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François Tatti : « Je mènerai ma propre liste aux élections territoriales »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 9 Juillet 2015 à 00:03 | Modifié le Jeudi 9 Juillet 2015 - 02:33


C’est officiel ! Le conseiller territorial, président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia) et président du Syvadec, François Tatti, mènera sa propre liste aux élections territoriales de décembre prochain. Son mouvement, le MCD (Mossa Corsa democratica), lui a donné mandat pour constituer une nouvelle offre politique, estimant qu’aucune offre de gauche ne lui convenait. L’annonce a été faite le 8 juillet, à Bastia, à l’issue de son assemblée générale, lors d’une réunion publique à la salle polyvalente de Lupino. François Tatti, qui est en pourparlers avec Corse Social Democrate, affirme que son mouvement constitue la 2nde force de gauche de l’île. Il explique, à Corse Net Infos, qu’il passera la barre des 5% et se dit prêt à fusionner avec la liste de Paul Giacobbi au 2nd tour.


François Tatti, conseiller territorial de gauche, président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia) et président du Syvadec, candidat à l'élection territoriale de décembre prochain.
François Tatti, conseiller territorial de gauche, président de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia) et président du Syvadec, candidat à l'élection territoriale de décembre prochain.
- Le MCD vient de vous donner mandat pour constituer une nouvelle offre politique pour les Territoriales. Est-ce une déclaration de candidature ?
- L’Assemblée générale du MCD vient de me donner mandat pour prendre des contacts afin de constituer une liste et bâtir un programme en vue de l’élection territoriale. J’ai plaidé, au sein du mouvement, pour que nous figurions en propre dans ce 1er tour parce qu’il me semblait important que notre sensibilité puisse être pleinement représentée. Nous avons à faire une offre politique que je ne retrouve pas dans les autres listes en présence, à gauche ou ailleurs. La Corse a besoin d’écouter d’autres sons de cloche sur différents sujets. Nous avons, parmi nous, des gens qui ont un fort potentiel à mettre utilement au service de la Corse. Par ailleurs, nous avons intérêt, y compris à gauche, à ce que les offres soient diversifiées. Si nous voulons être plus fort au 2nd tour, il faut que chaque sensibilité puisse avoir été représentée au 1er tour.
 
- Irez-vous au bout de cette candidature ou est-ce seulement un moyen de rassembler vos forces pour mieux fusionner avec une autre liste avant le 1er tour de scrutin ?
- Non ! Ce n’est clairement pas l’objectif ! Je n’ai pas l’intention de faire semblant de poser ma candidature ! Si nous voulions fusionner, nous aurions pu le faire sans déployer autant d’efforts. L’objectif est de proposer une offre politique originale en décembre. Nous avons déjà beaucoup avancé en ce sens.
 
- Vous espérez conclure, d’ici à 15 jours, un pacte avec une force politique à Ajaccio. S’agit-il de Corse Social Démocrate ?
- Pour l’instant, je ne me prononcerai pas sur les partenariats éventuels à Ajaccio. Mais, nous y travaillons. Nous échangeons. Il n’y a pas le feu au lac ! Mon souhait est de continuer à discuter avec l’ensemble des représentants des territoires. Pas qu’à Ajaccio, d’ailleurs ! Je discute aussi avec des élus de Balagne, du Fiumorbu, de l’Alta Rocca, du Taravo… Tout ceci dans un esprit de construction d’un projet original qui fasse sens. Ajaccio fait partie de cette démarche, mais, à ce stade, je me garderai bien d’avancer des noms ou des hypothèses. Par contre, je souhaite qu’avant la fin juillet, nous ayons acté le partenariat avec le secteur d’Ajaccio.
 
- Envisagez-vous d’autres partenariats dans d’autres secteurs de l’île ?
- Nous allons travailler pour asseoir notre démarche sur l’ensemble du territoire en recherchant, partout où nous pourrons les trouver, des points d’appuis politiques, mais aussi des forces vives. Nous ne recherchons pas forcément des élus, mais aussi des gens qui sont représentatifs, qui ont une compétence et un savoir-faire. Nous avons pris plusieurs contacts qui me semblent très prometteurs.
 
