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Jean-Louis Luciani : « Il faut tout reconstruire à Afa »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 23 Février 2014 à 17:32 | Modifié le Dimanche 23 Février 2014 - 17:52


Conseiller général du 7ème canton d'Ajaccio, conseiller exécutif, président de l’ODARC (Office de développement agricole et rural de Corse), Jean-Louis Luciani brigue, pour la 1ère fois, un mandat municipal dans la commune d’Afa dont son père fut maire pendant 23 ans. Face au maire sortant de la même sensibilité politique (divers gauche), il oppose une liste d’ouverture et une dynamique de projets concrets. Il explique, à Corse Net Infos, les raisons de sa candidature et tire à boulets rouges sur la non-gestion de l’équipe sortante qu’il taxe d’immobilisme et qu’il juge incapable de faire face au défi que représente l’explosion démographique d’Afa.


Jean-Louis Luciani, Conseiller général du 7ème canton d'Ajaccio, conseiller exécutif, président de l’ODARC, candidat à l'élection municipale d'Afa.
Jean-Louis Luciani, Conseiller général du 7ème canton d'Ajaccio, conseiller exécutif, président de l’ODARC, candidat à l'élection municipale d'Afa.
- Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l’élection municipale d’Afa contre le maire sortant de même sensibilité politique ?
- J’ai toujours eu une très forte envie de m’investir pour la commune d’Afa à laquelle je suis très attaché. Je n’ai pas pu, dès 2001, comme je l’avais souhaité, intégré le Conseil municipal. En 2001 et en 2008, j’ai respecté l’envie de Pascal Miniconi de poursuivre son action, après l’intérim de 8 mois qu’il avait assumé suite au décès de mon père. En 2008, il a clairement dit que 2014 serait le temps du renouvellement. C’est, donc tout naturellement, que je me présente devant les électeurs dans le cadre de cette élection municipale.
 
- Pascal Miniconi n’aurait-il pas respecté sa promesse ?
- Peu importe ! Au-delà de ma motivation très forte, j’ai fait le constat d’une commune de plus en plus désorganisée, déstructurée dans son vivre-ensemble, dans sa cohésion sociale. Depuis 10 ans, malgré l’arrivée de 1 200 habitants, soit un accroissement d’un tiers, la commune n’investit plus. Elle ne propose plus de services à une population de plus en plus jeune qui a des besoins en matière d’infrastructures, d’équipement collectif, de services, de crèches, de centre de loisirs ou d’animation. La problématique de l’école, qui est saturée et à bout de souffle, n’est pas traitée. Afa est une commune qui s’endort et se repose sur ses lauriers, cette avance qu’elle avait dans les années 2000 et qu’elle a, aujourd’hui, très largement consommée. Elle n’est plus que la banlieue dortoir d’Ajaccio. C’est, quand même, assez dommageable.
 
- Comment expliquez-vous cette stagnation ?
- Un certain nombre d’élus, y compris ceux de la commune d’Afa, se sont trop projetés dans l’identité CAPA. Ils ont oublié que la première de leurs responsabilités était de faire vivre leur commune, de l’animer, de développer des activités et de faire en sorte que les gens s’y sentent bien. Vue d’Ajaccio où l’on concentre les services, l’animation, la vie culturelle, Afa peut très bien être une banlieue dortoir. A Afa, aujourd’hui, il n’y a plus rien ! Il n’y a même plus un comité des fêtes ! Il n’y a plus de centre communal d’action sociale ! Il n’y a plus de lien social, plus de solidarité ! Au fur et à mesure que la commune grandissait d’un point de vue démographique, le commerce disparaissait, l’action communale s’affaissait considérablement ! C’est assez paradoxal !
 
