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Gilles Simeoni : « Nous savons que nous pouvons gagner ! Toute notre énergie doit être concentrée sur cet objectif »


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 19 Octobre 2015 à 00:46 | Modifié le Lundi 19 Octobre 2015 - 01:52


C'est à l’université de Corte dans un amphithéâtre comble que les Nationalistes modérés de Femu a Corsica ont présenté leur liste pour les élections territoriales des 6 et 13 décembre prochains. Largement renouvelée et rajeunie, la liste se compose de 8 conseillers sortants, 7 maires, un conseiller départemental, 10 adjoints ou conseillers municipaux, de militants et de personnalités d’ouverture. L'enjeu pour les Nationalistes modérés est d'arriver en tête au soir du 1er tour pour créer une alternative et faire tomber un système qu'ils ne cessent de fustiger. Explications, pour Corse Net Infos, de Gilles Simeoni, tête de liste, leader d'Inseme per a Corsica, maire de Bastia et conseiller territorial sortant.


Gilles Simeoni et Jean Christophe Angelini entourés de leurs colistiers et des militants.
Gilles Simeoni et Jean Christophe Angelini entourés de leurs colistiers et des militants.
 
-  Comment définissez-vous votre liste ?
- C’est une belle liste ! Je suis fier et heureux de pouvoir la conduire. C’est une liste très largement renouvelée à l’image d’une Corse qui se bat pour se développer sur le plan économique et faire vivre l’intérieur. Une liste, aussi, à l’image de Femu a Corsica, à la fois, inscrite dans le fil historique de la lutte du peuple corse pour son droit à la vie et ouverte sur la société corse dans son ensemble. C’est une liste très équilibrée au niveau des territoires et diversifiée au niveau des compétences dans de nombreux secteurs d’activités, avec une inclinaison marquée sur l’économique et le social.
 
- Pourquoi une telle inclinaison ?
- Nous pensons que s’il faut continuer à défendre les revendications historiques et fondamentales du nationalisme et les faire aboutir, c’est le cœur de notre identité politique, nous devons, pour nous inscrire dans une volonté de construction nationale, nous appuyer sur les forces vives de ce pays. Pour porter un projet d’émancipation, il faut être dans le concret, notamment dans la dimension économique et sociale qui est indispensable.
 
- La présence de l’économiste Nanette Maupertuis à la 2nde place est un signal fort que vous voulez donner ?
- Tout à fait. C’est un signal fort vers l’université et la jeunesse. Nanette représente, à la fois, l’ancrage historique dans le nationalisme puisqu’elle a toujours été très impliquée dans tous les combats, la compétence et l’excellence dans le domaine économique. Elle est professeur des universités, en charge du développement économique régional qui est au cœur de notre problématique. Elle a montré dans son intervention que la Corse est partie prenante d’un environnement européen et international en pleine mutation et est confrontée à des enjeux qui participent à la dynamique mondiale : la transition écologique, la gestion des déchets, la préservation de l’environnement, la gestion des ressources hydrauliques... Ce sont des problématiques que nous devons prendre à bras le corps parce qu’elles conditionnent la construction de ce pays. La présence de Muriel Fagni, cadre à pôle Emploi, en 6ème position montre, également, notre volonté d’être dans une démarche très opérationnelle.
 
- La présence de Guy Armanet, maire de Santa Maria di Lota, en 13ème position est-elle liée à la crise qui déchire la CAB (Communauté d’agglomération bastiaise) ?
- Non ! Sa présence n’a aucun lien avec la crise de la CAB, mais avec la relation politique que nous avons construite au sein de la CAB. Je connais Guy Armanet depuis plus de 30 ans. Nous avons joué au football ensemble. Comme beaucoup de Corses de la même génération, quelques soient nos idées, nous avons beaucoup de souvenirs communs. Une des richesses de la société de proximité, qui est la nôtre, est de construire des relations qui transcendent la politique. Guy Armanet, qui vient de la classe politique traditionnelle, garde ses convictions, mais se reconnaît dans la démarche de construction que nous voulons impulser. Je suis heureux qu’il s’implique dans cette liste, comme s’impliquent d’autres personnes qui ne viennent pas du nationalisme.
 
- Est-ce le cas, également du maire de Viggianellu, Joseph Pucci, en 17ème position ?
- Oui ! Nous avons beaucoup travaillé, notamment sur la question des déchets. En Corse, aujourd’hui, des convergences très fortes se construisent, de façon naturelle, tout simplement parce que nous sommes nombreux à partager les mêmes valeurs, à vouloir vivre ici, développer notre économie, renforcer la solidarité sociale, sauver les villages, défendre l’agriculture, protéger notre foncier, faire vivre notre langue et notre culture... C’est ce que j’appelle : un projet national, d’autres parlent de : logique de développement. L’important est le contenu qu’on donne et le chemin qu’on choisit d’emprunter ensemble.
 
