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Incidents de Corte : Le sous-préfet condamne et appelle à un retour au calme


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 21 Décembre 2016 à 06:02 | Modifié le Mercredi 21 Décembre 2016 - 06:08


Le 15 décembre, de violents incidents se sont produit à Corte, en marge d’un rassemblement en soutien aux sept supporters bastiais qui devaient être jugés en appel à Reims et dont le procès a été reporté au 16 février. L’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre et les dégâts occasionnés ont suscité des condamnations et des interrogations sur lesquelles revient le sous-préfet de Corte. Tout en condamnant très fermement les actes commis, Sébastien Cecchi fait une mise au point et lance un appel à la responsabilité collective et au retour à la tranquillité.


Sébastien Cecchi, sous-préfet de Corte.
Sébastien Cecchi, sous-préfet de Corte.
- Que vous inspire les actes commis à Corte et les condamnations qui leurs ont succédé ?
- La condamnation des dégradations commises le soir du jeudi 15 décembre, relayée dans la presse, est importante. Nous nous y associons évidemment et condamnons très fermement ces actes, avec une pensée toute particulière pour l’ensemble des personnels des agences touchées. Comme l’a fait d’ailleurs le soir même à Corte, le Coordonnateur à la sécurité en Corse (CSC), pour le compte des représentants de l’État. Il faut cependant y rajouter la condamnation très ferme des actes et violences commis à l’encontre des forces de l’ordre, effectivement sur place, directement ciblées et visées, et qui ont eu à affronter les casseurs. Ces actes inqualifiables et inadmissibles relèvent d’une logique qui échappe à la très grande majorité d’entre nous.
 
- Comment réagissez-vous aux critiques des habitants, relayées par le maire ?
- Nous entendons que l’on se pose des questions sur le déroulé des événements et, sous-entendu, sur le rôle joué par les forces de l’ordre présentes à Corte, ce soir-là. En responsabilité, je ne peux, en aucun cas, laisser la place au doute, pire le susciter, au risque de laisser cristalliser dans certains esprits l’idée que les forces de l’ordre n’auraient pas joué leur rôle. C’est tout le contraire ! Leur engagement a été total ! Il est à saluer de façon unanime et sans équivoque.
 
- Que pouvez-vous dire de plus sur ce qui s’est passé ?
- Les éléments de réponse ont déjà été apportés en quasi-totalité, le soir-même, par le coordonnateur. L’appel au rassemblement, annoncé comme un mouvement de soutien par plusieurs organisations, ne laissait en rien supposer un tel déferlement de violences. A fortiori avec l’annonce du report du procès. Compte tenu des événements récents et de la prise pour cible régulière de la sous-préfecture, l’accès devant les locaux a été interdit depuis le bas du Cours Paoli. Pour mémoire, rappelons qu’une veillée de soutien devant la sous-préfecture s’est transformée en jets de projectiles pendant près de deux heures, assortie de la tentative d’incendier et de défoncer les deux portails. Sans parler des cocktails Molotov retrouvés en marge d’un autre rassemblement de soutien, également prévu devant la sous-préfecture, ou encore le lendemain de cette découverte, l’attaque de la sous-préfecture en début de nuit et la tentative d’incendier les locaux par le jet de très nombreux cocktails.
 
- Ce contexte a-t-il joué ?
- Oui ! C’est donc logiquement qu’un dispositif standard, le mur plexy, visant à bloquer l’accès au bâtiment institutionnel depuis la partie basse du Cours Paoli, a été déployé. Des forces mobiles ont également été placées derrière le mur, sur les flancs et à l’arrière du Cours, pour rendre le système étanche. La suite des événements validera cette mise en place. Un rassemblement étant annoncé à la même heure sur Bastia, les forces mobiles ont du être réparties entre les deux endroits. Alors que le rassemblement de Corte débutait calmement, soudainement, de façon coordonnée et extrêmement brutale, un groupe d’individus est descendu du Cours Paoli et a directement pris à partie les forces de l’ordre. Les jets de cocktails Molotov et autres tirs tendus de projectiles ne laissent pas la place au doute quant à l’objectif visé : les forces de l’ordre et la sous-préfecture. Ces attaques se sont répétées, par petits groupes très mobiles et organisés, doublées de tentatives de contournement par les flancs afin de casser et pénétrer le dispositif de protection. Les cris et slogans mettent clairement en évidence la volonté d’atteindre physiquement les forces mobiles et les locaux de l’État. Il a fallu résister. Le repli des casseurs, l’incendie des deux distributeurs et le saccage des agences bancaires ont rapidement suivi. Le choix de s’en prendre à ces biens matériels, situées près de 200 mètres du mur plexy, était réfléchi.
 
