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Gilles Simeoni : « La Corse doit bénéficier d’un siège au Parlement européen »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 2 Février 2014 à 19:18 | Modifié le Mercredi 19 Février 2014 - 11:39


La motion demandant un siège de député réservé à la Corse au Parlement européen, présentée par l'élu territorial de Femu a Corsica, Gilles Simeoni, a recueilli la majorité des suffrages, vendredi soir, en clôture de session de l'Assemblée de Corse (CTC). La Gauche républicaine et les Communistes se sont abstenus. La droite était absente. Discutée le matin même, lors de la réunion du Comité stratégique, elle sera présentée, lundi, à Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, en visite à Ajaccio. Gilles Simeoni revient, pour Corse Net Infos, sur les raisons qui justifient cette motion.


Gilles Simeoni, conseiller territorial, leader de Femu a Corsica.
Gilles Simeoni, conseiller territorial, leader de Femu a Corsica.
- Quel est l’objet de votre motion ?
- Nous demandons que la Corse bénéficie d’un siège auprès du Parlement européen, c’est-à-dire qu’elle soit érigée en circonscription ou en sous-section de la circonscription de la région PACA à laquelle elle est actuellement rattachée.
 
- Pourquoi cette demande ?
- Comme nous sommes rattachés à la région PACA, la représentation de la Corse par un député européen est soumise aux aléas des négociations au sein des formations politiques nationales, voire européennes. Souvent, en fonction de rapports de forces et de logiques politiques qui nous échappent largement, nous ne réussissons pas à placer un Corse en position éligible sur une liste. C’est déjà arrivé à plusieurs reprises et cela risque d’arriver encore. Des mandatures entières se passent sans que la Corse ne soit représentée au Parlement européen !
 
- Est-il indispensable que la Corse soit spécifiquement représentée ?
- Oui. C’est une nécessité. Nous l’avons vu, notamment à travers le mandat de François Alfonsi et les bénéfices politiques qu’il a réussis à engranger, non pas au service de sa famille politique, mais au service de la Corse toute entière. Ne serait-ce que dans le cadre des zones rurales, le rapport sur la langue et dans tant d’autres domaines... Il y a, en plus, une logique politique. A partir du moment où la Corse est une collectivité territoriale d’ores et déjà à statut spécifique, qu’elle a vocation, aujourd’hui, à être reconnue de façon spécifique au sein de la Constitution, il est évident qu’il est totalement anormal que nous soyons noyés, dilués dans l’ensemble PACA. Il faut, impérativement, que nous soyons considérés comme une circonscription unique.
 
- Qui décide du nombre de circonscriptions ?
- C’est la loi nationale. Dans ce scrutin par circonscription, nous bénéficions, aujourd’hui, d’une opportunité de tir très intéressante. Par application du Traité de Lisbonne, la France passera, pour le prochain scrutin, de 72 à 74 députés européens. Elle aura, donc, deux députés européens en plus. Nous avons la possibilité de demander, notamment dans le cadre du processus de discussions en cours avec Paris, qu’un de ces deux nouveaux sièges soit attribué à la Corse. Grâce à cette augmentation mécanique du nombre de députés, la France peut attribuer un siège à la Corse sans priver personne de représentation.
 
- Qui attribuera les 2 sièges supplémentaires ?
- La loi électorale va le décider dans les semaines à-venir. C’est pour cela qu’il y a urgence.
 
- Sur quels critères ? Le volume de population ne rentre-t-il pas en compte ?
- Les 13 circonscriptions sont, en France, découpées de manière arbitraire et présentent, chacune, une unité en termes démographique. Je rappelle, néanmoins, que le Luxembourg, qui compte un peu plus de 500 000 habitants, a 6 députés européens.
 
- La Corse aurait-elle, donc, lors des élections européennes, un scrutin spécifique ?
- Oui, pour élire un député dans le cadre de sa nouvelle circonscription. Ce scrutin nous conserverait, aussi, la possibilité de discuter, dans le cadre d’accords nationaux ou de coalitions européennes, des places en position éligible sur les listes des différentes formations politiques. Ce qui augmenterait la représentation de la Corse au Parlement européen.

- Comment expliquez-vous que votre motion n’ait pas recueilli l’unanimité à la CTC ?
- J’espérais un vote à l’unanimité. Le fait que la motion ne l’ait pas obtenu semble cacher des calculs partisans et, peut-être, des craintes de la part de certains groupes politiques de voir ce siège leur échapper.
 
- Présenterez-vous cette demande à Marylise Lebranchu, lundi, à Ajaccio ?
- Tout à fait. Elle fera partie des éléments que nous allons discuter. De la même façon, nous allons demander qu’à l’occasion de la révision constitutionnelle, impliquée par la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires, soit intégrée la prise en compte spécifique de la Corse. Si l’Assemblée nationale adopte, en droit français, la Charte, ce vote va nécessairement conduire, dans les prochains mois, à la réunion du Congrès. Il faut profiter de cette occasion pour que soit consacrée la place de la Corse dans la Constitution.
 
- Le gouvernement oppose une fin de non-recevoir à toute demande de spécificité émanant de la Corse. Pensez-vous qu’il agréera celle d’un député européen ?
- Ce sera un test de la volonté politique du gouvernement vis-à-vis de la Corse ! Ce, d’autant mieux que le contexte juridique, du fait de l’augmentation du nombre de députés français, est totalement favorable à notre demande. Donner un siège à la Corse ne privera pas de représentation, ni ne diminuera la représentation d’aucune autre région ou circonscription française.
 
Propos recueillis par Nicole MARI



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