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Hôpital de Bastia : Le bras de fer se poursuit…


Rédigé par le Vendredi 11 Décembre 2015 à 15:15 | Modifié le Samedi 12 Décembre 2015 - 10:39


Le bras de fer se poursuit entre le personnel de l'hôpital de Bastia, uni au sein de l'intersyndicale CFT-FO-STC, et les autorités de tutelle. L'occupation des bureaux de la direction se poursuit de plus belle et si pour l'instant le mouvement n'a pas de répercussions sur les usagers de l'établissement le personnel entend le poursuivre jusqu'à ce qu'il soit entendu. Mais est-ce pour demain ?


Hôpital de Bastia : Le bras de fer se poursuit…
L'assemblée du personnel qui s'est déroulée vendredi en début d'après-midi en présence de Gilles Simeoni, maire de Bastia et à ce titre président du conseil du conseil de surveillance, a permis successivement à Josette Risterucci (CGT), Stéphane Gherardi (STC) et Pierre-Paul Ugolini (FO) de faire un point de la situation au terme de la deuxième semaine de conflit.
Ils ont encore dit et répété, martelé même que "depuis plus de 15 ans, le personnel et les organisations syndicales expliquent que l'hôpital de Bastia est le parent pauvre de la santé publique en Corse" ou que " les projets de financement votés par certains, promis par les différents ministres, n'ont jamais abouti" .
Pour l'intersyndicale, par delà "les fausses bonnes solutions" préconisées par la direction et le directoire de l'hôpital, il est certain que l'on peut être mieux soigné en Corse "si on nous donne un plan exceptionnel d'investissement pour les 44 millions qui manquent."

Aujourd'hui, selon la CGT, FO et le STC, l'hôpital de Bastia présente 12 231 678 euros de déficit structurel dus aux insuffisances des missions d'intérêt général dont le SAMU, les surcoûts non compensés de l'insularité, la, baisse des tarifs de l'assurance-maladie.
L'autre déficit se situe au niveau de la trésorerie : il est de 14 207 000 euros cumulé sur plusieurs (fournisseurs non payés, ensemble des créances non payées.
"Au regard de ces chiffres personne ne nous fera croire que demander la moitié des 40 millions d'euros et faire un emprunt est la solution. en raison de notre déficit."
Dès lors l'intersyndicale a appelé "les usagers et l'ensemble du conseil d'administration de ne pas valider les propositions du directeur car une fois encore il se trompe !"
Et elle entend le faire savoir, avant peut-être de rencontrer le préfet de Haute-Corse, lors du rassemblement qu'elle organisera lundi devant le siège bastiais de l'agence régionale de la Santé.


Ce rassemblement a également permis au président conseil de surveillance, qui s'est entretenu ensuite avec les trois représentants de l'intersyndicale, de rappeler qu'il était du côté du personnel. " Je ne suis pas ici pour tenir des propos démagogique, je suis ici pour dire clairement que nous n'avons pas à opposer l'hôpital de Bastia à celui d'Ajaccio , que l'on doit avoir une idée vision globale de la santé en Corse et de la santé publique mais pour dire aussi  très clairement que nous avons un retard qui n'a jamais été comblé."
Le maire de Bastia a rappelé les démarches effectuées les courriers à la ministre de la Santé.
Il a dit aussi au personnel qu'il avait son soutien "plein et entier"  qu'il le soutiendrait au cours des étapes à venir et qu'il le remerciait  "au nom de la ville de Bastia et des Bastiais et même des Corses"  pour son implication au quotidien auprès des usagers.
"L'hôpital de Bastia est à tous. C'est un bien commun. Nous allons donc le défendre ensemble et lui donner les moyens de se développer et d'assurer son rôle qui est fondamental".

Questions à… Marie-Laure Fabert (Intersyndicale)

- Quel a été l'objet de votre entrevue avec le directeur de l'hôpital ?
- Il a fait le point du déficit financier de notre établissement. Il est pour cette année en déficit de 4,5 millions d'euros, c'est à dire plus de 14 millions sur le déficit structurel. Cela ne nous convient pas parce que nous ne pouvons pas continuer à investir pour moderniser l'hôpital. L'Etat nous avait bien proposé de financer la rénovation de l'établissement avec une partie du financement qui serait octroyée par ses soins et l'autre par l'intermédiaire de l'emprunt mais qui peut trouver une banque en mesure de financer une entreprise déficitaire ? La caisse des dépôts et consignations elle-même ne nous prête pas d'argent pour mener à bien les travaux...

- Quel écho a votre mouvement ?
- Nous n'avons pas les mêmes visions des choses que les praticiens hospitaliers essentiellement ceux qui siègent au directoire de l'établissement, les chefs de pôles, qui eux  considèrent qu'une partie en emprunt pourrait être tenue par le budget actuel de l'hôpital. Notre avis est différent. Nous considérons que l'Etat doit nous fournir 100% du financement qui nous manque dans certains services comme le bloc opératoire dont l'état est déplorable.

- Quelles en sont les répercussions ?
- Les fournisseurs ne sont pas payés et s'ils perçoivent de temps en temps quelques bribes cela ne suffit pas à nous doter de ce qu'il nous faut pour travailler correctement dans les services. Cela n'a pas encore de réelles répercussions sur la qualité des soins  : nous continuons à fournir à nos patients le maximum de soins de qualité. Les répercussions touchent plutôt le personnel qui, lui, est tout le temps en train de chercher le meilleur moyen pour assurer ces soins là. Et cela devient lassant. Ce n'est pas comme cela que l'on peut travailler au quotidien.

- Que faudrait-il faire pour que cela aille mieux ?
- Il suffirait simplement que nous n'ayons pas besoin d'avoir recours à l'emprunt et que la ministre de la Santé nous fournisse, comme à beaucoup d'autres établissements, la totalité des moyens qu'il faut pour rénover cet hôpital. Nous sommes sur un financement de 44 millions sur les 70 qui doivent être engagés.

- Avez-vous l'impression d'être entendus ?
- Nous allons rencontrer lundi par le directeur de l'ARS et nous espérons, réellement, que quelque chose va sa passer. Mais pour l'instant nous n'avons pas l'impression d'avoir été entendus au plus haut niveau.

- Et si la situation perdure ?
- S'il ne se passe rien nous allons continuer notre mobilisation. Aujourd'hui nous avons sollicité le président du conseil de surveillance qui, lui, nous soutient totalement. Nous allons voir si ce conseil va amener nos revendications jusqu'au niveau ministériel.

- Vous êtes disposés à aller jusqu'à quand dans ces conditions ?
- On peut continuer car nous ne bloquons pas le travail de l'hôpital. Nos patients sont soignés et nous n'empêchons aucune intervention. On peut aller loin et longtemps...

- C'est pratiquement sans conséquences donc ? 
- Les seules conséquences affectent le travail de la direction.

- Votre mouvement sert à quoi alors ?
- C'est un bras de fer que nous avons entamé en mobilisant l'ensemble des acteurs. Il est bien évident qu'aujourd'hui il faut aller voir les politiques, les fournisseurs qui attendent d'être payés - eux aussi peuvent nous soutenir - les usagers qui savent que les chambres ne sont pas adaptées, qu'il n'y a pas de douches dans ces chambres, que le matériel est défectueux. Même s'ils savent qu'ils sont bien soignés ils constatent au quotidien que le confort n'y est pas. Notre mouvement sert à le dire et à le faire savoir…





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