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Ghisunaccia : Le festival Musicanti au crépuscule de quatre années d'existence


Rédigé par Patrick Bonin le Mardi 4 Février 2014 à 09:37 | Modifié le Mercredi 12 Février 2014 - 15:04


Véritable vitrine de la culture et du savoir faire insulaire, Musicanti n'a pas eu le succès escompté


Un violon emblème de l'école Music'avvene sculpté de main de maître à la tronçonneuse. (Photo Stéphane Gamant).
Un violon emblème de l'école Music'avvene sculpté de main de maître à la tronçonneuse. (Photo Stéphane Gamant).
Triste et incompréhensible constatation, un état de fait qui incite Patrizia Selvini à jeter peut être pour 2015 une éponge humide de vinaigre, condamnant cette quatrième édition de Musicanti à la triste qualité d'épilogue.  Cette manifestation hivernale s'adressant à nous autres corses d'état et de résidence, dans une volonté de proposer un véritable tour d'horizon de notre culture, n'attire malheureusement pas.
Dans un contexte de riacquistu sans cesse rappelé par les politiques,  à l'heure où les jeunes étudiants désertent les lycées et universités pour, dans la rue, se battre pour la préservation des arrêtés Miot, la co-officialité de la langue corse et une volonté de voir changer la politique pratiquée sur l'île, on ignore les ateliers de sapè fà, on ne vient plus vibrer aux accents enchanteurs et transcendants de Madricale dans nos églises. Là est bien le constat d'une sorte de contradiction somme toute incompréhensible. 
Quelles sont les raisons de cette désaffection en terre du Fium'Orbu pourtant historiquement ancrée dans l'histoire de la Corse ? Mystère. 
On pourra toujours se trouver les bonnes ou mauvaises excuses, mais suffiront elles à panser les blessures de l'organisatrice, rien n'est moins sûr.
Et pourtant, Patrizia Selvini, femme de cœur, engagée dans la défense de la culture, a fait le choix délibéré d'organiser son festival en période hivernale, loin des attraits éphémères, parfois posturaux de la saison estivale, loin du merchandising. Replonger dans les arts ancestraux du tissage de laine, de la vannerie, du travail du bois ou de la peinture  lui semblaient suffisamment attirants pour ne pas être obligé d'y adjoindre un aspect commercial et mercantile.  S'imprégner au coeur même du sacré, l'église San Michele, des merveilleuses voix de Madricale ou de Cuncordu Lussurzesu lui semblait être un appel suffisant  pour couronner d'or les lettres de Musicanti. La déception fut aussi grande que son investissement.   Alors se posent toujours les mêmes sempiternelles questions  ou remises en question, l'affrontement toujours plus grand de l'être et du paraître. 
Patrizia elle, réside dans l'être,  et si l'hommage qui lui est fait à travers ces quelques lignes et ces quelques photos pouvait suffire à la  faire changer d'avis, Ghisunaccia et la plaine orientale mais aussi la culture insulaire, celle de l'intérieur, auraient à y gagner.   

Le diaporama de Stéphane Gamant




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