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I Bagni di Petrapola : Une réouverture conçue comme une cure de jouvence !


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 21 Avril 2017 à 22:54 | Modifié le Samedi 22 Avril 2017 - 03:16


L’établissement thermal I Bagni di Petrapola, situé en Isulacciu di Fium’Orbu, rouvrira ses portes le 24 avril jusqu’au 18 novembre, pour une nouvelle saison de six mois. Seul établissement à posséder un agrément Sécurité sociale, il propose, à la fois, des soins conventionnés en rhumatologie pour les curistes et du thermo-ludisme pour des activités de bien-être. Relancé en 2016 par le département de Haute-Corse qui en est propriétaire, il affiche une croissance de bon augure pour un avenir jusque-là fort incertain. Vendredi après-midi, le Conseil départemental, l’Exécutif territorial, les élus locaux et les socioprofessionnels ont inauguré cette réouverture et tenu à marquer leur volonté de pérenniser Petrapola. L’objectif est de construire un véritable projet économique et touristique pour donner un second souffle à ce territoire de l’intérieur.


I Bagni di Petrapola, cumuna d'Isulacciu di Fium'Orbu, cura termale & spaziu di benistà.
I Bagni di Petrapola, cumuna d'Isulacciu di Fium'Orbu, cura termale & spaziu di benistà.
Dans leur écrin de verdure, perchés à 120 mètres d’altitude, sur la rive gauche de la rivière Abatescu, dans le village de l’Isulacciu au cœur du Fium’Orbu, I Bagni di Petrapola sont fin prêts à entamer la saison 2017. Sous des auspices plutôt prometteurs. D’abord, l’air du temps leur est plutôt favorable. Depuis 2010, le thermalisme est en vogue, affichant, après des années noires, une progression de 20%. Le nombre de curistes a atteint 580 000 en France, l’an passé. Cette redécouverte des bienfaits médicinaux de l’eau thermale profite à ce petit établissement, le seul conventionné de Corse, qui tente, lui aussi, de se refaire une santé après des années de galère. La qualité de ses eaux sulfurées sodiques, qualifiées d’hyper thermales et issues de sept sources, lui a conféré l’agrément Rhumatologie. Un agrément remis en question tous les trois ans. Pour le conserver et assurer la réouverture en 2016, le département de Haute-Corse, propriétaire des lieux, a du reprendre la gestion en régie et consentir à des investissements à-minima pour des travaux de rénovation d’urgence.
 
Plus de curistes
« L’eau sulfurée sort à 50°C à l’état naturel. Un refroidissement se fait sans que l’eau chaude ne touche l’eau froide, et l’eau, sans cesse renouvelée, ressort à 37°C à la piscine. Elle est utilisée pour soigner les rhumatismes et les affections de l’appareil locomoteur : arthrose, arthrite, lombalgie, douleurs, rééducation fonctionnelle, traumatologie… L’an dernier, nous avons accueilli 243 cures et 860 soins de bien-être. Cette année, avant même l’ouverture, 320 réservations ont déjà été faites et confirmées au niveau cure. Nous sommes en nette progression. Les premiers curistes arriveront dès lundi. Les trois premières semaines sont déjà complètes », se réjouit Vanina Piellucci, la directrice.
Si le matin, l’établissement est réservé aux curistes, il est ouvert l’après-midi, à partir de 15 heures, aux soins de bien-être. Le thermoludisme représente 18% de l’activité globale. Les prestations offertes sont identiques à celles conventionnées : la piscine, le bain thermal simple, des aérobains simples ou aux huiles essentielles, des massages énergétiques sous eau pratiqués par un kinésithérapeute, un bain douche immergé… « 50 % de notre clientèle est locale et 50 % vient de l’extérieur. Les soins de bien-être attirent beaucoup les touristes pendant la haute saison », poursuit Vanina Piellucci.

Vanina Piellucci, directrice de l'établissement thermal.
Vanina Piellucci, directrice de l'établissement thermal.
Pas d’hébergement
Cette année, des améliorations ont été apportées, notamment l’installation d’une grande salle de massage très zen ou, encore, un coin détente. Le point noir reste l’absence d’hébergement et de restauration sur place, le département n’ayant pas les moyens financiers de remettre en état le reste du bâtiment qui, dans les années 60, abritait un hôtel d’une quarantaine de chambres et un restaurant. « Il y a quand même 10 000 lits entre Ghisonaccia et Ventiseri avec de gros camps de vacances qui ne sont qu’à 20, au plus à 35 minutes de Petrapola. Même si on n’a pas beaucoup d’hébergeurs dans le village, le potentiel est important autour », tempère la directrice. Pour faire oublier ce manque, les thermes organisent, l’après-midi, quand la cure s’achève, de nombreux colloques et conférences pour présenter l’île, son histoire, son patrimoine, sa faune, sa flore, ses chemins de randonnée…
 
