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Hôpital de Bastia : L’Etat accorde une aide financière de 29 millions €


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 1 Avril 2016 à 21:54 | Modifié le Dimanche 3 Avril 2016 - 01:08


L’Etat vient d’accorder une « bouffée d’oxygène » à l’hôpital de Bastia par le biais d’une aide financière de 29 millions € pour poursuivre son plan de modernisation, notamment la rénovation du bloc opératoire. La mobilisation des élus et des syndicats a permis de transformer 11,5 millions €, destinés initialement à soutenir un emprunt que l’hôpital n’a pas les moyens de contracter, en aides directes. 2 millions € supplémentaires seront octroyés courant avril pour la climatisation. L’annonce a été faite lors du Conseil de surveillance de l’hôpital de Bastia par son président, Gilles Simeoni, qui, avec la vice-présidente Emmanuelle De Gentili, est monté négocier à Paris. Trois autres avancées importantes ont été obtenues. Explications, pour Corse Net Infos, de Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse et président du Conseil de surveillance de l’hôpital de Bastia.


Gilles Simeoni, président du Conseil de surveillance de l'hôpital de Bastia, entouré d'Emmanuelle De Gentili, vice-présidente, et de Pascal Forcioli, directeur du centre hospitalier.
Gilles Simeoni, président du Conseil de surveillance de l'hôpital de Bastia, entouré d'Emmanuelle De Gentili, vice-présidente, et de Pascal Forcioli, directeur du centre hospitalier.
 
- Vous avez obtenu une réponse de la ministre de la Santé concernant vos demandes sur l’hôpital de Bastia. Quel en est le contenu ?
- Je voudrais, d’abord, rappeler des dates essentielles. Une première mobilisation a eu lieu lors de la canicule de l’été 2015. Début 2017, un mouvement social des syndicats et de la Commission médicale de l’établissement a dénoncé les difficultés de fonctionnement au quotidien de l’hôpital et les inquiétudes liées au financement des investissements structurants à mettre en œuvre. Lors du Conseil de surveillance du 16 janvier, j’ai proposé le vote d’une motion qui contenait des demandes précises. Elle a été adoptée à l’unanimité et m’a donné mandat pour défendre ces demandes devant le ministère à Paris. J’ai écrit, ensuite, au 1er ministre, Manuel Valls, et à la ministre des affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. Avec Emmanuelle De Gentili, vice-présidente du Conseil de surveillance, nous avons été reçu, le 2 mars, au ministère pour développer un argumentaire qui a été construit en concertation avec l’ensemble des membres du Conseil de surveillance et avec les services administratifs et financier de l’hôpital sous l’autorité du directeur, Pascal Forcioli.
 
- Qu’est-ce qui vous a été accordé ?
- La motion initiale demandait que la totalité du financement des investissements sur l’ensemble du plan sur dix ans, à savoir 44 millions €, soit financée en aide directe. La réponse n’a été que partielle, mais reste très satisfaisante. Elle porte sur le financement du plan de modernisation de l’hôpital, c’est-à-dire la rénovation et l’agrandissement du bloc opératoire. Sur la première tranche de travaux d’un montant de 29 millions €, l’Etat devait abonder 11,5 millions € pour la prise en charge d’une partie du remboursement de l’emprunt potentiel. Nous avons fait valoir que, trop endetté, l’hôpital ne pouvait pas emprunter. Nous proposer des mesures de trésorerie pour rembourser un emprunt auquel nous n’avons pas accès est un paiement en monnaie de singe !
 
- Avez-vous été entendu ?
- Oui ! Le ministère a fait droit à notre argumentation et accepté de transformer ces 11,5 millions € en aide directe et de nous octroyer 2 millions € supplémentaires pour financer la climatisation de l’hôpital. Au total, nous avons obtenu 13,5 millions € d’aides supplémentaires lors de notre démarche à Paris. C’est, quand même, une aide très significative qui nous permettra, dans les deux ans à-venir, de rénover totalement le bloc opératoire.
 
- Vous avez obtenu trois autres réponses de la ministre. Quelles sont-elles ?
- Elles concernent des problématiques plus globales touchant l’ensemble des établissements hospitaliers de Corse et l’ensemble du système de santé public insulaire. J’ai toujours fait valoir, y compris quand j’ai été réélu, le mois dernier, président du Conseil de surveillance de l’hôpital de Bastia que, désormais en ma qualité de président du Conseil exécutif de Corse, encore plus qu’avant, j’étais dans une logique de défense des intérêts de la Corse toute entière. Pour moi, la défense de l’hôpital de Bastia n’est pas dissociable de la défense de l’ensemble des établissements public et de l’ensemble du système de santé public insulaire. Dans ce cadre-là, nous avons réussi trois avancées significatives.
 
- Lesquelles ?
- Premièrement, le ministère a accepté le principe d’un groupe de travail qui rendra une étude sur l’évaluation des surcoûts liés à l’insularité. C’est un élément très important, demandé depuis des années et qui n’avait jamais été obtenu. Cela nous permettra d’avoir, enfin, une vision objective des surcoûts et de faire jouer les mécanismes régulateurs pour les neutraliser.
 
- Cela signifie-t-il plus d’argent ?
- Oui ! Plus d’argent au bénéfice des hôpitaux. Ces surcoûts proviennent, par exemple, du faible volume d’activités de certains services, comme la cardiologie ou la neurologie. Ces services sont soutenus par l’Etat en fonction des volumes réalisés. Or, du fait que nous sommes dans une île, les volumes réalisés sont faibles, liés à la faiblesse démographique. Le différentiel entre le coût de la prestation et l’aide accordée reste à la charge de l’hôpital et crée un déficit structurel. Dès lors qu’on aura chiffré ces surcoûts, on pourra mieux les compenser.
 
