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Gilles Simeoni : « L’enjeu du vote des Territoriales est quel modèle de société voulons-nous pour la Corse ? »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 19 Novembre 2015 à 18:41 | Modifié le Jeudi 19 Novembre 2015 - 20:24


Actualité oblige, Femu a Corsica a consacré aux attentats de Paris, une grande partie de la présentation de son programme politique pour les élections territoriales des 6 et 13 décembre. Les Nationalistes modérés estiment que la situation exige deux réponses : une, nationale et à court terme, avec une lutte ferme contre l’islamisme radical et des mesures de surveillance stricte des foyers existants dans l’île ; une autre, locale et à long terme, avec un véritable débat de fond sur le modèle de société que veulent les Corses. Ce sera, explique, à Corse Net Infos, Gilles Simeoni, conseiller territorial sortant et leader de la liste Femu a Corsica, le véritable enjeu du vote de décembre. En vidéo, Jean-Christophe Angelini, conseiller territorial sortant, décline les priorités du modèle proposé par Femu a Corsica, un modèle inédit et immédiatement opérationnel.


Gilles Simeoni et Jean-Christophe Angelini, conseillers territoriaux sortants, entourés de certains de leurs colistiers et de militants de Femu a Corsica.
Gilles Simeoni et Jean-Christophe Angelini, conseillers territoriaux sortants, entourés de certains de leurs colistiers et de militants de Femu a Corsica.
- Vous réagissez aux attentats de Paris en disant que la Corse est directement concernée. De quelle manière, selon vous ?
- D’abord et avant toute analyse de fond, je tiens à exprimer, une nouvelle fois, notre douleur et notre compassion pour toutes les victimes des attentats de vendredi dernier. Nous sommes, bien sûr, tous bouleversés. Néanmoins, même si c’est encore le temps du deuil, est venu, aussi, le temps de la réflexion politique et des réponses de fond qu’il faut apporter aux défis que posent, aujourd’hui, l’islamisme radical et le fanatisme. Il faut dire clairement et fermement qu’ils sont un véritable fascisme et veulent imposer, par la force, un modèle de société, contraire à la démocratie, à nos valeurs fondamentales et au respect des Droits de l’Homme. Il faut combattre ce fascisme par tous les moyens, y compris par des réponses politiques de fond.
 
- Lesquelles ?
- La société corse doit, aujourd’hui, s’interroger sur le modèle de société qu’elle veut défendre et promouvoir avec, en filigrane, quelles réponses apporter pour marginaliser et faire disparaître l’islamisme radical et le fanatisme. C’est la raison pour laquelle nous proposons qu’il y ait, sur cette question, un véritable débat de fond, déconnecté du temps électoral. Ce débat a vocation à associer, non seulement l’Assemblée de Corse, mais l’ensemble des forces vives, le Conseil économique, social et culturel, l’université de Corse, la société civile toute entière… Il fera l’objet, dans les deux premiers mois de la nouvelle mandature, d’une session spécifique de l’Assemblée de Corse. Il est normal que la représentation élue de la Corse s’empare de ce débat de fond et répond clairement à la question suivante : « Quel modèle de société voulons-nous pour la Corse ? ».
 
- Quelle réponse apportez-vous à cette question ?
- Dans le cadre de ce débat, Femu a Corsica apportera ses réponses et cherchera à les faire partager par le plus grand nombre. Nous pouvons, d’ores et déjà, affirmer que nous voulons une société corse démocratique, construite sur les valeurs de respect des Droits de l’Homme. Nous voulons combattre fermement tous les intégrismes, rejeter tous les fanatismes, notamment l’islamisme radical, rejeter aussi le communautarisme. Nous entendons construire une société ouverte qui refuse les amalgames. Je tiens à rappeler que les gens, qui ont tiré sur la foule à Paris, ont tué, indistinctement, des femmes et des hommes, quelques soient leur couleur de peau, leur nationalité et leur religion. Nous ne sommes pas en guerre contre une communauté ou contre une religion. Nous sommes en guerre contre des fanatiques qui ont une vision pervertie et dévoyée de la religion musulmane.
 
