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Hôpital d’Ajaccio : L’attribution du marché fait des vagues


le Mercredi 18 Décembre 2013 à 21:34 | Modifié le Mercredi 18 Décembre 2013 - 21:46


Au cours des prochaines années, la construction du nouvel hôpital d’Ajaccio sur le site du Stiletto pourrait bien être attribuée à un groupe Italien, la société INSO. Il s’agit d’un appel d’offre à hauteur de 91 millions d’euros. La candidature des deux grandes structures françaises n’a pas été retenue. La colère des chefs d’entreprises de l’île commence à se faire entendre.




Depuis plusieurs années, la commande publique est orientée à la baisse et bon nombre de grosses entreprises française comme Vinci et Fayat s’étaient portées candidates sur ce marché de l’hôpital. Le futur chantier, annoncé officiellement par le maire d’Ajaccio il y a quelques semaines est en train de provoquer l’ire des entrepreneurs insulaires. En effet, l’attribution du marché semble poser problème et pas plus tard que mardi, la commission 
d’appel d’offre aurait choisi une société Italienne pour la construction du futur établissement hospitalier.

La mise en cercueil du BTP Corse

Ce qui n’a pas l’heur de plaire aux chefs d’entreprises corses qui ont aussitôt réagi, à l’image de François Perrino, président du BTP : « Il y a des entreprises qui ne jouent pas le jeu. Elles arrivent sur le marché en cassant les prix. Il est difficile d’accepter cela. »
Même son de cloche de la part du BTP de Haute-Corse au sein duquel, Dominique Antoniotti s’est longuement entretenu avec son homologue de Corse-du-Sud pour crier au scandale. Les deux présidents ne vont certainement pas en rester là, tant s’en faut. On peut raisonnablement parler d’un état de crise qui s’empare du bâtiment insulaire, lequel va sans doute descendre dans la rue pour crier au scandale. Aussi bien pour la façon dont la commission du Ministère de la Santé a traité ce dossier que pour la situation de crise qui frappe la profession, littéralement au bord de l’asphyxie.

Les entreprises locales au bord de la rupture

A l’origine, tout a été fait correctement à partir de la conception du projet du nouvel hôpital d’Ajaccio. Les services techniques du Ministère de la Santé ont fixé le montant total de l’opération à 91 millions d’euros. A l’ouverture d’offre, ce sont cinq grandes structures à fort potentiel qui ont été retenues, parmi lesquelles deux Françaises (Vinci et Fayat), une Belge et deux Italiennes.
C’est la multinationale Italienne INS0 qui a retenu l’attention des décideurs du ministère de la Santé. Deux étaient hors de prix, l’écart entre les grandes sociétés étant faible, car proche des 500 000 euros. Ce serait donc INSO qui reste le meilleur enchérisseur avec un projet à 84 millions d’euros. Le meilleur projet au prix le plus intéressant, la Commission aurait donc porté son choix sur la société Italienne.
C’est là qu’interviennent les représentants du BTP insulaire. François Perrino estime pour sa part : « Nos entreprises sont adossées aux grandes structures françaises et nous pensions très sincèrement, compte tenu de la crise, qu’un grand groupement français serait retenu. Que vat-t-il se passer maintenant ? S’il faut descendre dans la rue, nous le ferons, rien ne pourra nous arrêter. Nous sommes à l’asphyxie, le bâtiment va mal et voilà ce qu’il nous arrive. » 
En clair, la société INSO bénéficie du marché. Compte tenu de son offre, elle se doit de faire d’énormes économies. Sur quoi va-t-elle les réaliser ? Sur la main d’œuvre naturellement. « Avec des entreprises locales ? Au risque pour nous de devenir sous-traitants, c'est-à-dire accepter leur prix ? Ou plutôt avec des « charters » de travailleurs étrangers sous payés ? » La question est posée par François Perrino. Et de poursuivre : « bon nombre 
de nos entreprises sont au bord du dépôt de bilan. Il semble de plus en plus difficile pour elles de tenir le coup. Il y a réellement un certain ras-le-bol qui s’empare de nos entreprises. 
Rien n’avance et dès qu’il se présente quelque chose de positif, il y a volte-face. Dès lors, nous sommes des maffieux, notre argent est sale, etc. Lorsqu’on veut tuer son chien, on lui trouve toujours la rage. Le véritable ballon d’oxygène que représentait ce projet s’envole. 
Nous sommes au bord de la cessation. On nous enlève le pain de la bouche. Voilà où nous en sommes. Je le répète, s’il nous faut descendre dans la rue, nous descendrons. Une chose est sûre, nous restons plus que jamais vigilants. »
J. F.



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