- Pensez-vous, maintenant, pouvoir recourir à l’emprunt ?
- Oui ! Une part des investissements structurants ou de fonctionnement sera financée par le recours à l’emprunt. La majoration de la part d’aide directe nous donne une respiration financière et, en validant notre démarche d’ensemble, nous permet de chercher des partenaires bancaires. Nous emprunterons dans des conditions raisonnables.
 
- Quelles autres avancées avez-vous obtenues ?
- La troisième avancée porte sur le renforcement de l’attractivité des établissements hospitaliers vis-à-vis des médecins. Nous mettrons en place un programme et des soutiens spécifiques afin, à travers des règles techniques, de recrutement et d’échanges avec d’autres établissements et avec les universités, de renforcer la qualité de l’offre médicale et de rendre les hôpitaux corses plus attractifs pour les médecins. La quatrième avancée est une meilleure prise en charge financière des patients en situation de précarité. Souvent, les patients précaires laissent des impayés qui génèrent une dette. Le déficit des recettes impacte le budget. Nous essayerons de quantifier la part d’impayés et de faire jouer des mécanismes de péréquation au niveau français pour la prendre en charge afin qu’elle ne vienne plus grever le budget de l’hôpital de Bastia.
 
- Des inquiétudes courent au sujet de services comme la cardiologie qui traverse une phase critique et pourrait même fermer. Que comptez-vous faire pour y remédier ?
- Le service de cardiologie, comme d’autres services, a vocation à rester ouvert et à s’améliorer. Cela fait précisément partie du plan de modernisation et d’excellence qui sera poursuivi et amplifié.
 
- Vous dites que les gestes de l’Etat sont significatifs, mais pas suffisants. Le combat continue. Que réclamez-vous d’autre ?
- L’Etat a fait un geste important d’autant que, dans le contexte budgétaire et financier actuel, on sait à quel point il est difficile de décrocher le moindre euro. La mobilisation collective a permis cette bouffée d’oxygène. Nous ne pouvons que nous en féliciter, d’autant mieux que, depuis 30 ans, il n’y a jamais eu d’équivalent pour l’hôpital de Bastia. Ceci étant, cela ne suffit pas ! Il faudra, pour le reliquat du plan de financement, obtenir le même mécanisme, à savoir une part plus importante d’aide directe. Il y a, aussi, d’autres difficultés à l’hôpital d’Ajaccio, à celui de Tattone, et dans l’ensemble du système de santé public en Corse. De ce côté-là, un chantier immense est devant nous.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Pascal Forcioli : « Nous pouvons commencer les travaux du bloc opératoire, dès la fin de l’année »
 
Le directeur de l’hôpital de Bastia, Pascal Forcioli, a, comme les syndicats, exprimé sa satisfaction : « C’est une bonne nouvelle qui nous permettra de poursuivre notre politique d’investissement et de modernisation de l’hôpital et, surtout, de commencer les travaux du bloc opératoire, dès la fin de l’année. Nous sécurisons cette opération majeure pour le centre hospitalier, pour ses patients et pour son recrutement médical. Elle conditionne la croissance attendue de l’activité chirurgicale et ambulatoire et le recrutement de nouveaux chirurgiens ». Il explique, dans un communiqué, que : « Cette augmentation de l’aide de l’Etat en capital permet au centre hospitalier de Bastia de réduire d’autant son besoin de recourir à l’emprunt pour le financement pluriannuel de l’investissement. Ce qui limite le poids de l’endettement à 30% des produits sur la période 2016-2020, et qui sécurise complètement la réalisation des travaux de sécurité en cours (sécurité électrique, sécurité incendie, mise aux normes). Le versement d’une première aide exceptionnelle dès avril, d’un montant de 2 millions € pour financer la climatisation de l’hôpital, vient accompagner le financement de l’opération climatisation qui doit être réalisée sur 2016-2017. Le lancement de la 1ère tranche de travaux, qui permettra de climatiser la totalité des unités de soins du court séjour et les urgences d’ici à juillet 2016, vient d’être validé ».
 
L’avancée des travaux
Concernant l’avancée des grands travaux et le programme pluriannuel de modernisation 2013-2020 pour un montant de 44 millions €, les travaux de reconstruction de l’unité de reconstitution centralisée des cytotoxiques (URCC) sont terminés. Ceux de mise aux normes de sécurité électrique et incendie sont en cours et doivent se terminer fin 2017.
Les travaux de modernisation du bloc débuteront au dernier trimestre 2016 et dureront jusqu’à début 2019. « Au final, le bloc regroupera, au même niveau et en contigüité, le bloc opératoire, le bloc d’accouchement et le bloc pour les césariennes, le tout au même niveau que les soins intensifs de néonatalogie en conformité avec les normes de centre périnatal de niveau 2B », précise le directeur.
Les travaux concernant les nouveaux soins de suites et de réadaptation sont en phase d’achèvement, ainsi que le nouveau bâtiment administratif.
Les travaux relatifs aux secteurs urgences, dialyse et psychiatrie sont prévus sur la période 2018-2020. Des travaux d’amélioration seront réalisés d’ici là en concertation avec les équipes concernées.
L’aide accordée par la ministre de la santé permet de climatiser la totalité des étages d’hébergement non rafraîchis et le service des urgences. Les travaux porteront, à la fois, sur le rafraichissement de l’air et sur l’isolation des fenêtres avec la pose de nouvelles menuiseries extérieures isolantes et développement durable.
 




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