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Immersion de récifs artificiels dans le fond du golfe d'Ajaccio


Rédigé par Marie MAURIZI le Mercredi 23 Août 2017 à 15:48 | Modifié le Mercredi 23 Août 2017 - 16:59


Début août au large du Ricantu trois récifs artificiels ont été immergés dans le but de favoriser la production de ressources halieutiques et la reconstitution des biocénoses marines.. Un projet qui s’inscrit dans une démarche de recherche et développement et qui a été innovant sur l’architecture des modules et les techniques de fabrication, Une opération menée par l'Office de l’Environnement de la Corse qui a financé l’intégralité de l’opération surs ses fonds propres : 70 K€


Immersion de récifs artificiels dans le fond du golfe d'Ajaccio
Depuis sa création, en 1998, le service mer de l’Uffiziu di l’Ambiente di a Corsica (UAC) a souhaité promouvoir une politique visant la mise en place des récifs artificiels. Un premier projet, en collaboration avec les représentants de la  pêche professionnelle a vu le jour à Biguglia, en 2007. En s’appuyant sur les résultats de cette première initiative, l’UAC a donc mené un nouveau projet à Ajaccio. 

Un produit réalisé en deux phases
Une première expérimentation, avait été réalisée à l’aide de moyens financiers propres à l’OEC avec trois modules prototypes conçus à partir des nombreux retours d’expérience dans ce domaine, et en prenant en considération les spécificités locales, se rapprochant « du sur-mesure ». Au regard des résultats obtenus au cours de trois années un aménagement avec plus de récifs sera envisagé.
Les pêcheurs professionnels et les apnéistes locaux ont apporté leurs connaissances relatives aux espèces se trouvant sur la zone sélectionnée, ainsi que celles qu’il serait pertinent d’attirer, d’un point de vue écologique et économique.
Les experts de l’Université de Montpellier et de l’Ecole des Mines d’Alès (via SAS COGITE) ont utilisé le bio mimétisme pour concevoir les ouvrages, afin de reproduire les formes d’habitats naturels utilisés par ces espèces. En effet, les aspects physiques, les comportements des poissons (éthologie), ont permis de déterminer la géométrie des modules, leur orientation ainsi que leur positionnement sur le fond.
L’intégration paysagère  et l’esthétisme des ouvrages ont été primordiaux. De nombreuses rencontres ont eu lieu, pendant 2 années, afin de recueillir les avis, les retours d’expérience et les connaissances des acteurs locaux représentant notamment le monde scientifique, associatif, les services de l’Etat et les collectivités locales.
 
Le fond du Golfe d’Ajaccio : un lieu adapté
Le choix d’un site est apparu comme une évidence : le fond du Golfe d’Aiacciu, au niveau du site du Ricantu. Les raisons sont multiples :
  •  Il s’agit d’une zone sablonneuse, par conséquent pauvre s’agissant de la production halieutique.
  •  Cette zone jouit d’un atout naturel majeur : on y trouve l’embouchure de la Gravona et du Prunelli. Les zones de confluence entre eaux douces et eaux salées forment des milieux riches en nutriment et constituent ainsi les premiers maillons de la chaine alimentaire, paramètre non négligeable pour ce type d’initiative.
  •   Non loin de ces structures artificielles, on retrouve des habitats naturels tels que les herbiers de posidonie et des roches infralittorales. L’approche Eco systémique est par conséquent réelle.
  •   Cette localisation prend en considération les aménagements actuels et futurs du site : ferme aquacole, poste méthanier, site de dépotage, zone de mouillage pour les grandes unités, zone d’attente et de réparation, émissaires de la station d’épuration, projet des canalisations en mer d’EDF.
  •   La zone est déjà réglementée puisque située au droit de la piste d’atterrissage de l’aéroport. Un arrêté de la préfecture maritime interdit toutes formes de pêche, la navigation, le mouillage des navires et la plongée sous-marine.
Cette zone est déjà matérialisée par des balises et c’est dans ce contexte que l’UAC met à disposition des phares et balises deux corps morts éco-conçus, pour lester ces bouées afin de compléter le dispositif expérimental.

