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Gilles Quénéhervé : « Faisons de ce Tour de France une fête pour la population corse »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 3 Mars 2013 à 23:46 | Modifié le Mardi 5 Mars 2013 - 02:57


Le Tour de France cycliste 2013 démarrera le 29 juin de Porto-Vecchio pour trois étapes insulaires qui le mèneront successivement à Bastia, Ajaccio et Calvi. Le 21 mars sera lancée, à Porto-Vecchio, l’opération Cent jours avant le Tour de France. Le médaillé olympique, vice-champion du monde du 200 mètres, Gilles Quénéhervé, est le Mr Tour de France Corse auprès du préfet de région, chargé d’organiser la sécurisation et l’animation des trois étapes. Arrivé, le 7 janvier dernier à Ajaccio, sa mission s’achèvera le 1er juillet, au soir de l’arrivée à Calvi. Il explique, à Corse Net Infos, que son objectif est de minimiser les désagréments qu’occasionnera pendant trois jours le passage du peloton et de susciter la ferveur populaire autour de cet événement majeur et de cette occasion unique de valoriser la Corse.


Paul Giacobbi,Gilles Queneherve, Patrick Strzoda, (Photo Marilyne Santi)
Paul Giacobbi,Gilles Queneherve, Patrick Strzoda, (Photo Marilyne Santi)
- En quoi consiste votre mission ?
- Ma mission comporte deux volets. Le premier, en appui auprès du cabinet du Préfet de Corse, porte sur les aspects de sécurité et de coordination des secours, ainsi que la mise en lien avec ce qui se passe sur le département de la Haute-Corse. Le deuxième volet concerne l’animation et la dynamisation autour de l’événement Tour de France pour impliquer l’ensemble de la population corse, c’est-à-dire les jeunes, les moins jeunes, jusqu’aux détenus et aux personnes en situation précaire ou fragile. Nous travaillons avec la Collectivité territoriale (CTC) pour mettre en place un certain nombre de manifestations pour la période des Cent jours avant le début du Tour.
 
- Que va-t-il se passer pendant cette période des Cent jours ?
- La date « Cent jours avant » est très symbolique pour le centième Tour de France. Cette période démarre le 21 mars avec une cérémonie des Cent jours, qui se tiendra à Porto-Vecchio, organisée par la ville et la CTC avec la participation des autres villes de départ et d’arrivées. La période finira au départ du Tour de France, en intégrant les animations qui auront lieu lors des trois étapes, pendant le passage des coureurs.
 
- Quelles actions avez-vous déjà menées au niveau de la sécurité ?
- Sur l’aspect sécurisation des populations, un certain nombre d’actions ont déjà été menées en lien avec les services de l’Etat et d’autres institutions. Des réunions ont eu lieu pour définir le nombre de forces de l’ordre supplémentaires nécessaires sur le parcours et pour travailler sur tous les points de sécurisation, notamment les carrefours. Un travail a également été fait pour organiser les flux de circulation parce que la période du Tour de France correspond à un afflux de touristes. Il faut sécuriser tous les points d’accès et les accès aux aéroports et aux ports.
 
- Va-t-il y avoir des contraintes ?
- Oui. Certaines routes seront fermées durant un certain laps de temps. Mais comme la vie continue durant le passage du Tour de France, nous travaillons avec tous les services pour gérer les flux et les secours en cas de problèmes. Nous arrivons au bout du processus. Courant avril, nous ferons une communication auprès des médias et de la population pour les prévenir des différentes contraintes.
 
- Quelles routes seront fermées et pour combien de temps ?
- Les routes parcourues par les coureurs seront fermées quelques heures. Nous essaierons de réduire ce temps au minimum et de faire que tout se passe pour le mieux. Nous allons prévenir suffisamment en amont la population et aussi les touristes, qui viennent, à la fois, de l’hexagone et de l’étranger. Un gros travail s'effectue en lien avec les différents partenaires, les compagnies aériennes et maritimes, la CTC, les Conseils généraux, les différents services de l’Etat pour que cette information soit diffusée, que tous les gens soient au courant et qu’ils ne soient pas surpris par les contraintes qu’il y aura durant trois jours.
 
- Rencontrez-vous, en Corse, des difficultés spécifiques au niveau de la sécurisation des populations ?
- Non. Nous avons envoyé un courrier aux maires des différentes communes traversées afin de voir avec eux s’il n’y a pas de souci. Cependant, le parcours et la topographie sont spécifiques en Corse parce qu’il est très difficile d’avoir des itinéraires bis. Il a donc fallu travailler de façon très pointue sur cet aspect afin de réduire au maximum les contraintes pour la population. Nous allons éditer une brochure avec les horaires d’ouverture et de fermeture des routes qui permettront, à tous, de savoir à quelle heure il faudra se déplacer et à quelle heure, éviter les déplacements. Nous informerons également sur les moyens d’accès aux différentes manifestations et aux sites du Tour de France.
 
