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Hôpitaux de Corse et coefficient géographique : Un mieux mais toujours pas assez pour le STC !


le Vendredi 17 Mars 2017 à 11:09

Les délégués STC de tous les hôpitaux de Corse tenaient mercredi matin une conférence de presse à Ajaccio. Elle concernait l'augmentation du coefficient géographique hospitalier corse, annoncée à la fin du mois de février par Marisol Touraine, ministre de la Santé. Le but de ce coefficient est de rattraper le retard structurel de l'île. Si son augmentation à partir du 1er mars constitue une avancée reconnue par tous, elle demeurerait néanmoins insuffisante. Explications du STC...



Hôpitaux de Corse et coefficient géographique : Un mieux mais toujours pas assez pour le STC !
La récompense d'un long combat syndical
 
Mesure censée compenser les surcoûts liés à l’insularité, le coefficient géographique a de tous temps été considéré comme trop faible par les syndicats pour rattraper réellement le déficit accumulé en Corse en matière de santé. Son augmentation a été une revendication majeure de différentes mobilisations durant la dernière décennie. Fixé à 5 % en 2009, puis augmenté laborieusement à 8% depuis 2012 aux termes de plusieurs mouvements de grève, il est passé à 11% au 1er mars.
  

Au début de l'année 2016, l'ensemble des syndicats insulaires dénonçaient une situation de crise subie par la totalité des hôpitaux de l’île. En mars dernier, des discussions étaient menées avec la Collectivité territoriale de Corse pour qu'elle se saisisse de ce dossier. Ces échanges aboutirent à la création du groupe de travail dédié à l’évaluation des surcoûts liés à l’insularité, mis en place conjointement  par l’exécutif de la CTC et l’Agence régionale de la Santé (ARS).
 
  
Aujourd'hui, le STC prend acte de la volonté affichée du Ministère de considérer la réalité insulaire. Cette hausse de 3% du coefficient géographique représente un budget supplémentaire de 4,5 millions d’euros net par an pour les structures hospitalières insulaires. A cette somme, vient s'ajouter une enveloppe de  2,5 millions d’euros de dotations, qui seront octroyés à trois services spécifiques: la radiothérapie de Castelluccio, la neurochirurgie et la néonatalogie du centre hospitalier de Bastia. Néanmoins, pour le STC comme pour les autres participants à ce groupe de travail précédemment cité, le constat est le même :
"Le compte n’y est pas."
 

 
Interview de Françoise Cinarca, résponsable STC - Fonction Publique Hospitalière.
    


Quel est votre ressenti aujourd'hui : c'est une avancée ou pas assez ?

Bien-sûr c'est une avancée, mais c'est toujours insuffisant quand on voit l'état des hôpitaux, et le retard financier qui touchent tous les établissements de l'île. Si on avait augmenté régulièrement le coefficient géographique depuis 2012 peut-être que l'on ne serait pas dans cette situation aujourd'hui.

Aujourd'hui 11 % ce n'est donc pas assez ?

Non. Notre revendication était de 15 % en 2012. Aujourd'hui, avec le retard que l'on a accumulé, il faudrait aller beaucoup plus loin. 

D'un point de vue pragmatique, quelle est la situation pour l'hôpital d'Ajaccio par exemple ? 

La situation tout le monde la connait: un déficit exorbitant et un manque de moyens conséquent. On a même l'impression que ces déficits sont organisés.

C'est-à-dire ?

On ne donne même plus aux hôpitaux ce qu'on leur doit. A Ajaccio, les directeurs se succèdent les uns après les autres. Tous essaient d'apporter leur pierre à l'édifice, mais vu le peu de temps qu'ils restent en poste, avoir une évolution réellement positive paraît difficile. 

Concrètement, il y a selon vous des problèmes de gestion qui pèsent donc sur l'hôpital ?

Tout à fait, on aimerait que les directions se saisissent du problème à bras le corps et que ce ne soit plus seulement le rôle des syndicats. Ces 11 % acquis aujourd'hui, c'est un regain d'oxygène, mais il ne faut pas se satisfaire de ça. Le travail d'une direction, même si la situation est difficile, c'est de maintenir à l'équilibre les finances d'un hôpital, d'aller chercher les financements nécessaires afin de développer les services, et de faire tout cela en adéquation avec les personnels. 

Qu'en est-il aujourd'hui du ressenti global du personnel hospitalier ?

Aujourd'hui, le travail n'est plus valorisé, que ce soit du côté du personnel administratif comme de celui du personnel soignant. Les absences, qu'elles soient pour maladie, accident de travail ou maternité, ne sont pas remplacées ou très peu. On demande au personnel sur place de les combler pour assurer le service public, et être appelé pour travailler sur ses jours de repos est devenu fréquent. Il n'y a pas de reconnaissance de ces efforts faits par le personnel dans les services, et on nous dit que le personnel hospitalier va encore diminuer alors que l'on travaille déjà à flux tendus... Mais cette situation n'est pas propre à l'hôpital d'Ajaccio: c'est l'hôpital en général qui est malade, et son personnel qui se rapproche de plus en plus du burn-out.
 
   
  • Ci-dessous: le communiqué de presse du STC