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Jean-Marc Venturi : « Si ma liste gagne la Chambre de Haute-Corse, elle gagnera la Chambre régionale »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 27 Janvier 2013 à 23:16 | Modifié le Lundi 28 Janvier 2013 - 00:56


La campagne pour les élections des chambres d'agriculture insulaires se termine le 31 janvier au soir avec la clôture des votes par correspondance. Le 6 février aura lieu le dépouillement et environ 15 jours après seront désignés les présidents des chambres départementales et régionale. Au Nord, le président sortant, Jean-Marc Venturi, propose une liste Agricultura Unita, FDSEA-CDJA, en duo avec Joseph Colombani, responsable départemental de la FDSEA. Il dresse, pour Corse Net Infos, le bilan de sa mandature et répond, point par point, aux virulentes critiques de ses adversaires regroupés dans la liste Produce per Campa, mené par Paul-André Fluixa.


Jean-Marc Venturi : « Si ma liste gagne la Chambre de Haute-Corse, elle gagnera la Chambre régionale »
- Comment s’est passée cette campagne ?
- J’ai été un peu partout. J’ai rencontré nombre d’exploitants dans toutes les filières.  Il me semble que mon équipe les représente bien, à la fois, d’un point de vue géographique et agricole. Elle comporte des jeunes dynamiques et un tiers de femmes. Nous avons fait une union qui, j’espère, va porter ses fruits et qui couvre un spectre humain le plus large possible. Je suis non seulement confiant pour le résultat des élections, mais également pour ce qui va suivre.
 
- Pourquoi une alliance avec Joseph Colombani qui a été, lors des précédentes campagnes, un adversaire virulent ?
- Les dernières élections, qui nous ont opposés, remontent à 6 ans. Entre temps, chacun s’est bien rendu compte que les enjeux étaient tellement importants et les difficultés tellement grandes. Dans un monde agricole en nombre limité, la dispersion des forces n’est pas de mise. On a commencé à travailler ensemble sur des grands dossiers pour les faire avancer et dans tous les organismes. Il nous a paru naturel, au moment des élections, de continuer ce travail dans la clarté et le partage afin de permettre que de nouvelles personnes arrivent aux affaires. Pour l’instant, tout se passe bien. On verra la suite.
 
- La liste adverse vous accuse d’avoir failli à vos missions et de les avoir déléguées. Que leur répondez-vous ?
- Ce sont des propos de campagne trop outranciers et qui n’ont pas de sens. Ce n’est pas crédible de dire cela à des gens comme nous alors que tout le monde nous a vus sur le terrain, traiter les grands dossiers et impliqués dans les combats. Pendant ce temps, en face, ils étaient on ne sait où, ils sont juste ressortis 3 mois avant l’élection pour venir nous donner des conseils et faire des critiques ! Nous accuser de « déléguer nos missions à l’ODARC », ça ne veut rien dire ! C’est aussi abstrait que, quand ils le disent « vouloir mettre l’homme au centre de nos projets », pourquoi, nous, qui mettons-nous au centre de nos projets, si ce n’est pas l’agriculteur !
 
- Si vous faites le bilan de votre mandature, quels points forts retenez-vous ?
- Ces 6 années ont été très riches. D’abord, même si ça semble banal, nous avons eu une gestion très rigoureuse de la Chambre d’agriculture de Haute-Corse, sans conflit, avec des budgets en équilibre, du personnel bien géré qui a été à son poste et à aider les agriculteurs partout où il a pu. Cela ne va pas de soi puisque nos collèges de la Corse du Sud, qui sont du même bord que Mr Fluixa, n’ont pas les mêmes résultats, il suffit de voir l’état de leurs finances !
 
- Au niveau de votre action sur les grands dossiers agricoles ?
- Le fait que nous ayons eu à nos côtés la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) nous a permis d’arracher des choses dans un certain nombre de domaines. Je prendrais deux exemples concrets. Le premier a été le règlement, provisoirement certes, du problème pendant de la réglementation concernant l’élevage en parcours. Tout le monde reconnaît que c’est la Chambre d’agriculture qui a arraché l’arrêté préfectoral en vigueur aujourd’hui qui reprend, quasiment mot pour mot, les propositions que nous avons faites et qui ont permis de stabiliser et de sécuriser toutes les surfaces. Pendant 3 ans, 4 mois par an, la Chambre d’agriculture a fait l’effort d’embaucher près de 20 personnes pour refaire toutes les déclarations de surface et permettre le paiement des aides, qui a été plus important qu’auparavant.
 