- Il faut totaliser 5% de votants, soit près de 7500 voix, pour fusionner avec une autre liste. Cela fait beaucoup pour le MCD qui n’a pas d’assise régionale ?
- Cela fait effectivement beaucoup ! C’est vrai que la barre des 5% est significative ! J’ai appris à compter et je sais que cette barre, nous la franchirons sans difficulté. Aujourd’hui, mon objectif n’est pas de faire 5%, mais beaucoup plus. Si les électeurs nous entendent, je souhaiterai que notre participation et notre représentation soient beaucoup plus fortes que ça !
 
- Comment, avec seulement un ancrage bastiais et peut-être un partenaire ajaccien, comptez-vous réussir ?
- A l’élection municipale de Bastia, notre mouvement a réalisé, seul contre tous à gauche, 2500 voix. Aujourd’hui, la situation a beaucoup changé puisque nos adversaires de l’époque sont totalement épars. Il n’y a, donc, plus d’opposition si forte à gauche. Même si je ne fais pas d’exclusive, je considère que ce capital électoral bastiais s’est renforcé. Après, il y a, dans les communes de l’agglomération bastiaise, un potentiel électoral de gauche qui n’est pas du tout négligeable et qui ne se reconnaît pas forcément dans les autres choix politiques présentés aujourd’hui. Je considère que l’agglomération bastiaise et le territoire bastiais représentent déjà une grande partie de ce que nous devons faire. De plus, vous avez vu, à mes côtés, un maire de Casinca (Benoit Bruzi, maire de Vescovato) et vous connaissez mes attaches avec le sénateur de Haute-Corse et le maire de Folelli (Joseph et Yannick Castelli).
 
- Soutiennent-ils votre démarche ?
- Je dis seulement que vous connaissez mes attaches à ce territoire qui a un potentiel électoral très important. Il y avait, aussi, lors de la réunion publique, des représentants du Nebbiu, du Centre Corse, du Sartenais-Valinco… Demain, d’Ajaccio et après-demain, de l’ensemble des autres territoires… En matière électorale, il faut toujours rester prudent, mais, clairement et sans aucune forfanterie, je pars avec la conviction qu’il n’y aura pas de difficultés pour nous situer entre 7% et 10 % à l’issue du scrutin.
 
- Il y a 3 ans, pour les municipales, vous étiez seuls à y croire et vous avez tiré votre épingle du jeu. Est-ce bien raisonnable d’y croire encore aujourd’hui, vu l’enjeu ?
- J’y crois beaucoup ! J’ai une trajectoire politique, je ne suis pas le seul, qui considère que les choses se démontrent en se faisant, pas en théorisant, ni en imaginant que les situations sont immuables, statiques et qu’elles ne changent pas ! Si on ne bouge pas, si on ne s’investit pas et si on ne s’engage pas, les choses ne changeront pas ! A Bastia, effectivement, personne n’imaginait que je pouvais porter une liste sérieuse. Nous avons effectué un parcours plutôt bon et intéressant, à la fois, pour Bastia et pour ceux qui nous ont suivis. Demain, nous ferons la même chose au niveau de la Corse parce qu’il y a un enjeu dans cette île et que nous avons un rôle à jouer.
 
- Lequel ?
- Je suis conseiller territorial sortant, je connais, désormais, le milieu politique insulaire et une grande partie des dossiers. Je sais les problématiques en termes de transaction politique pour les faire avancer avec les autres composantes politiques. Notre rôle ne doit pas être mineur comme celui que je peux jouer aujourd’hui, étant isolé dans l’hémicycle. Je souhaite que nous soyons nombreux à représenter cette force pour pouvoir, demain, peser lourdement dans les choix qui seront faits à l’Assemblée.
 
