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Gilles Simeoni et "l'évacuation" de la préfecture : "Le temps que j'arrive un autre ordre a été donné"


Rédigé par le Samedi 5 Juillet 2014 à 15:50 | Modifié le Samedi 5 Juillet 2014 - 22:01


Au lendemain de l'opération d'évacuation de la préfecture de la Haute-Corse, menée de façon musclée et brutale par les forces de l'ordre, l'on peut se poser la question de savoir pourquoi la journée de contestation menée à Bastia s'est achevée de la sorte ? Mais également d'où et pourquoi est venu l'ordre de faire "évacuer" la préfecture de Haute-Corse ?


Une occupation tranquille…
Une occupation tranquille…
Certes les socioprofessionnels étaient allés protester contre les effets de la grève de la SNCM en ordre dispersé mais ni dans un camp, celui des occupants pacifiques, du hall de la préfecture, ni dans l'autre, celui représenté par la délégation qui a été reçue par le préfet de Haute-Corse, nul n'était animé d'intentions belliqueuses.
D'ailleurs à voir les occupants installés à une table du hall et qui, pour tromper leur ennui mais pas leur motivation, ont passé le plus clair de leur temps entre le lieu de l'occupation et les grilles, fermées, à deviser avec les autres socioprofessionnels contenus de l'autre côté, on peut se demander qui aurait bien pu leur prêter d'autres intentions.
Et tout le temps que dura l'occupation, la direction de la sécurité publique a semblé faire peu de cas de leur présence.
Au deuxième étage de la préfecture, où se déroulait la rencontre entre socioprofessionnels et préfet, l'ambiance n'était pas plus tendue. 
Bref jusqu'à l'heure de la sortie de la délégation des socioprofessionnels marquée par l'arrivée d'une cinquantaine de personnes dans le hall préfectoral, il n'est rien survenu d'extraordinaire.
Sauf qu'une fois le calme revenu, et l'entrée de la préfecture rendue à ses occupants, les manifestants ont demandé la médiation du maire de Bastia Gilles Simeoni qui satisfaisait au même moment à ses obligations de maire dans le cadre d'une manifestation culturelle  à la Citadelle.

Il a raconté à Nicole Mari de Corse Net Infos comment il avait amené à ses manifester :"« J’ai été sollicité par les socio-professionnels qui souhaitaient ma médiation et ma présence sur les lieux pour quitter la préfecture dans le calme. J’ai confirmé aux Autorités que j’arrivais. Les Autorités m’ont confirmé qu’elles m’attendaient. Mais le temps que j’arrive, un ordre différent a, manifestement, été donné. L’ordre était d’expulser les socio-professionnels manu militari. Des femmes et des hommes d’un certain âge ont été brutalement molestés. C’est particulièrement regrettable et dommageable !  ».

A croire que le nom de Gilles Simeoni a servi de détonateur à la prise de décision.
Mais venant de qui ? Et d'où ? Et surtout pourquoi ? Et pourquoi autant de précipitation alors que les occupants, d'un certain âge, ne semblaient pas spécialement belliqueux ?
Pour éviter que le maire nationaliste de Bastia ne tire bénéfice des fruits d'une fin d'occupation pacifique ? 
On peut l'imaginer.
Mais si tel était le cas, à vouloir ainsi ôter un quelconque mérite à Gilles Simeoni, dont il n'est pas évident qu'il en ait pu tirer profit, pour se mettre à dos toute une région et sa population après des gestes unanimement condamnés, était-ce bien raisonnable ?
Si on avait voulu jeter de l'huile sur le feu,  on ne s'y serait pas pris autrement.
Aujourd'hui sur les réseaux sociaux les réactions sont vives et des campagnes anti-SNCM s'organisent.
Dans le même temps d'autres socioprofessionnels appellent à une manifestation lundi à 9 heures devant la préfecture de Haute-Corse. Ce sera une heure avant la réunion qui se tiendra à la chambre de commerce de Bastia.
D'ici là les voix qui s'élèvent pour demander le départ des deux préfets risquent d'être de plus en plus fortes !

Condamnations

Corsica Libera
"Corsica Libera tient à témoigner de sa solidarité à l'égard des socioprofessionnels corses violemment agressés hier par la police française, alors qu'ils procédaient à une action parfaitement pacifique. La même attitude avait d'ailleurs été adoptée par l'administration française il y a quelques mois à Corti, à l'égard des jeunes de la Ghjuventù Indipendentista.
L'Etat français fait en Corse ce qu'il n'envisage pas un instant à Marseille, ce qui devrait conduire certains de nos compatriotes à ouvrir les yeux. Enfin, Corsica Libera soutient la demande des socioprofessionnels relative au départ du préfet de la Haute-corse, que l'on pourrait d'ailleurs étendre au préfet dit "de région", dont les récentes déclarations ont aggravé une situation déjà tendue." 

Ligue des droits de l’Homme - Section de Corse
"La Ligue des droits de l’Homme condamne fermement  les brutalités policières commises contre des chefs d’entreprise qui occupaient pacifiquement  le hall de la préfecture à Bastia.

Elle demande que la lumière soit faite sur les responsabilités engagées dans ce déferlement de violences de certaines forces de l’ordre.

Plus que jamais, dans ce climat social gravement dégradé, elle en appelle au dialogue entre les différentes  parties concernées." 





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