- L’appartenance d’Afa à la communauté d’agglomération du pays ajaccien (CAPA) a-t-elle eu des effets pervers ?
- Oui. Le principe fondateur d’une communauté de communes, qui se rassemblent pour mutualiser leurs moyens et leurs actions, est la solidarité qui doit s’exercer prioritairement au profit des petits. Ce principe a été bafoué. Je ne vois pas en quoi la commune d’Afa a profité de la CAPA alors qu’elle a été la cheville ouvrière de sa création. Un exemple en matière d’assainissement : le réseau d’Ajaccio a été rénové, une station d’épuration a été construite à Campo dell’Oro, la moitié d’Ajaccio y est branchée, celle des Sanguinaires est en cours de rénovation… Ajaccio aura réglé son problème d’assainissement et modernisé ses structures d’ici à fin 2014. C’est très bien sauf qu’il n’y a pas eu un seul tuyau posé dans le rural et dans la commune d’Afa ! Il faut absolument rééquilibrer les choses.
 
- Comment comptez-vous rétablir l’équilibre avec Ajaccio ?
- Les élus d’Afa doivent être plus volontaristes et plus ambitieux pour défendre la commune qu’ils administrent. On n’a pas toujours raison parce qu’on est d’accord avec le maire d’Ajaccio !
 
- Que proposez-vous ?
- Je veux m’investir pour redynamiser Afa, la remettre en mouvement, rattraper son retard en matière de politique publique, recréer son identité et son âme perdues. Il faut réintroduire une vie culturelle, du lien social, des animations, des spectacles, des commerces et redynamiser l’action de la commune qui doit être la locomotive en la matière. Il faut doter Afa de structures et d’infrastructures, mobiliser le tissu associatif et les énergies pour reconstruire le vivre-ensemble. En fait, il faut tout reconstruire ! Ce travail prendra une mandature. C’est pour cela que je propose une équipe renouvelée, rajeunie qui a beaucoup d’énergie, d’envie et d’enthousiasme.
 
- Concrètement, quels sont vos projets ?
- Il y a des urgences, notamment l’école qui, située dans un endroit enclavé et saturé, ne peut plus accueillir d’ouverture de classe supplémentaire. La municipalité n’a, paradoxalement, pas anticipé le très fort accroissement démographique. Il faut, très vite, dans les deux premières années de la mandature, construire une école pour scinder école maternelle et école primaire. Et, tout aussi rapidement, doter la commune d’une crèche et d’un centre de loisirs, indispensables à beaucoup de jeunes couples qui travaillent, ont des enfants et sont en désarroi parce qu’ils ne savent pas comment faire. Tout cela permettra de créer des activités et des emplois dans la commue.
 
- Quelles sont les autres urgences ?
- Il faut reprendre le développement du réseau d’assainissement qui, depuis 15 ans, ne progresse plus. Avant de parler de développement durable comme le fait l’équipe sortante, le minimum est de commencer à assainir des quartiers en grande difficulté ! L’intensification et la densification urbanistiques ont beaucoup compliqué la situation. Cette problématique assainissement est au point mort à Afa. Il faudra rapidement peser au niveau de la CAPA et obtenir les investissements nécessaires pour développer le réseau communal et le raccorder à Campo dell’Oro. Il faut, ensuite, remettre à niveau une voirie datant des années 80 pour sécuriser, à la fois, le piéton et l’automobiliste. Il faut réfléchir à une nouvelle dynamique des équipements sportifs et à la mise en œuvre de politiques publiques.
 
- Lesquelles ?
- Nous sommes dans une situation de vide sidéral. Aucune politique n’est mise en œuvre en direction de la jeunesse, aucun dialogue, ni aucune structure pour l’accueillir ou pour développer des activités, aucune animation ! Les jeunes sont en déshérence. Aucune politique en direction des ainés. Chacun est laissé dans son isolement. Il n’y a même pas un endroit où les personnes âgées peuvent se rassembler, développer des activités et où les associations peuvent intervenir. Il n’y a même pas un repas à Noël ! Tout est à construire !
 
