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Gilles Simeoni : « En décembre, la Corse aura rendez-vous avec l’histoire ! »


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 7 Octobre 2015 à 00:35 | Modifié le Mercredi 7 Octobre 2015 - 02:01


C’est à Corte, dans le hall de la faculté de droit, devant des militants venus de toute l’île, que Femu a Corsica a, enfin, officialisé sa candidature à l’élection territoriale des 6 et 13 décembre prochains et donné le top départ de son entrée en campagne. Comme en 2010, le maire de Bastia et conseiller territorial sortant, Gilles Simeoni, conduira la liste qui sera dévoilée d’ici à une quinzaine de jours, lors d’un meeting. Les Nationalistes modérés, qui se veulent la force motrice de l’alternative, entendent bien sortir en tête au 1er tour et rafler la mise au 2nd en unissant le mouvement national et les forces progressistes. Ils excluent toute alliance avec le système Giacobbi et la droite conservatrice. Explications, pour Corse Net Infos, de Gilles Simeoni.


Le maire de Bastia et conseiller territorial sortant, Gilles Simeoni, leader d'Inseme per a Corsica, entouré des conseillers sortants,  Jean-Christope Angelini, leader du PNC, Jean Biancucci, leader de la Chjama, Hyacinthe Vanni et Jean Félix Acquaviva, secrétaire général d'Inseme per a corsica.
Le maire de Bastia et conseiller territorial sortant, Gilles Simeoni, leader d'Inseme per a Corsica, entouré des conseillers sortants, Jean-Christope Angelini, leader du PNC, Jean Biancucci, leader de la Chjama, Hyacinthe Vanni et Jean Félix Acquaviva, secrétaire général d'Inseme per a corsica.
- Vous êtes les derniers à entrer en campagne, deux mois à peine avant le 1er tour du scrutin. N’est-ce pas un peu tardif ?
- Je constate que personne, chez nos concurrents, n’a, pour le moment, véritablement présenté sa liste. Si j’en juge par le degré de motivation, l’enthousiasme et l’impatience des militants, qui, ce soir, sont venus nombreux à Corte et, au-delà, par l’attente des Corses, notre entrée en campagne était, il est vrai, très attendue. Notre renforcement sur le terrain n’a cessé de croître. Nous allons vers les Corses avec des idées très claires, un projet, une stratégie affichée et un bilan excellent grâce à tout le travail que nous avons effectué depuis 2010. Nous sommes portés par notre idéal, notre détermination et la conscience aigue que, si nous faisons ce que nous avons à faire, en décembre, la Corse aura rendez-vous avec l’histoire.
 
- Les derniers mois ont bruissé de rumeurs de dissensions, et même de rupture de la coalition Femu a Corsica. Est-ce la cause de ce retard ?
- Chaque élection, qui se profile, traine son cortège de rumeurs, d’impatience et de crispation. J’ai plutôt eu l’impression que celles-ci ont été moins accusées que dans d’autres occasions. Nous avons essayé de construire une démarche la plus représentative possible de ce qu’est le peuple corse dans sa diversité, agrégeant chaque région, des expériences et des générations différentes. Nous avons la chance de pouvoir compter sur des centaines de femmes et d’hommes qui ont des compétences et la volonté de s’engager. Nous présenterons, dans dix ou quinze jours, une liste équilibrée. Au-delà de la liste, ce qui compte est le projet, la vision politique que l’on développe.
 
- C’est-à-dire ?
- Cette ligne stratégique est claire. Nous irons vers les Corses, non pour leur promettre des emplois ou des choses inconsidérées, non pour partager des postes, contrairement au spectacle, parfois affligeant, que donnent certains de nos opposants. Nous irons avec la force de nos convictions et de notre idéal, le bilan d’une lutte qui, depuis un demi-siècle, a connu, certes, sa part d’erreur, mais a, aussi, apporté beaucoup afin que la Corse et son peuple puissent construire leur présent et leur futur. Nous disons aux Corses : le moment est venu ! Vous pouvez nous faire confiance. Nous en serons dignes.
 