- Comment allez-vous gérer l’afflux de touristes sur des routes déjà traditionnellement encombrées en cette période ?
- Le premier aspect est la communication en amont pour que les gens soient préparés à ces contraintes, les acceptent et s’arrangent pour qu’elles soient le plus minimes possibles. On part du principe que les personnes étant prévenues, il y aura moins de circulation ces jours-là. Malheureusement, il faudra que les gens soient patients et compréhensifs parce qu’on n’a pas d’autres moyens que de fermer les routes. Il faut absolument que nous sécurisions le parcours. Le Tour de France est un événement majeur, qui comprend non seulement les coureurs et le peloton, mais aussi la caravane du Tour qui représente 12 kilomètres de véhicules et d’accompagnateurs. Faisons de ce Tour une fête et non un désagrément pour la population corse !
 
- En quoi consiste concrètement le second volet de votre mission ?
- Nous travaillons main dans la main avec la CTC pour mettre en place un certain nombre d’évènements autour du Tour de France, qui vont dépasser le cadre strict du cyclisme. A côté des opérations liées au vélo, il y en aura d’autres liées à d’autres thématiques telles que le développement durable, la cohésion et l’insertion sociales. Nous travaillons avec différentes populations : les jeunes issus des quartiers, les seniors, les handicapés et les détenus. Nous avons lancé un appel à projet dont la date limite était le 1er mars. Certaines associations ont déjà répondu. Nous allons faire une compilation de ces données, répertorier les actions et leur conférer un éclat particulier en accompagnant la mise en place des projets et en leur donnant un habillage Tour de France. La CTC offrira aussi quelques cadeaux.
 
- Quels types d’actions sont prévus ?
- Par exemple, des projets de photos sur le vélo, des actions avec les scolaires, des débats autour de la thématique du sport, de l’accès des femmes aux responsabilités et aux sports… Tout un panel très large d’expositions, de conférences, d’actions visuelles, d’implication de la population, également des relais avec des personnalités pour montrer que tout le monde participe à l’événement Tour de France. Nous ferons une conférence de presse, début avril, pour présenter les différentes acteurs partenaires et l’ensemble des actions Tour de France, expliquer en quoi elles consistent, où elles auront lieu et à quelle date.
 
- Quelles sont, selon vous, les clés pour réussir l’étape corse du Tour de France ?
- L’objectif principal et la volonté de tous, c’est qu’il y ait une participation et une implication de l’ensemble de la population corse. S’il n’y a pas cette adhésion et cette ferveur populaires, ce serait dommage, ce serait une fête gâchée parce que c’est le 3ème événement sportif mondial qui vient, en Corse, pour la première fois, et, en plus, c’est le Tour du centenaire. Nous espérons vraiment que tout le monde suivra et participera à cette fête. Sur un plan plus régalien, nous espérons que tout se passera bien en termes de sécurisation du parcours et de la population et que nous n’aurons pas d’évènements majeurs à gérer. Ce sont les facteurs essentiels pour que le passage en Corse soit réussi.
 
- Cette ferveur, la ressentez-vous ?
- Elle monte depuis quelques semaines. A mon arrivée, tout se mettait en place doucement. C’est en train de s’accélérer. Des personnes veulent se mobiliser, être bénévoles sur l’événement, des associations proposent des projets… Nous sommes encore loin du début du Tour, mais les gens commencent à adhérer. Le véritable lancement, à mon sens, sera le 21 mars lors du lancement de l’opération Cent jours avant le Tour de France. Là, nous rentrerons vraiment dans le vif du sujet. Nous essaierons d’alimenter la ferveur avec des évènements récurrents et réguliers. Tout se fera progressivement. Je n’ai pas de doute sur l’adhésion du public à terme. Je suis persuadé que nous allons avoir un beau Tour de France.
 
- Le vélo n’est pas une discipline sportive très développée en Corse. Cela aura-t-il un impact ?
- Des choses se mettent en place. La CTC a lancé, en lien avec le Comité régional du cyclisme, son plan Vélo pour promouvoir la bicyclette, le vélo et les déplacements verts sur l’île. C’est déjà important. Mais, le Tour de France va bien au-delà du vélo, c’est un événement majeur, populaire et surtout un moyen de travailler sur la cohésion sociale et de montrer les bons côtés de la Corse. C’est surtout cela qu’il faut garder à l’esprit. Le Tour de France est presqu’un prétexte pour que tout le monde se retrouve autour d’un projet et pour montrer, durant trois jours, de belles cartes postales, des paysages magnifiques, tous les aspects positifs et les côtés méconnus de la Corse. A nous de faire en sorte que cette bonne image et ces côtés positifs ressortent !
 
Propos recueillis par Nicole MARI
 



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