- L’équipe sortante vous accuse de projets farfelus. Comment réagissez-vous ?
- Elle a une vision étriquée et ne mesure pas le potentiel de la commune qu’elle administre ! Son approche des sujets est attentiste et minimaliste. A les écouter, tout est compliqué, rien ne peut se faire ! Alors qu’Afa a les moyens financiers de l’ambition que je propose ! C’est terrible de constater que rien ne se fait parce qu’il n’y a pas de projet, pas d’ambition et pas de vision ! Afa ne peut pas continuer encore 6 ans comme cela ! Je ferai, si je suis élu, la démonstration qu’en prenant les projets à bras-le-corps, en montant des dossiers et en sollicitant les partenaires publics, nous ferons très vite progresser cette commune qui a des recettes importantes dues à l’augmentation de la population et à la zone industrielle de Baleone, en partie située sur la commune. Tout ce que je propose, nous le ferons sans augmenter la fiscalité des ménages.
 
- L’équipe sortant critique, également, votre statut d’héritier. Que lui répondez-vous ?
- Je suis arrivé dans la vie publique en 2000 en me présentant à l’élection cantonale. Je n’ai pas fait le choix de la facilité, je n’ai pas voulu reprendre le poste de maire, laissé vacant par mon père qui, en 23 ans de mandat, a tout construit dans cette commune où il n’y avait rien. Je suis très déçu de voir que ceux, qui ont grandi politiquement à ses côtés, n’ont rien appris. J’ai été au devant des électeurs dans le cadre d’une élection très difficile dans, à l’époque, le plus grand canton de Corse-du-Sud, face à des concurrents très puissants. Je voulais obtenir une crédibilité, une légitimité, or, la légitimité se trouve toujours dans les urnes ! Les électeurs me l’ont donnée ! J’ai été réélu à plusieurs reprises. On ne va, quand même pas, 14 ans après, venir dire que je quémande un quelconque héritage !
 
- Vos adversaires objectent que vos mandats territoriaux vous empêcheront de bien administrer Afa. Comment allez-vous gérer toutes ces fonctions ?
- Ils devraient plutôt dire, comme une grande partie de la population, que, grâce à ces mandats, j’ai emmagasiné de l’expérience que je pourrai, demain, consacrer à l’aménagement et au développement d’Afa. Fort de cette expérience tant au Conseil général, à la CTC et au Conseil exécutif, je pourrai, avec l’équipe qui sera à mes côtés, être très performant et très pertinent dans l’action publique. Naturellement, je devrai faire des choix. Je me consacrerai, au quotidien, à la commune d’Afa.
 
- Que ferez-vous pour les autres mandats ?
- Je n’ai pas l’intention d’empiler des mandats. D’ailleurs, la loi ne le permet plus. Je vais même plus loin : il faut une limite d’âge au-delà de laquelle on ne peut plus se représenter et limiter le nombre de mandats dans le temps comme pour le président de la République. La démocratie s’en trouvera beaucoup mieux, Beaucoup de gens, aujourd’hui, sont exclus de la vie publique, parce c’est très difficile d’y entrer. Regardez les combats féroces et la manière dont les élus se battent, des demi-siècles durant, pour rester en situation, les systèmes qu’ils sont capables de monter et de structurer, les verrous qu’ils mettent en place un peu partout pour que plus personne ne puisse s’approcher ! La France est très en retard sur la manière de faire vivre la démocratie.
 
- Pensez-vous gagner l’élection ?
- Oui. Nous allons gagner parce que le constat, que nous faisons, est très largement partagé par la population d’Afa. Ceux, qui sont là depuis longtemps, font la comparaison avec les années 80-90 où la commune se développait de manière maîtrisée, organisée, structurée, où le vivre-ensemble était le fil conducteur de l’action publique, où la cohésion et la solidarité étaient présentes. Ils voient la manière dont les choses se sont déstructurées depuis le début des années 2000. Ceux, qui sont là depuis peu, sont très déçus de trouver à Afa, une commune sans identité, sans âme, sans liens sociaux, sans commerce, sans vie culturelle… Ils agréent, aussi, ce qu’il conviendrait de faire pour redynamiser la commune. Je suis, donc, très confiant. Mon équipe est jeune, avec une moyenne d’âge de 40 ans, et a beaucoup d’enthousiasme, d’idées et d’énergie qui nous porteront vers la victoire.
 Propos recueillis par Nicole MARI



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