- C’est-à-dire ?
- Ne nous y trompons pas : il n’avait pour seul objectif que d’attirer, hors du dispositif de protection, un petit groupe de gendarmes dans un guet-apens, de les déborder par une rue adjacente et de s’en prendre physiquement à eux, tout en continuant d’attaquer le dispositif de soutien. Des feux ayant été allumés au bas de la Place Padoue par les casseurs pour masquer leurs actions ou leurs exactions, il était quasiment impossible d’avoir un point précis de ce qui se passait au niveau des agences. Les distributeurs ont pris feu et se sont détériorés rapidement. Les vitres des agences ont volé en éclat et les casseurs ont pénétré à l’intérieur pour détruire, tout aussi rapidement, les équipements. Un groupe de gendarmes mobiles a fait, alors, mouvement vers les agences et a retrouvé un sac contenant des cocktails Molotov non utilisés. Les casseurs s’étaient déjà repliés, tout aussi rapidement qu’ils étaient apparus.
 
- Quelles seront les suites de ces incidents ?
- Il est clair que la manœuvre a été préparée, organisée, et les actes prémédités. Cela dénote, à minima, d’un soutien logistique actif pour la préparation des équipements et autres engins incendiaires, ainsi que pour le déroulé de la manœuvre, tant à l’arrivée qu’au départ des casseurs. Quant aux premières suites, comme l’a indiqué le CSC, le volet judiciaire est enclenché. Sans préjudice du strict respect des rôles respectifs des autorités administratives et judiciaires, je peux dire que toutes les constatations ont été faites et qu’évidemment, les investigations en matière de police scientifique et technique sont lancées. Je suis certain que nous sommes tous soucieux que ces enquêtes aboutissent rapidement. J’espère, d’ailleurs, qu’à cette occasion, les victimes, directes ou indirectes de toutes ces violences, salueront le travail d’enquête qui aura été mené.
 
- Quel est l’état d’esprit de la population ?
- Au-delà d’être sous-préfet d’arrondissement, je suis également Cortenais. Et, je vis ma ville ! Nous bénéficions, tous, des services et profitons des activités offertes : commerces, restaurants, cafés, sport… Les personnes, que j’ai rencontrées en ville, le soir même ou le lendemain des événements, m’ont fait part de leur stupéfaction, mais surtout de leur lassitude, voire d’un raz-le bol. Les blocages récurrents du Cours Paoli les gênent dans leurs activités personnelles, mais aussi professionnelles. Et que dire de l’incendie des deux distributeurs qui oblige chacun à se déplacer plus loin et pénalise potentiellement les commerçants du Cours. Les personnes à mobilité réduite ou dépendantes sont particulièrement pénalisées. « Tout le monde est puni », ai-je entendu.
 
- Quelles leçons en tirez-vous pour l’avenir ? 
- L’objectif est de garantir la sécurité et la tranquillité de tous. L’engagement des services de l’État reste entier. Le travail continue pour construire et faire aboutir, avec tous les partenaires du territoire, les dossiers structurants et d’avenir. Pas d’amalgame évidemment avec les actes d’une minorité ! Chacun doit jouer son rôle et assumer sa part de responsabilité, dans un objectif de tranquillité, mais aussi de sécurité. Fait du hasard, j’avais proposé au maire de Corte, la veille des événements, de reprendre la réflexion sur l’installation d’un système de vidéo-surveillance en ville, justement pour lutter contre les actes malveillants et autres débordements. Mais toutes les actions en faveur de la tranquillité publique ne relèvent pas uniquement d’actions de la sphère administrative, qu’il s’agisse de l’État ou de la mise en œuvre du pouvoir de police du maire.
 
- Pointez-vous d’autres responsabilités ?
- Oui ! Il n’est pas rare que certains jeunes, visiblement mineurs et quelque fois alcoolisés, soient repérés en semaine, tard dans la nuit, dans certains rassemblements. La sphère familiale a donc également un rôle à jouer, d’autant que sa responsabilité pourrait être engagée. Enfin, sans remettre en cause évidemment la motivation ou la légitimité de leurs actions, je n’oublie pas les organisateurs de manifestations ou de rassemblements qui sont chargés en toute rigueur d’assurer le bon déroulé des regroupements et la sécurisation de leur dispositif. Nous restons à l’écoute de tous et disponible pour travailler sur l’ensemble des composantes de cette tranquillité nécessaire. J’y étais déjà très attentif avant. Je continuerai d’y veiller tout particulièrement. Enfin, je souhaite et j’espère que cette période de fin d’année sera propice au repos et à l’apaisement. J’en profite pour souhaiter, à tous, d’excellentes fêtes, en famille ou entre amis.
 
Propos recueillis par N.M.
 




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