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Inondations en Casinca et en Centre Corse : Des mesures d’urgence et un plan d’action à long terme


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 9 Novembre 2015 à 23:05 | Modifié le Mardi 10 Novembre 2015 - 01:39


Un mois après sa visite sur le terrain des inondations qui, les 1 et 2 octobre dernier, ont causé des dégâts considérables en plaine de Casinca et en Centre Corse, le Préfet de Haute-Corse, Alain Thirion, est revenu, lundi, comme il l’avait promis, rencontrer les élus des deux microrégions. Il a fait le point des actions engagées et a annoncé les aides qui pourraient être débloquées, notamment 100 000 € de travaux d’urgences dans le lit du Golo. Le Fonds Barnier sera activé à Folelli et à Lucciana. Le Préfet explique, à Corse Net Infos, que des études seront effectuées pour mieux cerner le phénomène des crues et établir une stratégie globale de prévention.


Yannick Castelli, maire de Folelli, le Préfet Alain Thirion, François Orlandi, président du département de Haute-Corse, José Galletti, maire de Lucciana, et les représentants des services de l'Etat.
Yannick Castelli, maire de Folelli, le Préfet Alain Thirion, François Orlandi, président du département de Haute-Corse, José Galletti, maire de Lucciana, et les représentants des services de l'Etat.
- Lors de votre visite in situ après les inondations, vous aviez promis de revenir dans un mois. Peut-on dire que vous avez tenu votre promesse ?
- Effectivement ! J’avais pris l’engagement que nous reviendrions sur le terrain avec un certain nombre de réponses. La promesse de revenir a été tenue, mais pas seulement celles-là. J‘avais, d’abord, indiqué que le dossier des communes passerait à la Commission interministérielle du 20 octobre. Cela a été le cas et a donné lieu à l’arrêté interministériel de reconnaissance de catastrophe naturelle du 25 octobre. Ce qui permet, déjà, aux particuliers de s’adresser à leur assurance pour obtenir une indemnisation sur les dommages qu’ils ont subi suite aux intempéries.
 
- Combien de communes sont concernées ?
- Les premiers dossiers concernent 65 communes en Corse, dont 61 sur la Haute-Corse. Le cas de 27 communes sera examiné lors de la Commission interministérielle qui se réunira le 17 ou 18 novembre. Parallèlement, nous avons engagé deux procédures complémentaires. La première concerne les calamités agricoles et permet aux communes et aux particuliers d’enclencher les différentes déclarations qui pourront donner lieu à prise en compte. Dans la semaine qui a suivi les intempéries, j’ai pris un arrêté qui a déclenché la procédure et les expertises. Une réunion est prévue, à ce sujet, la semaine prochaine avec la Chambre d’agriculture. La deuxième procédure concerne les intempéries, principalement les dégâts sur la voirie, pour lesquels un travail de fond a aussi été enclenché, mais prendra un peu plus de temps.
 
- Vous dites que, sur ce point, vous n’avez aucun retour des communes. Cela vous étonne-t-il ?
- Non ! C’est assez classique sur les intempéries. On saisit les communes pour savoir les dégâts subis sur la voirie. Elles doivent faire un travail d’évaluation des dommages et des travaux de remise en état, qui nécessite la mobilisation d’un certain nombre de services techniques. Cela prend toujours un peu de temps. Certaines communes, par exemple celle de Vescovato, vont nous envoyer leur dossier. Les communes de Lucciana et de Penta-di- Casinca ont une particularité liée aux lotissements qui ont subi de graves inondations et pour lesquelles le Fonds Barnier peut être mobilisé.
 
- En quoi consiste-t-il ?
- Le Fonds peut, déjà, prendre en charge à 80 %, voire à 100 %, un certain nombre de frais d’urgence tels que la mairie les a engagés pour le relogement des personnes. A ma demande, une étude a été réalisée pour évaluer si le Fonds Barnier était mobilisable. Il peut l’être. Nous abordons la phase où l’on commence à instruire la possibilité de mobilisation de ce fonds. Il s’agit, dans un premier temps, de repérer les sites sur lesquels existe un risque très élevé. Deux maisons ont déjà fait l’objet d’un arrêté de péril et une maison, qui a été emportée, fera l’objet d’une indemnisation. Ensuite, il faut vérifier si, dans les autres maisons, il est possible d’installer un refuge, c’est-à-dire un endroit où les personnes peuvent se replier en cas d’alerte et attendre les secours.
 
- Le Fonds Barnier finance-t-il ses refuges ?
- Exactement ! Le Fonds Barnier peut être mobilisé pour prendre partiellement en charge ces refuges dans des conditions que nous expliquerons à la population. S’il n’y a pas de possibilité de créer un refuge, il faudra repérer, cas par cas, site par site, maison par maison, les habitations pour lesquelles les conditions de sécurité offertes à la population ne sont pas suffisantes. Là où le risque est trop élevé, il n’y aura pas d’autre solution que de procéder à l’acquisition à l’amiable ou à l’expropriation. Les services de la DDTM commenceront ce repérage à partir de la semaine prochaine.
 