 

Les trois modèles de récifs

Le premier se compose de quatre « étages », dont les deux premiers sont eux-mêmes subdivisés en 4 éléments. Ces « sous modules » ont été réalisés à partir d’un moule en silicone construit à partir d’une pierre pour retrouver la rugosité naturelle des roches et faciliter la fixation de la petite faune et flore sous-marine. On constate des failles, par lesquelles les poissons rentreront et des petites barrières leur permettant de se cacher.
Ce récif de 35 m2 et de 10 tonnes vise l’attraction de crustacés tels que les langoustes et les homards, des poissons à forte valeur commerciale comme les sars,  corbes et dorades.
Une partie se situera dans la colonne d’eau dans le but d’attirer des pélagiques type coryphènes et liches mais également de travailler sur du captage de larve de langoustes qui pourront rejoindre la partie supérieure du module via la ligne d’eau.
 

Le deuxième se présente sous la forme d’une croix, constituée avec des structures métalliques, surmontée au centre et aux quatre extrémités de pochons remplis avec des coquilles d’huitre de la plaine orientale et de briques concassées.
Ce récif vise l’attraction des poissons plats des fonds meubles (turbots, barbus, soles, pageots, pagres), caractéristiques de ce site.
Très léger et peu onéreux, il a déjà été mis en œuvre au Japon, en Corée et aux Etats Unis, il y a plus de 50 ans. Cependant, il s’agit d’une première à l’échelle européenne pour tenter de fixer ce type de poisson. Les professionnels de la pêche ont fait part que le Ricantu, est la seule zone de pêche du golfe d’Ajaccio où l’on peut trouver du turbot.
Un dôme perforé viendra surmonter cette structure, permettant d’attirer des petites crevettes, petites algues et petits poissons car ces poissons plats se nourrissent en gobant tout ce qui vient nager au-dessus d’eux.
L’idée serait de concentrer des poissons de fonds meubles à cet endroit, dans le but qu’ils s’y reproduisent. Comme pour le récif n°1, des captations en filière se situeront dans la colonne d’eau. 
 

L’OEC/UAC  avait souligné sa volonté de tester un matériau très innovant. Une collaboration entre l’entreprise Isula services et la start-up Géocorail permettra de tester un procédé pour fabriquer un matériau in situ par un phénomène électrochimique. Sur un grillage souple métallique, façonné à le demande, le captage des ions magnésium et calcium de l’eau de mer favorisera le grossissement d’un matériau calco-magnésien.
La vitesse de grossissement du matériau évolue selon sa proximité à la côte et la turbidité de l’eau. Les 3 années d’expérimentation permettront d’apprécier la colonisation.
Ce récif - le troisième - s’inscrit dans une démarche de restauration écologique. Cela constituerait des « booster/starter » écologiques.
Ce procédé a déjà été testé, à trois reprises en France, mais à des fins de protection anti affouillement pour des ouvrages. Ce sera une innovation dans le cadre de notre expérimentation.  
En complément de cette structure réalisée pour la bio concrétion de ce matériau,  un aménagement sera mis en place. Il comprendra une dalle avec des ragues, un habitat pour les poissons plats.
 
Les actions à venir 
Depuis le début de ce projet, l’OEC/UAC envisage la gestion de ce site dans le but d’impliquer tous les acteurs concernés et de répondre au mieux à la situation locale. Elle devra se construire en utilisant les expériences existantes mais être singulière au regard de nos spécificités. Cette gestion prévoit une réglementation, de la communication et de la sensibilisation auprès des scolaires ainsi qu’un suivi scientifique. Cette gestion est primordiale pour mesurer l’intérêt des récifs artificiels avant la mise en place du projet de plus grande d’envergure.
------- 
Maitre d’Ouvrage : OEC/UAC - Département Ecosystèmes Marins et Littoraux
Etude d’impact initiale : STARESO
Etude formes et matériaux : SAS COGITE
Fabrication : Isula Service et Geocorail
Mise en place : Phares et Balises 2A et - Département hyperbare de l’OEC /UAC
 




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