- Vous avez évoqué les tensions autour de la construction de la liste et regretté les absents. La genèse a-t-elle été difficile ?
- Il y a eu des difficultés, comme il y en a toujours. Cette fois-ci, peut-être un peu plus à cause de deux phénomènes. D’abord, des gens, qui nous sont proches politiquement, ne se sont pas impliqués, en début de campagne, dans la démarche, ce que je regrette. Nous restons proches au plan humain et politique. Continuer à travailler ensemble, dissiper les malentendus et se retrouver sera une priorité dans les semaines et les mois à-venir. Je ne doute pas que cela se fera de façon naturelle parce que, sur l’essentiel, nous sommes d’accord. Ensuite, quand on a la chance de disposer de beaucoup de femmes et d’hommes compétents, déterminés et désireux de s’impliquer mais de seulement 51 places sur une liste, certains, qui ont toutes les qualités pour être retenus, ne le sont pas. Cela crée de la déception, voire de la frustration. C’est humain, mais il faut dépasser ce stade pour se consacrer à l’essentiel, à une démarche claire, celle de Femu a Corsica.
 
- Vous vous présentez comme l’alternative à l’Exécutif sortant. Pensez-vous l’incarner ?
- Oui ! Il y a, en Corse, une volonté largement partagée de construire une alternative. Femu a Corsica a vocation à être la force motrice de cette alternative. Toute notre énergie doit être concentrée sur cet objectif : gagner ! Nous pouvons gagner ! Nous allons gagner, si les Corses le décident ! Pas seulement gagner au plan électoral, mais aussi réussir au plan politique. La situation, en Corse, est tellement complexe et difficile qu’il est évident que cela ne peut pas être la victoire d’une famille politique sur une autre ou contre une autre. Il faut aller chercher des femmes et des hommes dans toutes les familles politiques pour les associer à un projet très opérationnel. Je crois que c’est possible et que c’est, fondamentalement, ce que les Corses attendent.
 
- Pensez-vous sortir en tête au soir du 1er tour ?
- Oui ! Il appartiendra aux Corses de décider en leur âme et conscience ce qu’ils veulent faire de ce pays. Au-delà des programmes politiques et des déclarations plus ou moins de circonstance, les choses sont extrêmement claires : il y a deux choix. D’un côté, le choix d’un système en place jusqu’à aujourd’hui et qui espère être reconduit. Ce système est, fondamentalement, dans sa façon de fonctionner, dans sa relation à la politique et dans ses dérives, incompatible avec la Corse démocratique et émancipée que nous voulons construire. De l’autre, le choix que propose Femu a Corsica. C’est un choix de clarté, un chemin d’émancipation, la volonté de construire avec les femmes et les hommes de ce pays une Corse debout, démocratique, émancipée et développée sur le plan économique et social.
 
- L’enjeu, pour vous, des Municipales était de faire tomber la citadelle zuccarelliste, l’enjeu premier des Territoriales est-il de faire tomber le système giacobbiste ?
- Oui ! L’enjeu premier est, effectivement, de battre un système qui est en place depuis des décennies. Après 50 ans de lutte, existe, aujourd’hui, la possibilité de construire démocratiquement une alternative autour des thèmes qui, portés par les Nationalistes, sont largement partagés par la majorité du corps social insulaire. C’est un enjeu historique ! Nous savons que nous pouvons gagner ! Ce ne serait pas seulement la victoire de Femu a Corsica ou des Nationalistes, mais de tous ceux qui ne veulent plus d’une certaine façon de faire de la politique. Cet enjeu concerne les gens qui souffrent du chômage, qui n’arrivent pas à accéder à un logement, qui sont soumis à un chantage permanent pour accéder à un poste dans la fonction publique ou à un HLM ou pour pouvoir vivre dignement de leur travail dans un village. Il concerne le maire qui sait qu’il obtiendra sa subvention uniquement s’il vote comme on lui demande de voter. Pour tous ces gens-là et avec ces gens-là, nous allons changer les choses !
 
