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Gilles Simeoni, élu président du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 12 Décembre 2016 à 22:53 | Modifié le Mardi 13 Décembre 2016 - 00:50


Il est le premier président du tout nouveau Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate. Seul candidat en lice, le président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), Gilles Simeoni, a été élu, lundi matin, à la quasi-unanimité, sur proposition de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l'Energie et de la Mer, en voyage de trois jours dans l’île. Il explique les enjeux et les priorités de ce nouvel outil et exprime sa satisfaction devant les annonces faites par la ministre en matière d'énergie renouvelable.


Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), et président du tout nouveau Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate.
Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), et président du tout nouveau Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate.
- Vous venez d’être élu président du parc marin à la quasi-unanimité. Est-ce une satisfaction ?
- Oui ! Je suis, bien sûr, très heureux de cette élection qui s’est faite à l’unanimité. Plus que ma personne, je pense que les gens ont validé une méthode. Une méthode de travail collégiale, la volonté de faire travailler ensemble tous les membres du Conseil de gestion pour construire un projet collectif qui soit à la hauteur des enjeux.
 
- Quels enjeux ?
- L’enjeu est clair. Il est, à la fois, environnemental, économique, culturel et patrimonial. Je suis persuadé que Bastia, le Cap Corse et les Agriates peuvent, dans le cadre de ce parc naturel marin, développer un projet d’ensemble à haute valeur ajoutée dans tous ces domaines. Le Parc marin est un outil de défense de l’environnement, de préservation du milieu naturel, de mise en valeur de notre patrimoine culturel, matériel et immatériel. C’est, également, un outil de développement économique avec, au-delà de la représentation des élus qui est très importante, la représentation de tous les acteurs de terrain : les pêcheurs, les associations nautiques ou culturelles…
 
- Quelles seront les actions prioritaires à mener ?
- La priorité sera, dès le mois prochain, d’installer totalement le Conseil de gestion en élisant les vice-présidents et le bureau. L’état d’esprit est de faire, de ce parc marin, un outil au service de l’intérêt général, de dépasser les conflits d’usage qui peuvent, éventuellement, exister et, surtout, de ne pas instrumentaliser la structure dans le cadre de luttes politiques. Il faut véritablement que ce parc soit un outil au service de notre vision partagée du développement de Bastia, du Cap Corse et des Agriates.
 
- Ségolène Royal a fait beaucoup d’annonces, parfois inattendues. Sa visite marque-t-elle une grande avancée ?
- Oui ! Sans flagornerie, il faut saluer l’engagement de Ségolène Royal dans le dossier corse. Un engagement ancien puisque, dès les années 90, elle s’était prononcée contre le passage des pétroliers dans les Bouches de Bonifaziu. Il y a deux ans, lorsque j’étais maire de Bastia, elle est venue nous soutenir à l’occasion du passage du Costa Concordia. Lors de cette mobilisation, elle avait, d’une part, relancé, devant l’organisation internationale maritime, le débat sur l’instauration du Canal de Corse pour lutter contre les risques de pollution consécutifs au sur-trafic dans la zone. Elle avait, d’autre part, relancé le parc marin. Aujourd’hui, elle revient avec des engagements et des décisions concrètes.
 
- Vous avez signé, avec la ministre, un protocole d’accord pour l’arrivée du gaz naturel dans l’île. Est-ce l’aboutissement d’un long combat ?
- Oui ! Parmi ces décisions, Ségolène Royal a annoncé que l’alimentation énergétique de la Corse se fera par le gaz, sans période transitoire par le fuel. C’est énorme ! C’est, là aussi, l’aboutissement d’un très long combat qui dure depuis 25 ans. A l’époque, quelques centaines de militants, essentiellement nationalistes ou écologiques, se sont battus contre le Vazzio et contre le fuel lourd. Aujourd’hui, nous sortons de ce cycle-là pour entrer dans un cycle avec du gaz et avec la volonté de développer des énergies nouvelles renouvelables. Je crois que la Corse est en train d’ouvrir un nouveau chemin !
 
