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Gilles Simeoni : « Nous avons obtenu 2 trackers et 2 canadairs supplémentaires pour faire face à l’épisode venteux »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 27 Juillet 2017 à 20:00 | Modifié le Dimanche 30 Juillet 2017 - 14:58


C’est une victoire à l’arraché ! Lors de la session de l’Assemblée de Corse, le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, alerté sur les risques de reprise de l’incendie à Furiani et du fort épisode venteux qui s’annonce pour les quatre jours à-venir, a mis la pression sur le gouvernement en faisant adopter, en urgence et à l’unanimité, une délibération demandant de pallier les carences en moyens aériens. Des carences dénoncées il y a trois jours et responsables de l’étendue des dégâts causés par l’incendie de Biguglia et du Nebbiu. Fort de ce mandat, il a obtenu, après négociation avec le ministère de l’intérieur, un dispositif de six avions : 4 trackers pour le guet armé, dont deux pré-positionnés sur Solenzara, renforcés par deux canadairs sur Ajaccio. Explications, pour Corse Net Infos, de Gilles Simeoni qui espère pérenniser le dispositif au-delà de l’épisode venteux.


Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC).
Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC).
- Qu’est-ce qui a motivé cette pression sur le gouvernement ?
- Nous avons eu l’information, ce matin, en cours de session que l’incendie de Biguglia était en train de repartir, menaçait directement le village de Furiani et risquait de prendre une ampleur considérable. Ce risque a été objectivé par le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) qui a indiqué que, vu les conditions météo annoncées, notamment le renforcement du vent, si l’incendie n’était pas rapidement maîtrisé par des moyens aériens importants, ce feu pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Après le pic de lutte contre l’incendie de Biguglia, les moyens aériens sont repartis sur le continent. Ne restaient en Corse que deux trackers, le canadair étant cloué au sol. Selon le SDIS, c’était tout à fait insuffisant !
 
- Etait-ce la même situation de carence qui se répétait ?
- Oui ! Les deux SDIS, leurs présidents et leurs directeurs respectifs m’ont fait savoir qu’eu égard aux conditions de sécheresse exceptionnelle et à l’épisode de vent prévu pour les jours à-venir sur toute la Corse, l’insuffisance de moyens aériens nous plaçait dans une situation de risque extrême. Si, par malheur, un ou plusieurs incendies se déclaraient, nous aurions le plus grand mal à y faire face. Nous retrouvions exactement la même situation de carence qui a été dénoncée il y a trois jours.
 
- Qu’avez-vous, donc, décidé de faire ?
- Nous nous sommes tout de suite mobilisés. En accord avec les deux présidents du SDIS, j’ai exposé la situation à l’Assemblée de Corse et, à mon avis, les deux solutions possibles. Soit l’Etat nous donnait immédiatement des moyens aériens pour lutter contre l’incendie de Furiani et nous garantissait que, pour les quatre jours à-venir, des moyens pré-positionnés seraient disponibles pour couvrir les besoins, conformément aux documents opérationnels. Soit, nous prenions l’initiative de suppléer cette carence, si elle devait être avérée, en louant et affrétant des avions par nos propres moyens. J’ai proposé à l’Assemblée de voter une déclaration commune dans ce sens. Elle l’a fait à l’unanimité.
 
- Est-ce légal ?
- C’est une procédure atypique, mais qui est engagée au visa de l’urgence et de l’absolue nécessité, vu le risque majeur que court la Corse aujourd’hui. C’est aussi une façon de souligner que nous ne pouvons pas nous accommoder du déficit structurel que présente le mécanisme de lutte anti-incendie, notamment concernant les moyens aériens. Il ne s’agit pas de renforcer les moyens en Corse au détriment de ceux des régions du Sud de la France. Nous sommes tout à fait solidaires de ces régions qui font, elles aussi, face à des incendies, mais nous constatons que le dispositif actuel ne permet pas de faire face de façon satisfaisante à la réalité des risques. Cette délibération est appuyée par les deux présidents du SDIS et, au plan technique, par les deux directeurs du SDIS. Cette unité d’action est très importante.
 
- La mobilisation a payé …
- Oui ! Grâce à la mobilisation exceptionnelle de tous, nous avons obtenu une victoire importante en deux étapes. D’abord, un premier résultat concret avec le renforcement dans la journée des moyens aériens sur Biguglia et Furiani. Sont arrivés, à 15 heures, un canadair et, à 17 heures, un Dash, c’est-à-dire un bombardier d’eau. Restait l’inconnue de la période très dangereuse des quatre jours à-venir. Nous avons demandé à l’Etat d’activer le mécanisme de protection civile européenne. Les Italiens et les Européens ont confirmé au SDIS qu’un hélicoptère Air Crane, - le plus gros existant, d’une capacité de 10 tonnes -, pouvait être mis à disposition par la protection civile italienne, mais c’est l’Etat qui doit en faire officiellement la demande. Nous avons averti que si nous n’avions pas cette garantie, le SDIS 2B louerait un hélicoptère PUMA 4 tonnes, le seul disponible sur le terrain.
 
- Qui financerait la location de cet hélicoptère ?
- L’Assemblée m’a donné mandat pour engager un rapport exceptionnel afin de financer, en cas de besoin, la location de cet hélicoptère. L’objectif est de nous sécuriser pendant les quatre jours à risque où manque le minimum prévu par les textes pour protéger la Corse en termes de moyens aériens. Le coût s’élève à 228 000 € hors taxes pour 4 jours de présence et 20 heures de vol, au-delà il faudrait payer 10 000 € par heure de vol supplémentaire.
 
- Finalement, vous avez obtenu gain de cause sur toutes vos demandes …
- Oui ! Un peu avant 19 heures, le ministère de l’intérieur nous a annoncé qu’à partir de demain, il y aura sur l’île, outre les deux trackers déjà présents, deux trackers supplémentaires et deux canadairs pour intervenir rapidement en cas d’incendie pendant toute la durée de l’épisode venteux. Cela fait au total six avions, alors que ce matin nous n’en disposions que de deux : quatre trackers pour le guet armé, dont deux pré-positionnés sur Solenzara, renforcés par deux canadairs sur Ajaccio. C’est un contingent normal pour faire face à une situation aussi difficile que celle qui caractérise la Corse.
 
- Etes-vous satisfaits ?
- Oui ! Nous allons, maintenant, travailler pour que ces moyens aériens supplémentaires restent sur place aussi longtemps que nécessaire. A mon avis, ce sera une bonne partie de l’été, vu la situation de sécheresse exceptionnelle que nous vivons. Au-delà de l’urgence, il faut engager une réflexion sur l’insuffisance manifeste du système en termes de couverture aérienne. Nous avons besoin de moyens aériens propres positionnés dans l’île. Nous devons, enfin, réfléchir à des mécanismes de coopération européenne et inter-méditerranéenne beaucoup plus réactifs dans lesquels la Corse aura son mot à dire.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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