- Quel est le 2ème exemple ?
- Après la vague d’arrachage que nous avons connue il y a 3 ans, nous avons pu obtenir des droits de replantation à hauteur de 240 hectares, c’est-à-dire 10 fois plus que la moyenne nationale. Ceci, grâce à l’action conjuguée de la Chambre d’agriculture et des élus du monde viticole. Enfin, je parlerai du dossier de la dette agricole qui était au centre de la dernière campagne électorale. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais ce n’est pas l’équipe de Fluixa qui l’a réglé puisqu’elle était hostile à tout règlement. Elle voulait un effacement de la dette, impossible à obtenir. Nous avons été les seuls, avec la FDSEA, à prendre nos responsabilités et, grâce à une action courageuse, permis de faire baisser la dette de 60%. Les agriculteurs, qui ont signé, savent qu’ils peuvent transmettre leur patrimoine sans que celui-ci soit grevé par tout ce qu’ils doivent à des banques ou à des organismes.
 
- Si vous êtes réélu, quels seront les grands chantiers de votre nouvelle mandature ?
- Il y a deux grands chantiers à terminer, c’est le sens de mon implication personnelle. Le premier est celui de la PAC (Politique agricole commune) et de faire reconnaître les droits de la Corse et ses spécificités de manière définitive. Dès le lendemain de l’élection, il faut que des gens d’expérience s’attaquent à ce dossier. Nous allons le faire. Un gros travail a déjà été effectué. Nous allons le présenter, à la fois, à notre ministre de tutelle et à Bruxelles. Le 2ème chantier porte sur tout ce qui va régir les droits et primes de l’Assemblée de Corse de 2014 à 2020. C’est aussi un travail en cours de construction avec l’ODARC.
 
- La Chambre d’agriculture est membre du Collectif de la société civile pour la défense des Arrêtés Miot. Quel est l’enjeu agricole ?
- Le foncier est au cœur de tous les débats sur l’agriculture. Nous sommes très inquiets devant la non-poursuite de l’exonération fiscale des droits de succession en Corse. Nous pensons qu’en l’état actuel des choses, si on laisse la loi telle qu’elle a été retoquée par le Conseil Constitutionnel, la situation, pour les agriculteurs, sera encore plus compliquée alors que celle d’aujourd’hui l’est déjà beaucoup. Il m’a paru naturel d’être de ce combat.
 
- Vous avez eu 65 ans en octobre 2012. Vos adversaires disent que, selon le code rural, vous n’avez plus l’âge de vous présenter à la présidence. Vous le déniez… ?
- Je n’ai pas voulu, pendant toute la campagne, entamer une discussion juridique là-dessus. J’ai des écrits d’avocats de la Cour de Cassation qui me permettent de dire que je peux me présenter. Les contrôles de légalité le diront. Au-delà de cette polémique, il est effectif que j’ai 65 ans et 3 mois. Pensez-vous que ça fait de moi un homme moins compétent et moins dynamique que si j’avais 65 ans moins 1 jour ! Lorsqu’on veut gagner des matchs de football, on les gagne sur le terrain, on ne les gagne pas sur tapis vert ! Personne ne peut m’interdire de conduire une liste. Si les électeurs me font confiance, je serais candidat à ma propre succession. Après on verra. Mais, Mr Fluixa dit que je n’ai aucune chance de gagner, donc, s’il a raison, cette problématique ne devrait pas se poser !
 
- Et vous, pensez-vous remporter l’élection départementale ?
- On va dans une élection pour gagner ! J’espère que l’ensemble du monde agricole, les agriculteurs, les anciens et les salariés, va nous faire confiance. D’abord, parce que nous avons un travail derrière nous de gestion des grands dossiers sur lesquels nous avons obtenu beaucoup de choses. Ensuite, parce que il y a, avec nous, une force nouvelle qui va amener sa combattivité, sa créativité et ses idées. Cette nouvelle équipe va donner un coup fouet à ce nouveau mandat.
 
- Pensez-vous gagner la présidence régionale que vous n’avez pas obtenue la dernière fois et qui est aux mains de vos adversaires et du président de la Chambre du Sud ?
- Nous allons gagner l’élection départementale de Haute Corse bien plus largement que Mr Musso ne va remporter la sienne ! Quelque soit le cas de figure en face, si ma liste gagne la Chambre de Haute-Corse, elle gagnera la présidence de la Chambre régionale.
 
- Pensez-vous que le risque de fraude existe encore ?
- Il a existé aux dernières élections parce que le vote se faisant par correspondance pendant une période de 15 jours, les bulletins ont été stockés dans les bureaux de poste et ont pu faire l’objet de manipulations. Aujourd’hui, le stockage se fait directement à la Préfecture. Je ne vois pas pourquoi il y aurait plus de fraude que dans les autres élections consulaires qui se passent toutes de la même manière. 
 
Propos recueillis par Nicole MARI




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