- Votre liste compte-t-elle beaucoup de sortants ou est-elle renouvelée ?
- Notre liste maintient un certain nombre d’élus sortants, d’autant que le bilan de la mandature, en ce qui concerne l’investissement et le travail fourni par les sortants, est très positif. Elle comporte, aussi, un renouvellement important parce que, pendant cinq ans, Femu a Corsica a élargi son assise et s’est renforcé. Il faut, aujourd’hui, passer d’une logique d’opposition, même si nous avons contribué de façon très importante aux avancées enregistrées pendant la mandature, à une logique d’exercice des responsabilités. Nous devons nous positionner collectivement comme la force motrice de l’alternative qui, nous l’espérons, sortira des urnes le 13 décembre prochain.
 
- Vous avez récolté 18 % des voix au 1er tour en 2010. Entre temps, vous avez électoralement beaucoup progressé. Comptez-vous arriver en tête au soir du 1er tour ?
- Oui ! C’est clairement notre objectif ! Ceci étant, la campagne est devant nous. Les Corses se détermineront librement. Le suffrage universel parlera. Nous n’avons rien à promettre, si ce n’est d’être au service de l’intérêt général et du projet que nous avons construit et que nous voulons défendre ensemble. Aujourd’hui, les temps sont mûrs, la société corse a évolué. Les gens ne veulent plus du système qui a gouverné la Corse pendant des décennies, gauche et droite confondus. Ce système, même s’il a des hommes et des femmes de qualité, reste prisonnier de ses dérives, de ses impasses, de l’opacité en matière de fonds publics, d’une certaine logique de pression concernant l’accès à l’emploi public, de la gestion des subventions... Aujourd’hui, la démocratie en Corse est révolutionnaire. La Corse émancipée, que nous souhaitons, ne pourra se construire que par et dans la démocratie.
 
- Sur quels thèmes ferez-vous campagne ?
- Notre campagne s’articulera autour de trois axes fondamentaux. Le premier est la fidélité irréductible au fil historique de la lutte du peuple corse pour la reconnaissance de ses droits. Le premier droit est, bien sûr, le droit à la vie, à être reconnu dans sa langue, sa culture, son identité et sa capacité à choisir son destin. Le 2nd axe est, comme nous le disons depuis 2010, que les idées, qui, hier, étaient défendues uniquement par les Nationalistes, sont, aujourd’hui, largement partagées par une grande majorité des Corses. Nous nous plaçons dans une logique de construction avec d’autres forces, nationalistes ou de progrès. L’enjeu de cette élection est de construire, autour de ces principes, une alternative porteuse de projets. C’est notre 3ème axe !
 
- Quel projet proposez-vous ?
- Le projet, à moyen et long terme, de construire une Corse émancipée, capable de répondre, de façon très opérationnelle, aux urgences, notamment, économiques et sociales. La Corse subit un taux de chômage très important, surtout chez les jeunes et les chômeurs de longue durée. L’agriculture, la ruralité et la construction de la collectivité unique, avec des dossiers structurants, comme la fiscalité, les arrêtés Miot ou les transports maritimes, restent, pour l’instant, sans réponse satisfaisante et traversent des difficultés majeures. Le chantier, devant nous, est immense. Nous pensons que la Corse, émancipée, qu’il faut construire, ne pourra l’être que, dans le cadre, d’une rupture ferme avec le système en place et ses expressions les plus contraires à la démocratie. La Corse émancipée ne peut pas voir le jour si nous restons sous le joug d’un système construit sur le clientélisme, le clanisme, l’opacité en matière de fonds publics, le chantage à l’emploi…
 

- Qu’allez-vous faire exactement ?
- Nous mettrons, la démocratie réelle, au cœur de notre projet et de notre pratique politique, comme nous l’avons fait pendant la mandature précédente. Nous avons été très constructifs sur les grands dossiers structurants, notamment les délibérations historiques auxquelles nous avons contribué. En même temps, nous sommes restés dans l’opposition, non pas à un homme ou à une équipe, mais à un système. Nous avons défendu, en permanence, les agents des Offices lorsque leurs droits n’étaient pas respectés. Nous avons dénoncé un certain nombre de dérives et les problèmes dans la gestion des ressources de la CTC. Nous pensons que l’injonction de Pasquale Paoli disant, il y a deux siècles, « L’administration de la Corse doit être une véritable maison de cristal », reste, aujourd’hui, plus que jamais d’actualité.
 