- Quels types d’alliances envisagez-vous au 2nd tour ?
- D’abord, il y a le 1er tour. Chaque vote, qui se portera sur Femu a Corsica, se portera sur une démarche démocratique qui a vocation à construire l’alternative. Pour nous, l’objectif est d’être en tête au soir du 1er tour. Si les Corses décident de nous placer en tête, nous proposerons un contrat politique clair avec des objectifs de court, moyen et long termes. Nous le proposerons aux autres Nationalistes et à l’ensemble des forces politiques, à gauche et à droite, qui, pendant la campagne, auront dit clairement qu’elles partagent un certain nombre de points fondamentaux que nous mettrons en débat. Les choses se feront, si elles peuvent se faire. Reste aux Corses à décider ! Nous allons dans cette élection, non pas avec des promesses, des pressions, du chantage à l’emploi, au logement et aux subventions, mais avec la force de nos convictions et de notre idéal.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Les 51 candidats de la liste Femu a Corsica.
Les 51 candidats de la liste Femu a Corsica.
La liste « Femu a Corsica » :

1- Gilles Simeoni - Maire de Bastia - Conseiller territorial - Vice-Président de la CAB - Avocat
2- Marie-Antoine Maupertuis - Professeur des Universités - Economiste
3- Jean-Christophe Angelini - Conseiller territorial – Conseiller municipal de Purti Veccju - Chef d’entreprise 
4- Nadine  Nivaggioni - Conseillère territoriale – Cadre formateur AFPA
5- Jean Biancucci - Maire de Cuttuli-Curtichjattu - Conseiller territorial - Vice Président de la CAPA - Artisan
6- Muriel Fagni - Cadre Pôle Emploi 
7- Saveriu Luciani - Conseiller territorial - adjoint au Maire de Ghisonaccia - Vice président d’Interco - Professeur de Corse
8- Agnès Simonpietri  - Conseillère territoriale - Artisan
9- Hyacinthe Vanni - Conseiller territorial - Technicien 
10- Fabienne Giovannini - Conseillère territoriale - journaliste
11- Jean-Félix Acquaviva - Maire de Lozzi – Président de l’Association des élus de montagne – Directeur OTC
12- Vanina Borromei - Chef d’entreprise 
13- Guy Armanet - Maire de Santa-Maria di Lota - Vice-Président de la CAB - Commerçant
14- Anne-Laure Santucci : Enseignante – Responsable associative
15- Paulu-Santu Pariggi - Maire de Santa Lucia di Mercuriu - Professeur de Corse
16- Marie-Hélène Casanova - Avocate
17- Joseph Pucci - Maire de Viggianellu - Commerçant
18- Mattea Casalta - Commerçante 
19- Marcelu Cesari - Maire de Riventosa - Agriculteur 
20- Lauda Guidicelli - Psychologue clinicienne
21- Paul-André Colombani - Médecin
22- Juliette Ponzevera – Responsable secteur à la CORSSAD
23- François Bernardi - Infirmier
24- Antonia Luciani – Conseillère municipale d’Osani - Chargée d’études - Agence de l’urbanisme
25- Paul Simonpoli - Directeur de production
26- Nathalie Fantoni - Coordinatrice de centre social 
27- Paul Miniconi - Adjoint au maire d'Afa – Cadre administratif
28- Frédérique Guidoni-Densari : Responsable qualité
29- Pasquà Carlotti - Commerçant
30- Muriel Pantalacci - Responsable syndicat de propriété
31- Aurélien Maroselli - Officier Sapeur pompier
32- Julia Tiberi - Avocate
33- Benoit Fieschi - Entrepreneur
34- Paola Mosca - Enseignante 
35- Mathieu Ceccaldi - Premier adjoint au Maire de Marignana – Assistant de direction 
36- Marie-Paule Mondoloni – Juriste – Responsable associative
37- Jean-Joseph Cantelli - Prufessore di Corsu
38- Anne Tomasi  - Professeure de maths
39- Dumenicu Silvestri - Employé CFC
40- Marie-Jeanne Papi - Commerçante
41- François Croce - Adjoint au Maire de Lavatoghju - Agent EDF
42- Christiane Leonelli – Retraitée de l’Education nationale
43- Daniel Luccioni – Auteur réalisateur
44- Jeanne Stromboni - Conseillère municipale de Purti-Vechju - Assistante de direction 
45- Jean-Jacques Lucchini - Agriculteur 
46- Françoise Forcioli - Consultante en management
47- Jacques Luciani - Médecin 
48- Magalie Gozzi – Secrétaire de mairie – Exploitante agricole
49- Joseph Gandolfi - Conseiller départemental de Haute-Corse
50- Léa Antona - Étudiante 
51- Ghjacumu Thiers -Professeur des Universités - poète écrivain
 



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