- Des foyers de radicalisation islamique existent en Corse. Que faut-il faire face à ce danger latent ?
- Il faut être clair ! Les compétences pour y répondre, pour l’instant, appartiennent à l’Etat qui doit les exercer pleinement et rassurer la population. S’il ne le fait pas, il laisse la porte ouverte à l’inquiétude, à l’angoisse et même à des surenchères, voire à des rumeurs ou à des manipulations. Nous disons clairement que les autorités compétentes en la matière doivent, dans le respect des règles de confidentialité et de présomption d’innocence, communiquer clairement et rassurer, notamment, les Corses en leur confirmant que toutes les mesures de surveillance, de prévention et, éventuellement, de neutralisation sont prises, chaque fois qu’il y a un danger avéré de radicalisation islamiste. Le faire, c’est aussi se prémunir contre tous les risques de dérives et de tentation d’autodéfense qui sont absolument à proscrire en démocratie.
 
- A 17 jours du 1er tour de scrutin, ne craignez-vous pas que la peur, issue de ces attentats, n’impacte le vote et ne profite au Front National (FN) ?
- Il y a deux niveaux de réponse. Premier niveau : des attentats aussi graves avec leur cortège de drames, de catastrophes, de douleur… ont forcément un impact sur chacun d’entre nous.
Je vais essayer de convaincre les électeurs, les Corses, les citoyens qu’il faut combattre sans faiblesse l’islamisme radical, mais dans la force de la démocratie, dans un projet de société fédérateur et en rejetant tous les amalgames et toutes les dérives. Deuxième niveau : je peux comprendre l’inquiétude des gens qui ont quelquefois le sentiment que les réponses apportées ne sont pas à la hauteur de la gravité du problème. Raison de plus pour s’en emparer, pour apporter des réponses de fond, pour ne pas taire les difficultés, les problèmes et les risques quand ils existent et leur apporter des réponses justes, pas des réponses dans la démagogie ou la surenchère.
 
- Est-ce, selon vous, le cas du Front National ?
- A mon sens, les propositions et les analyses avancées par le Front National sont de très mauvaises réponses à de vrais problèmes. Il y a des moyens efficaces de combattre le fanatisme et l’islamisme radical. Cela passe par des décisions militaires, par des mesures de police et de justice, mais aussi par des propositions politiques en termes de modèle de société.
 
- Justement, vous lancez un appel aux Corses. Le vote du 6 décembre est-il, d’abord, un vote sur un modèle de société ?
- Tout à fait ! Nous avons, déjà, eu l’occasion de le dire avant les attentats de Paris puisque nous considérons que la Corse est à la croisée des chemins. L’urgence est partout, dans le domaine économique, social, culturel et politique. Nous avons dit que ces élections étaient fondamentales puisqu’elles impliquent, aussi, la recherche d’une véritable alternative que nous avons vocation à construire, à en être la force motrice. Le drame de Paris et ses suites nous imposent aussi d’avoir une réflexion de fond sur le modèle de société, notamment en termes d’intégration, dans lequel nous voulons vivre et dans lequel nous voulons que nos enfants grandissent. Ce sont des choix fondamentaux. Il faut les faire par le biais des débats et des décisions démocratiques.
 
- Le peuple corse reste-il, obligatoirement, pour vous, au cœur de ce modèle ?
- Oui ! Il faut aussi affirmer très clairement que le peuple corse doit être reconnu juridiquement. Nous avons une vision ouverte du peuple et de la nation corses dans laquelle le critère principal d’appartenance n’est pas fondé sur la religion ou sur l’origine, mais sur la citoyenneté culturelle, c’est-à-dire la volonté de vivre ici et de s’approprier, à la fois, la langue, l’histoire, la culture et le projet collectif porté par la Corse. Notre modèle de société respecte les libertés individuelles et les gens dans leur identité et dans leur religion. Le chemin existe pour construire un pays émancipé, apaisé et rassemblé. C’est pourquoi notre détermination a remporté cette élection et à construire une alternative au service de la Corse et du peuple corse reste intacte.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Jean-Christophe Angelini : « Nous proposons un programme applicable et opérationnel dès le mois prochain »

Ce programme, pour une mandature écourtée à deux ans en Corse, est basé sur trois priorités : la reconnaissance des droits fondamentaux du peuple corse, la construction d’une véritable démocratie et le riacquistu économique et social. Pour Femu a Corsica, qui se présente comme le moteur de l’alternative, l’enjeu est de construire un modèle inédit de société. Programme politique complet en ligne sur www.femuacorsica.com à partir du 20 novembre.
 



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