- Cela signifie-t-il que vous excluez toute possibilité d’union de 2nd ou 3ème tour avec Paul Giacobbi ?
- Cela veut dire clairement qu’en ce qui nous concerne, il n’y aura pas d’union possible avec des forces politiques qui ne prendraient pas l’engagement clair, public et contractualisé de rompre avec ce système. Paul Giacobbi et le système, à la tête duquel il se trouve, ont, jusqu’à aujourd’hui, incarné les dérives que nous dénonçons et que nous combattons.
 
- Jean-Christophe Angelini dit qu’il n’y aura pas, non plus, d’union avec la droite. Le confirmez-vous ?
- J’ai toujours été très clair. J’ai dit que la Corse a vocation à se construire avec l’ensemble des femmes et des hommes qui sont prêts à rompre avec le système ancien et à s’engager dans une logique de projets. Femu a Corsica doit travailler avec des gens de gauche et de droite. Mais, je constate que le discours, porté, à droite, par chaque tête de liste, est conservateur, quelque fois même réactionnaire. Il tourne le dos à nos fondamentaux. Dans ces conditions-là, il est évident qu’il ne peut pas y avoir d’accord de gouvernement.
 
- Vous parlez d’union avec le mouvement national. Ferez-vous alliance avec Corsica Libera au soir du 1er tour ?
- Nous pensons que l’alternative, qui doit se construire, a, bien sûr, vocation à intégrer l’ensemble des Nationalistes. Nous espérons, aussi, qu’à gauche et à droite, des élus et des forces politiques s’identifieront et diront publiquement, avant le 1er ou le 2nd tour : « Oui ! Nous sommes prêts à entrer dans un contrat politique autour des valeurs de démocratie et d’un projet avec les Nationalistes ». La campagne sera consacrée, également, à dire publiquement qui « Oui ou Non », est prêt à faire cela. A Femu a Corsica, nous sommes prêts. Nous le dirons aux Corses. En votant pour nous, ils nous donneront mandat pour construire cette alternative.
 
- Pensez-vous que les Corses soient prêts pour ce changement ?
- La société corse a beaucoup évolué. Le nationalisme aussi, même s’il reste fidèle à son fil historique et à ses fondamentaux. Lors de la décennie, qui vient de s’écouler, des Nationalistes ont fait la preuve qu’ils étaient capables d’être des élus responsables dans les domaines syndical, consulaire, agricole et politique, dans les municipalités, à l’Assemblée de Corse. Je crois que les Corses sont prêts à nous faire confiance à condition que nous soyons à la hauteur des enjeux. Nous disons aux Corses que nous avons prix conscience de ces enjeux et que nous avons la volonté d’être à la hauteur de ce qui est devant nous.
 
- Pensez-vous gagner ?
- Je le crois sincèrement. Ce sera aux Corses de le dire. Nous mènerons cette campagne avec la force de notre idéal, notre détermination et la certitude, qu’en décembre, nous pouvons gagner avec d’autres.
 
- Vous avez lancé un appel aux militants. Quel est-il ?
- L’ampleur de la mobilisation de ce soir prouve qu’il y a beaucoup d’attente et d’enthousiasme. Entre aujourd’hui et le 6 décembre, nous serons sur le terrain, dans toutes les pieve et tous les villages. Nous serons partout où il y aura des espaces de discussion pour dire que nous avons-rendez-vous, collectivement, le 6 et le 13 décembre avec l’histoire pour ouvrir une ère nouvelle dans l’histoire de la Corse contemporaine.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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