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Inquiétudes sur l’avenir de la CORSSAD et du secteur de l’aide à domicile


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 1 Juin 2017 à 20:38 | Modifié le Vendredi 2 Juin 2017 - 00:28


Prise sous des feux judiciaires et financiers, l’association d’aide à domicile, la CORSSAD, mise en redressement judiciaire, traverse une passe difficile qui pourrait lui être fatale. Son avenir a été évoqué à la session de l’Assemblée de Corse à travers une question orale posée par Christophe Canioni, qui siège sur les bancs des Non Inscrits. Ne pouvant interférer dans une procédure judiciaire en cours, le président de l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), Gilles Simeoni, réaffirme, néanmoins, la nécessité d’engager une réforme du travail social, notamment au travers de la valorisation des emplois du secteur de l’aide à domicile.


Inquiétudes sur l’avenir de la CORSSAD et du secteur de l’aide à domicile
Après un procès très médiatisé et la condamnation de ces dirigeants pour « malversations financières », la CORSSAD a été, le 16 février dernier, mise en redressement judiciaire avec un lourd passif. « Cette association d’aide à domicile, qui dispose de 10 antennes en Haute-Corse et de 2 en Corse du Sud, emploie 400 salariés, très inquiets pour l'avenir de la structure et de leurs emplois », explique Christophe Canioni. « Sept repreneurs, dont des sociétés commerciales, se sont portés candidats auprès du Tribunal de Grande instance de Bastia, juridiction compétente pour décider de l'avenir de l'association ». Les repreneurs devront remplir certains critères, notamment sociaux, et apporter des garanties sur les conditions de travail du personnel et le maintien d’un certain niveau de prestations. Dans l’attente de la décision du tribunal prévue mi-juin, l’élu non-inscrit interpelle le président de l’Exécutif : « Afin de préserver l'emploi local et cette belle structure créée il y a 40 ans, de quels moyens dispose la CTC pour éviter que la CORSSAD ne tombe entre les mains de sociétés, dont les objectifs de rentabilité n'échappent à personne, avec le risque d'une casse sociale annoncée ? ».
 
Une problématique cruciale
La loi de 2005 ayant largement ouvert le secteur aux entreprises privées, celles-ci ont pris un poids grandissant dans le domaine de l’aide à domicile. De ce fait, les associations, qui ont avant tout une vocation sociale, sont soumises à une double contrainte : d’une part, une dépendance vis-à-vis des financements publics, notamment des départements, et, d’autre part, la concurrence de grosses structures à tendance monopolistique. A travers le cas de la CORSSAD, Gilles Simeoni saisit l’occasion d’évoquer le problème de l’avenir du secteur de l’aide à domicile. Un secteur, qu’il qualifie de « fondamental pour la Corse et pour la future Collectivité de Corse ». Ceci, pour plusieurs raisons. D’un point de vue économique, il représente 20%, de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Corse. Les structures de l’ESS sont quasiment les employeurs exclusifs des métiers d’aides à domicile, aides ménagères et travailleurs familiaux. D’un point de vue du vieillissement de la population : 10 % de la population est âgée de 75 ans, ce taux monte à plus de 20 % dans certains territoires ruraux ou de montagne.
 
Une réforme du travail social
« La problématique de l’autonomie des personnes âgées et handicapées et du maintien à domicile est particulièrement cruciale dans notre île », commente le président de l’Exécutif.
Pour lui, la solution ne peut se dessiner qu’à travers une réforme du travail social, actée, le 30 mars dernier, dans le cadre du plan de lutte contre la précarité et la pauvreté. « Cela passe par la formation, - c’est en cours -, mais aussi par la négociation de contreparties sociales renforcées avec les entreprises attributaires d’aides publiques. Nous travaillons, également, sur la question des cahiers des charges, en incluant, comme pistes de travail, la stabilité de l’emploi, le caractère local des recrutements, la professionnalisation des aidants, les garanties salariales, l’obtention d’un agrément d’entreprise solidaire d’utilité publique... ». Une réforme d’autant plus nécessaire que la future Collectivité de Corse exercera, dès le 1er janvier 2018, la compétence sociale et prendra en charge toute les aides liées à la perte d’autonomie. Et Gilles Simeoni d’affirmer : « Le plan proposé marque une nouvelle ambition de la Corse pour reconstruire un grand projet de solidarité ».
Affaire à suivre…
 
N.M.
 




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