- Au-delà de ces mesures d’urgences, comptez-vous mettre en place une stratégie globale en matière de risques inondations ?
- Oui. Un travail d’études est lancé sur les bassins hydrologiques et les cinq fleuves ou rivières que sont l’Asco, le Golo, la Casaluna, le Fium’Alto et le Bevinco. Le but est d’avoir une connaissance très précise de la nature du risque et de l’évolution du bassin hydrologique. Sur la base de cette étude, nous dresserons un plan d’action qui sera mis en œuvre dans les trois années qui suivent. Ensuite, il faut inciter la commune à intégrer les efforts qui doivent être conduits et à mettre en place un Plan de sauvegarde pour protéger les populations des zones à risques. Enfin, il faut actualiser le Plan de prévention des inondations (PPI). Les documents, dont on dispose, ne prennent pas en compte la réalité des données du 1er et du 2 octobre qui sont centennales et sont devenues des données de référence. Pour ces deux plans, je vais saisir les maires concernés afin qu’ils engagent ces travaux. Les Services de l’Etat les aideront dans leurs différentes démarches afin que ces documents soient rapidement opérationnels.
 
- Vous avez averti les maires qu’ils devront réviser leur PLU (Plan local d’urbanisme). Pourquoi ?
- Les maires seront obligés de prendre en compte les données hydrologiques et celles liées aux inondations pour mettre au point le PPRI (Plan de prévention du risque inondation) dans leur commune. Ces documents auront un effet sur les documents d’urbanisme. Les zones, définies comme très dangereuses, ne seront pas constructibles.
 
- Vous avez parlé d’une action particulière centrée sur deux zones : le Grand Bastia et Marana-Golo. De quoi s’agit-il ?
- C’est le fameux schéma de stratégie locale de risque inondations. Ces deux zones sont mobilisées dans le prolongement des orientations définies par le Préfet de région. Pour le Grand Bastia, nous commençons à travailler avec la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia) pour mettre en place cette stratégie face aux risques de submersion et de pluies de ruissellement. Concernant la zone Marana-Golo, nous conduisons un travail de fond sur la commune de Lucciana pour avoir une connaissance précise du risque et mettre en place un document qui sera opératoire vraisemblablement dans 18 mois. Là encore, les moyens de l’Etat et les crédits de la Direction générale de la prévention des risques majeurs pourront être mobilisés.
 
- Vous avez rencontré 4 maires du Centre Corse qui vous ont fait part de leurs demandes. Y avez-vous répondu ?
- Pour les communes autour de Ponte-Leccia, un certain nombre de travaux d’urgence, concernant la problématique du Golo, ont été décidés et seront engagés avant la fin de l’année. La crue a été hors normes et a modifié, pour partie, le cours du Golo. Sur la base de l’étude hydrologique que nous ferons, nous définirons un plan d’action avec la possibilité de prévoir certains ouvrages, comme une digue ou d’autres aménagements comme un cours secondaire de dérivation…. Cette étude donnera des conclusions claires qui nous permettront de définir une feuille de route.
 
- Quid pour les trois maires de Casinca ?
- En Casinca, un travail doit se faire sur la gestion de la crise avec des plans de sauvegarde et la mobilisation des dispositifs de sécurité civile. Un travail également à faire avec le Fonds Barnier, c’est-à-dire la gestion du risque vis-à-vis d’un certain nombre de zones très exposées. Là aussi, sont prévues, à la fois, des solutions urgentes et des actions au long cours qui doivent être décidées sur la base de stratégies claires d’évaluation du risque et de l’aléa, une évaluation qu’aujourd’hui, nous n’avons pas. Nous sommes face à un phénomène qui n’a pas de référence par rapport aux sites. Il nous renvoie à des périodes que nous n’avons pas connues. L’étude définira très précisément ce que l’on peut faire, peut-être des dispositifs d’alerte, des sirènes, des travaux…
 
- Ce phénomène de début octobre, nul ne sait s’il a été juste ponctuel ou s’il sera récurrent ?
- Voilà ! Nous devons savoir de quel aléa il s’agit. Sommes-nous en face d’un phénomène exceptionnel qui arrive une fois tous les 50, 100 ou 150 ans ou sommes-nous face à un phénomène qui peut se renouveler ? Dans ce cas, peut-il se renouveler dans un certain nombre de conditions et en intégrant certains paramètres qui n’ont pas joué et qui pourraient agir ? Par exemple, les vents dominants peuvent avoir un effet bénéfique ou aggravant. Début octobre, les vents n’ont pas eu un effet aggravant. Ils peuvent l’avoir demain. Notre radiographie du risque doit être complète, sinon les solutions, que nous mettrons en place et sur lesquelles nous travaillons, ne seront pas suffisantes. Nous avons une obligation de résultats. Nous devons à tous prix, avec les communes, le département et la région, apporter des réponses qui traitent le fond du problème.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Les maires de Lucciana et de Vescovato satisfaits des mesures annoncées





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