- Vous dites ne pas vous retrouver dans les autres listes de gauche. Celle de Paul Giacobbi ne vous convient-elle pas ?
- Je ne dis pas que les autres offres politiques sont dénuées d’intérêt. Tout le monde sait que je n’ai pas voté beaucoup de rapports présentés par l’Exécutif ! Ce n’est pas un mystère ! Si je suis ancré dans des racines de gauche, je suis, bien entendu, aussi, ouvert. Je crois aux valeurs républicaines, je crois que la Corse en a besoin, je suis, néanmoins, décentralisateur. Je ne suis pas un Jacobin ! J’ai voté pour la modification de la Constitution, mais après avoir fortement contribué à réformer le rapport présenté à l’Assemblée. Nous avons pesé pour être inscrits dans l’article 72, et pas dans d’autres articles. J’ai, également, travaillé dans le cadre du PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse) afin d’avoir des transactions politiques qui me semblaient plus avantageuses pour notre île. Mais, je ne suis, par exemple, pas favorable au statut de résident.
 
- Pourquoi ?
- C’est contreproductif pour la Corse d’adopter ce statut ! Le gouvernement n’est pas prêt de l’adopter ! Enfin, je l’espère ! Peut-être en y travaillant encore, de manière plus cohérente, nous pourrons construire quelque chose qui nous permette de résister à la spéculation sans créer des formes d’exclusion comme le fait le statut de résident qu’on nous a proposé. C’est avec ces convictions-là que je veux aller dans cette élection ! Non pas avec la prétention d’avoir raison sur tout, mais pour affirmer mes convictions, de gauche, progressistes, avec des valeurs républicaines chevillées au corps et la volonté de trouver les bons compromis pour que la Corse avance.
 
- Dans ce cas, si vous passez la barre des 5% au 1er tour, quelles alliances seriez-vous prêt à nouer au 2nd tour ? A droite ? A gauche ?
- A ce stade, je n’ai pas encore construit la liste. Je n’ai pas les partenaires. Je n’ai pas encore mon programme ! Il faut, d’abord, effectivement, consolider l’offre de gauche au 2nd tour et, éventuellement, élargir au-delà. Je souhaite que notre mouvement et notre démarche ne soient pas limités à la gauche. Des personnalités d’autres sensibilités politiques, ou qui n’ont pas d’engagement politique, peuvent se reconnaître dans ce que nous faisons au-delà de l’appartenance à la gauche. Je voudrais que nous soyons fortement présents au 1er tour pour peser dans l’union du 2ème tour et faire en sorte de remporter cette élection. Mais, pas à tous prix ! Nous ne ferons pas d’accords qui ne permettent pas de respecter nos valeurs et les conditions d’une représentation équitable, mais nous voulons accéder aux responsabilités, y rester et élargir notre position. 
 
- Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que vous êtes la 2ème force de gauche dans l’île ?
- Je n’ai pas la prétention de faire des comptes précis. Le résultat se verra à ce scrutin. Quand je fais l’analyse des personnes qui nous rejoignent et de ce que nous sommes capables de faire, je considère que nous sommes positionnés pour être cette 2ème force politique de gauche dans l’île.
 
- Qu’allez-vous faire maintenant ? Avec quel calendrier ?
- Nous allons nouer des partenariats, travailler pour constituer la liste et bâtir un programme partagé. Nous nous retrouverons à la fin de l’été pour entériner cette liste et entrer en campagne électorale.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Marie Claire Poggi, conseillère départementale de Bastia III, Fabien Mineo, président du SNUIPP, Marie-Anne Acquaviva, vice-présidente de la Marido, Jean-Marc Venturi, vice-président de la Chambre d'agriculture de Haute Corse, Anne Labertrandie, vice-présidente de l'Interco du Sartenais-Valinco, Benoit Bruzi, maire de Vescovato, et Françoise Vesperini, vice-présidente de la CAB et présidente de l'Office du tourisme.
Marie Claire Poggi, conseillère départementale de Bastia III, Fabien Mineo, président du SNUIPP, Marie-Anne Acquaviva, vice-présidente de la Marido, Jean-Marc Venturi, vice-président de la Chambre d'agriculture de Haute Corse, Anne Labertrandie, vice-présidente de l'Interco du Sartenais-Valinco, Benoit Bruzi, maire de Vescovato, et Françoise Vesperini, vice-présidente de la CAB et présidente de l'Office du tourisme.



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