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Guerre 14-18 : Bastia rend hommage aux 48 000 Corses mobilisés


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 1 Août 2014 à 22:41 | Modifié le Lundi 4 Août 2014 - 15:22


Le 1er août 1914 à 15h45, la France décrète la mobilisation pour ce qui deviendra la 1ère guerre mondiale. 48 000 Corses, dont beaucoup devancent l’appel, sont mobilisés. Près d’un quart d’entre-eux ne reviendront pas. La municipalité de Bastia a tenu, cent ans après, à leur rendre un hommage particulier, plein d’émotion, sur la place du Donjon où l’ordre a été reçu. Cette commémoration solennelle inaugure une série de manifestations qui s’étaleront jusqu’en novembre. Extraits des discours en vidéo de Gilles Simeoni, maire de Bastia, et de Philippe Peretti, historien et adjoint au patrimoine.


Le maire de Bastia, Gilles Siméoni, entouré des officiels civils et militaires.
Le maire de Bastia, Gilles Siméoni, entouré des officiels civils et militaires.
C’est en présence des autorités civiles, militaires et religieuses, du représentant du préfet, des associations des anciens combattants, du président du conseil général et de nombreux maires et conseillers généraux du département de Haute-Corse que la ville de Bastia a commémoré le centenaire de la mobilisation de la guerre de 1914-1918, vendredi soir, place du Donjon au cœur de la Citadelle, devant le Palais des gouverneurs. C’est sur cette même place que le dimanche 2 août 1914, le lieutenant-colonel Chatillon, commandant le 173ème régiment d’infanterie reçoit le télégramme lui donnant l’ordre de mobilisation lancé la veille à Paris. 48000 Corses sont mobilisés. Un quart devancent l’appel et s’engagent alors qu’ils ne seront que 7% sur le territoire national. Plus de 11000 ne reviendront pas. Un lieu, donc, hautement symbolique et plein de mémoire pour un hommage aux soldats corses que le maire de Bastia, Gilles Simeoni, a voulu empli de symboles, d’émotion et de recueillement. Un devoir de mémoire et de gratitude « envers ceux qui se sont battus pour défendre les idéaux de liberté » qu’il avait décidé de rendre, deux mois avant l’annonce du gouvernement de commémorer cette date.
 
Un hommage collectif
En ouverture de la cérémonie, est lu un extrait du Journal de guerre de Sylvestre Martini, mobilisé à Bastia comme caporal aux 373ème et 173ème régiments d’infanterie, où il raconte son départ de l’île. Ensuite, l’adjointe à la culture, Mattea Lacave, récite, in lingua nustrale, quelques vers du Lamentu di a guerra di 14. Puis, d’une voix émue, l’historien et adjoint au patrimoine, Philippe Peretti, retrace les faits et l’atmosphère de ce début de guerre (cf vidéo). A sa suite, Gilles Siméoni décrit l'enthousiasme et le courage des Corses partant au front, l’enfer des tranchées, le lourd prix payé par l'île et le nécessité de leur rendre hommage (cf vidéo). « Voilà le premier hommage qu’il était de notre devoir impérieux de rendre, aujourd’hui. Non pas seulement à un ou plusieurs héros dont l’histoire a retenu le nom, non pas seulement aux glorieux régiments que furent le 173ème RI , le 373ème RI, ou le 116ème RT. Un hommage collectif, à tous ceux dont les noms sont gravés sur les monuments aux morts de chaque village de Corse. Les anonymes, les humbles, ceux qui, tellement nombreux, risquent d’être oubliés dans leur humanité singulière par les livres d’histoire, qui, avec le temps qui passe, finissent par ne plus retenir d’eux que le nombre qu’ils représentent », explique-t-il.
 
Les chants des tranchées
Enchaînant, le secrétaire général de la Préfecture, Mr Rampon, représentant le Préfet parti en vacances, rappelle les circonstances de la mobilisation et le coût humain de cette guerre. « La France a perdu 1,4 million d’hommes. En Corse, 11325 ne reviendront pas. Le prix du sang fut particulièrement très lourd ». Puis, la sonnerie aux morts retentit. Suivi, après une minute de silence, par un très court extrait de l’hymne national La Marseillaise et trois chants « choisis pour leur puissance d’évocation ». D’abord, le chemin des Dames, interprété in lingua nustrale par Patrick Croce, puis le Libera Me interprété par des confrères de Bastia et du Nebbiu, enfin l’hymne corse, le Dio vi salvi Regina, que les soldats corses chantaient souvent dans les tranchées, les dépôts et les hôpitaux. L’émotion est palpable dans l’assistance et chez les anciens combattants.
Puis, les officiels visitent le lieu de mémoire du major Limongi, situé sur la même place, et signent le Livre d’or de la ville de Bastia, avant de clore cette première cérémonie du souvenir dédiée à la grande guerre. Elle inaugure toute une série de manifestations, conférences, projections de documentaires…, organisées ou soutenues par la municipalité, qui s’étaleront de septembre à décembre.
 
N.M.

Extraits du discours en vidéo de Gilles Simeoni, maire de Bastia.


Extraits du discours en vidéo de Philippe Peretti, historien et adjoint au patrimoine.






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