos priorités pour la Corse.
 
- Quels sont vos thèmes de campagne ?
- Très clairement, nous centrons notre projet sur le développement économique. Un développement économique qui va permettre de gagner la bataille de l’emploi, d’offrir un avenir à notre jeunesse. Ce développement économique va aussi permettre de lutter contre les inégalités, contre la précarité, et contre toutes les fractures que nous pouvons connaître quelles soient sociales ou territoriales. C’est pour cela que nous apporterons une attention particulière au développement du rural, et cela va de paire une attention particulière sur les questions environnementales et les problèmes de déchets. Mais très clairement, notre projet met au centre ce développement économique sans lequel rien ne sera possible. Ce qui suppose une Corse ouverte, une Corse qui entreprend, une Corse qui gagne, qui n’a pas peur de se confronter aux autres, qui est fière de ses racines, et qui peut partir à la conquête, notamment pour nos entreprises, de marchés extérieurs.

- Vous fustigez une « dérive séparatiste », que vous attribuez, plus loin qu’aux seuls nationalistes, aux élus de la gauche comme de la droite. Qu’est ce que vous reprochez exactement ?
- Nous leur reprochons, durant toute la mandature, d’avoir voté à la quasi unanimité, à l’exception du groupe de la Gauche Républicaine, sur des délibérations telles que celle qui reprenait le statut de résident, la coofficialité et la demande d’amnistie. Cela veut dire qu’il y a à un moment donné une perte de repères totale pour les électeurs qui ne les avaient pas élus, pour la plupart d’entre eux, pour voter ce type de projets. Très clairement, sans le dire, on alimente une dérive séparatiste. Parce que quand on imagine un statut de résident, qu’on pourrait présenter comme une mesure technique et qui n’est pas la bonne réponse en l’occurrence, on se met clairement en marge et on franchit une ligne rouge, car on va sur un terrain qui conduit à une citoyenneté à plusieurs vitesses. Nous, nous voulons une protection et une garantie républicaines, c’est à dire la solidarité entre les hommes et entre les territoires dont la Corse a besoin, et l’égalité des citoyens devant la loi. Quand on commence à toucher à certains principes comme celui-ci pour des résultats plus que hasardeux, car on est à peu près certain que ça ne servira à rien, on ne résout rien et au contraire on nous met sur une très mauvaise pente. L’honnêteté c’est de dire aux électeurs ce que nous ferons. Nous tenons donc un message de clarté, et nous sommes certains qu’ils seront nombreux à comprendre que la situation est grave, à se mobiliser pour qu’enfin nous tenions le discours de la responsabilité. Nous voulons poursuivre l’action pour répondre à leurs vrais problèmes et pas pour alimenter des spéculations institutionnelles.
 
- Quel score espérez vous atteindre au 1er tour ?
- Le plus haut score possible. Ce que nous voulons, au delà du score, c’est gagner la bataille des idées. Et avec notre liste, avec nos propositions concrètes qui démontrent qu’il y a une autre voie pour la Corse, nous sommes convaincus que nous ferons gagner nos idées.
 
- Si vous atteignez la barre des 5% lors de ce 1er tour, vers quelles alliances vous tournerez vous ? Envisagez vous de rallier la liste de Paul Giacobbi ?
- Il est bien trop tôt pour en parler. Nous, nous avons une position claire, et nous aimerions que toutes les listes soient aussi claires sur l’éventuel contrat de mandature qui pourrait être proposé, parce que le contrat de mandature de 2010 n’a pas été respecté au niveau des initiatives institutionnelles. Nous, nous sommes là au 1er tour pour défendre nos idées qui sont vraiment très claires, et nous souhaitons quelque part être au centre de ce débat. Bien entendu, la démocratie c’est parfois, et pas systématiquement, de se rassembler au 2nd tour, quand il y a possibilité d’avoir des majorités cohérentes, qui ont des engagements clairs vis à vis des électeurs. Nous verrons le moment venu si ces conditions sont réunies, mais quoi qu’il en soit, si rassemblement il devait y avoir, il ne pourra se faire dans le respect de nos principes fondamentaux.
 
- Et si justement vous n’atteignez pas cette fameuse barre des 5%, allez vous appeler à voter une liste en particulier ?
- Je crois très honnêtement, compte tenu des enjeux graves pour la Corse et des choix de direction, qu’il va falloir à un moment donné fixer un cap. Et nous, nous voulons un développement dans la République qui protège ses citoyens, qui protège les Corses, qui nous mette à l’abri de toutes les pressions qui peuvent s’exercer, quand est livré à soit même dans une petite île de 300 000 habitants. Ces choix là sont fondamentaux, et je ne peux pas imaginer que cette sensibilité et la liste que je conduirai ne recueillera pas un grand nombre de suffrages, qui la mettra donc à l’abri des considérations que vous venez d’évoquer.
 
- Face à l’émiettement de la gauche, qui est donc représentée par cinq listes pour ces élections territoriales, est ce que finalement vous ne craignez pas de faire le jeu des autres forces politiques ?
- J’ai le sentiment que globalement il y a des divisions dans tous les camps. Ce n’est pas le grand amour entre les listes de droite, il n’y a pas encore de stratégie très claire du côté des nationalistes. A gauche, il y a effectivement un émiettement, mais la gauche avait gagné avec quatre listes en 2010. Il faut avant tout se souvenir que c’est l’avenir de la Corse qui est en jeu par delà ces listes. Parfois, cet émiettement est venu de difficultés personnelles, mais il n’en a pas été de même pour la raison d’être de notre liste.  Je n’ai pas de difficultés personnelles avec qui que ce soit. En revanche, j’ai conscience que nous sommes les seuls aujourd’hui à dire certaines choses, nous sommes les seuls à avoir le courage de prendre des positions sur des sujets difficiles, et à voter quelques fois à l’Assemblée de Corse, seuls contre tous les autres groupes, pour dire des choses qui paraissent être des évidences. Je suis convaincu que quand 95% des élus de l’Assemblée de Corse votent la coofficialité, le statut de résident et l’amnistie, ils ne sont pas représentatifs à ce moment là de la majorité des citoyens de Corse. C’est la raison pour laquelle notre liste est là. Elle a ses fondements, ses valeurs, elle ne se positionne pas par rapport aux autres et c’est pourquoi elle souffrira peu de l’émiettement.
 
- Parmi vos colistiers, on note la présence de nombreux Ajacciens et Bastiais, et finalement d’assez peu de représentants d’autres régions de la Corse.
- C’est toujours un exercice difficile pour équilibrer territorialement, et il y a c’est vrai, peut être un peu par la force des choses, un tropisme autour des deux grandes agglomérations. Mais ce n’est pas si éloigné de la représentation de la région, même en terme démographique. Effectivement des régions peuvent paraître peu représentées, mais les candidats ont souvent plusieurs attaches au delà d’Ajaccio et Bastia, et on ne mentionne pas forcément toutes ces attaches. Nous sommes vraiment présents sur toute l’île, et au delà de ça je crois que nous avons une grande cohérence de convictions et de valeurs dans cette liste, des candidats de talent, tous animés par ce seul désir de servir l’intérêt de la Corse. 

Manon PERELLI


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