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Hommage à Fred Scamaroni à Ajaccio


Rédigé par le Jeudi 19 Mars 2015 à 23:54 | Modifié le Vendredi 20 Mars 2015 - 09:09


Jeudi a eu lieu à Ajaccio la cérémonie hommage au grand résistant Fred Scamaroni. Dès l’arrivée de Christophe Mirmand, préfet de Corse et des personnalités qui l’accompagnaient, la cérémonie a commencé par les honneurs.


Famille de Fred Scamaroni / Photo Marilyne SANTI
Famille de Fred Scamaroni / Photo Marilyne SANTI
Les dépôts de Sonnerie aux Morts, la minute de silence et la Marseillaise ont mis un terme à la cérémonie.
Le préfet de Corse et les personnalités présentes ont été conviés par le directeur de l’ONAC de la Corse-du-Sud, Jacques Vergellati, à venir saluer les porte-drapeaux, les délégations d’associations d’anciens combattants et les autorités civiles et militaires au son  de la  Garde consulaire à Marengo.
 

Poème de Paul Eluard lu par Annabelle Coti élève de terminale au lycée Fesch

Photo Marilyne SANTI
Photo Marilyne SANTI
La nuit qui précéda sa mort
Fut la plus courte de sa vie
L'idée qu'il existait encore
Lui brûlait le sang aux poignets
Le poids de son corps l'écœurait
Sa force le faisait gémir
c'est tout au fond de cette horreur
Qu'il a commencé à sourire
Il n'avait pas UN camarade
Mais des millions et des millions
Pour le venger il le savait
Et le jour se leva pour lui

Hommage à Fred Scamaroni de Malika Beaurain membre du bureau de l’ANACR2A.

Photo Marilyne SANTI
Photo Marilyne SANTI
Godefroy Scamaroni surnommé « Fred » naît le 24 Octobre 1915 à Ajaccio, issu par son père d’une famille bonifacienne et par sa mère de la famille De Peretti à Levie.
Le père de Fred, de Marie-Claire et d’Annick, est avocat. Pendant la première guerre mondiale il a contracté la typhoïde et a été démobilisé. En 1917, il devient sous-préfet à Ussel .Sa famille le suit...
Fred fait ses études primaires à Saint Brieuc puis au collège de Brive. Il devient lycéen à Charleville-Mézières, dans les Ardennes... Après avoir obtenu son Baccalauréat à Paris il y étudie le droit...Il embrasse alors la carrière préfectorale.
Nous sommes en 1933 ...
En 1936, en tant que chef de cabinet du préfet, il est déplacé à Caen dans le Calvados ...
Après la mort de son père, survenue le 1 Février 1938, Fred, devient le « chef de famille ».Néanmoins, la guerre déclarée, il refuse son affectation spéciale à l’arrière et rejoint le 119 ème Régiment d’Infanterie basé à Cherbourg ...Devenu aviateur, et bien que blessé, il parvient à embarquer à St Jean-de-Luz le 21 juin 1940 pour répondre à l’appel du Général De Gaulle.
Son arrestation lors de la malheureuse opération de Dakar, sa condamnation à mort, son évasion inaboutie, son emprisonnement à Alger puis à Clermont-Ferrand, rien ne l’avait dissuadé, une fois libéré, de diriger tout au long de l’année 1941, un réseau de renseignements pour la France Libre.
L’année suivante, de nouveau en Angleterre, il organise différentes opérations de liaison et de renseignement...Il fait, très rapidement, partie du premier cercle des Forces Françaises Libres du Général De Gaulle qui le charge de mission en Corse, son ile natale.
Les Objectifs que Fred s’était donnés ...
-tout d’abord développer, organiser et hiérarchiser les groupes de la Résistance en Corse...
-Etablir un contact radio permanent entre la Corse et Londres...
-Approvisionner les maquisards en armes...
-Unifier toute la Résistance de l’ile...
En 1943, Fred Scamaroni est à l’origine de la création d’un réseau de renseignements, le fameux réseau R2....mais l’O.V.R.A., la police politique des fascistes italiens, établie en Corse depuis le 11 novembre 1942, traque les résistants !
Victime d’une trahison, il est, malheureusement, arrêté dans la maison Vignocchi, place Marcaggi, le 18 Mars 1943, à 1 heure du matin. 18 autres combattants sont emprisonnés à ses côtés dans la citadelle d’Ajaccio.
Torturé, brulé au fer rouge, à bout de force, afin de protéger ses compagnons et ne dénoncer aucun de ses amis Résistants, il se donne la mort, 2 jours plus tard, dans sa cellule.
« Tu diras à ma mère, à mes sœurs, que ce n’est pas très dur de mourir et que je meurs content » furent ses dernières paroles.
Il avait 29 ans !
2015 ... Les pages de la vie continuent de tourner... mais plus que jamais, tout appelle à inscrire nos pas sur le chemin tracé par Fred
Scamaroni et ses compagnons, afin que vivent la liberté, l’égalité et la fraternité.
C’est la réponse que la Résistance opposa, en son temps, au fascisme et au nazisme.
Ce sont ces mêmes principes, qui sont au cœur de la République et de notre Démocratie, que nous devons opposer aujourd’hui, résolument, aux terroristes afin de ne pas les laisser attiser et répandre la haine, la mort et la barbarie...
Le sacrifice des martyrs nous le commande...
C’est à Marie-claire Scamaroni, sa sœur ainée, grande Résistante, elle aussi, que j’emprunte ces mots pour conclure. Elle écrit :
« Dans la nudité de la fosse commune où il a été jeté, brisé par les tortures, il est habillé de l’éclat de la ferveur de vivre, dans l’amour de la France.
Il a redonné son véritable sens de « combat » au mot « agonie », en homme responsable de sa dignité ultime.
Pour toujours il est mon jeune frère qui, un soir de printemps, a déposé son cœur enchanté.
Pour toujours et pour les siens, il est, à jamais, dans nos cœurs : Fred Scamaroni »
 




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