- La ministre a, également, lancé deux appels d’offres pour le développement
des énergies renouvelables. L’écodéveloppement est-ce une priorité ?
- Tout à fait ! Ce qui est intéressant dans les différentes annonces que vient de faire la ministre, c’est que celles-ci s’inscrivent dans une stratégie et une vision globales. J’ai dit, en ma qualité de président du Conseil exécutif, que la Corse a vocation à être un territoire pionnier en matière d’écodéveloppement. Nous allons, très bientôt, signer, à cet effet, une convention-cadre, non seulement avec le ministère et l’Etat, mais également avec les autorités communautaires européennes. L’objectif est d’élaborer, dans toutes nos politiques, qu’il s’agisse de l’énergie, de la gestion de l’eau, de la mise en valeur de nos différentes ressources naturelles, des transports ou des infrastructures, de véritables démarches innovantes en matière de développement durable. Singulièrement, bien sûr, sur la question des déchets et de l’économie circulaire qui sont des enjeux essentiels. Là aussi, la ministre nous a apporté des engagements concrets et des financements.
 
- Egalement, côté transports ?
- Bien évidemment ! Nous travaillons à l’inter-modalité, au développement de moyens de transports alternatifs dans le cadre d’une vision globale de la Corse. Nous sommes véritablement au début d’une ère nouvelle. Nous avons, maintenant, des moyens à notre disposition, il nous reste à les utiliser, à travailler. Des chantiers importants nous attendent !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

La défense du patrimoine naturel : Un long combat nationaliste
Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse : « Depuis l’affaire des boues rouges des années 1972-1973, « e fanghe rosse », qui fut une des premières prises de conscience environnementale en Méditerranée, nous connaissons la valeur de notre patrimoine naturel, mais aussi le prix à payer pour le défendre... « Le Dieu argent, voilà le premier terrorisme » nous a dit le Pape François en août dernier. Il en est de même en Corse où les combats juridiques et parfois clandestins menés au nom de l’environnement, du libre accès de chacun à la mer et au littoral, se sont heurtés à la toute-puissance de l’argent et parfois même, Madame la Ministre, à la complaisance des services de l’Etat. La violence dont les Corses furent accusés ne fut pas un choix mais un recours contraint, un recours qui conduisit notre jeunesse à de lourds sacrifices. Les Corses nous ont élus il y a un an et nous avons commencé à écrire un nouveau chapitre, plus apaisé, du livre de la Corse. Pour autant, nous n’effacerons pas, nous n’oublierons pas, les chapitres précédents. Dès lors, comment ne pas se féliciter d’installer ensemble le Parc marin du Cap corse ? Seule véritable terre de marins, elle bénéficiera dès aujourd’hui d’une institution dont l’objectif, partagé par tous les acteurs du territoire, sera de procéder à la protection du milieu naturel et à sa mise en valeur afin de transformer ce que la nature nous a offert, en ressource pour le développement de notre île. Tel est l’esprit des quarante années de combats pour la nature et pour la culture qui furent menés en Corse ».
 
Bastia, porte d’entrée du Parc Marin
Pierre Savelli, maire de Bastia : « Bastia va tout faire pour mériter son statut particulier de porte d’entrée du Parc Marin… qui prend sa source dans une conviction profonde de son rôle moteur essentiel en tant que Ville Maritime, Ville Méditerranéenne et Ville Durable…. Et parce que Bastia, sous l’impulsion de la majorité municipale, entend reconquérir sa façade maritime, nous aurons à cœur de mener chaque projet infrastructurel ou structurel dans l’impérieux besoin de ne jamais sacrifier l’espace naturel que nous aurons à léguer à nos enfants… Parallèlement, nous entendons profiter des forces vives que compte la Cité, aussi bien les professionnels du tourisme et de la plaisance que les associations sportives et culturelles tournées vers la mer… Et capitaliser, puis dynamiser toutes les potentialités d’une coopération transfrontalière féconde avec l’archipel toscan et l’Italie continentale ».



 



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