Une manne à exploiter
Mais sans restauration et sans hôtel, la gestion est un peu compliquée et l’avenir d’I Bagni plus qu’incertain. Le maire de l'Isulacciu di Fium'Orbu, Jacky Bartoli, profite de l’inauguration pour lancer un cri d’alarme en direction de l’Exécutif territorial et de ses membres présents. « Si vous voulez que Petrapola se développe et continue à vivre, il faut que tout le monde parle dans le même sens et fasse son travail. Si les élus ne prennent pas en compte le thermalisme et le seul établissement qui a l’agrément de la Sécurité sociale et qui emploie dix personnes, Petrapola finira par s’effondrer dans le fleuve. Après ce sera trop tard, le fleuve emportera tout ! Ce sera une catastrophe ! ». Il évoque, la dizaine d’emplois directs à la clé, les emplois induits et l’impact économique pour les villageois qui se font hébergeurs. « L’établissement thermal participe à 80% de la vie communale. Il faut trouver une solution pérenne avec un partenaire public-privé pour remettre l’hôtel en ordre de marche et les chambres aux normes. Je souhaiterais que la commune soit partie prenante. Tout remettre en état coûterait entre 3 et 4 millions €. Ça peut paraître énorme, mais avec 800 curistes, l’investissement peut être rentabilisé en 5 ans. Petrapola, c’est important pour la commune, mais aussi pour la microrégion. Tout le territoire peut profiter de cette manne ».

Un plan d’action
C’est bien l’avis de l’Exécutif territorial qui a fait voter, en octobre dernier, une politique en matière de thermalisme. « Deux actions majeures ont été menées sous cette mandature. La première, sous l’égide de Nadine Nivaggioni, a consisté, avec la Commission du développement économique et sociale, à travailler sur le thermalisme en allant au fond des choses. La Commission a croisé ses travaux avec ceux du Comité de massif. Nous avons retenu beaucoup d’orientations dans le volet thermalisme du Schéma de développement de la montagne, notamment l’aide à l’aménagement et aux infrastructures. Ceci, bien sûr à différents niveaux en fonction des projets et des cibles. L’idée est de globaliser un plan d’action. Un certain nombre de financements sont déjà actés sur certains projets » réagit Jean-Félix Acquaviva, conseiller exécutif et président du Comité de massif de Corse. « La deuxième action concerne le volet infrastructures routières et transports pour desservir ces zones. Le Plan pluriannuel d’investissements, qui sera présenté le 27 avril à l’Assemblée de Corse, consacre 45 millions € par an sur dix ans pour le soutien au réseau dit secondaire dans le rural profond. Concernant Petrapola, il faut étudier comment développer l’hébergement dans le cadre de la politique de massif, de manière sérieuse avec un aspect valorisation économique, c’est-à-dire étude de marché et ciblage de clientèle, et une rigueur budgétaire nécessaire pour que les programmations soient actées par des crédits de paiements réels ».
 
Un projet futur
Une volonté partagée par François Orlandi, président du Conseil départemental de Haute-Corse : « La première préoccupation du département a été de sauver l’agrément. Sans agrément, le site était voué à disparaître complètement. Pour cela, il fallait consolider par une ouverture en 2016 et une exploitation en régie. C’est réussi puisque, dès la première année, l’exercice s’est révélé positif. Cette année, nous avons fait des investissements nouveaux pour montrer notre volonté de rester très actif sur le site. Nous essayons de construire un projet avec les acteurs de la microrégion, les acteurs régionaux et les socioprofessionnels pour donner à Petrapola toutes les chances de perdurer », rappelle-t-il. Ce projet, selon lui, doit s’envisager à plusieurs niveaux et s’appuyer sur les offres du territoire. « L’idée est d’infuser ce territoire à travers l’hébergement, la restauration et les points d’accueil. Une réflexion est menée autour de plusieurs pistes : un partenariat public-privé, une délégation de service public… Nous sommes au stade de l’examen des potentialités du site et des projections en termes de gestion. Ce projet futur, nous ne pouvons l’élaborer qu’à partir d’un diagnostic bien établi sur des éléments d’exploitation et sur des échanges d’expériences produites ailleurs. Nous aurons, dans quelques mois, un projet à proposer avec plusieurs options que nous choisirons tous ensemble ».
Affaire à suivre…
 
N.M.





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