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Fonds européens : François Alfonsi dénonce un hold-up de l’Etat sur la Corse


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 7 Mars 2014 à 23:07 | Modifié le Samedi 8 Mars 2014 - 00:26


Le député européen, candidat à l’élection européenne du 25 mai prochain, dénonce une scandaleuse répartition par la France des fonds européens pour la période 2014-2020 qui lèse la Corse. L’Etat est censé répartir ces fonds, attribués en février aux 28 Etats-membres, équitablement entre les régions françaises en fonction de critères de catégorie. François Alfonsi explique, à Corse Net Infos, que la Corse est la seule région de transition à voir ses crédits fortement diminués au profit de l’île de France, région développée qui est, ainsi, surdotée. Il demande à l’Assemblée de Corse de se saisir du problème en urgence pour rectifier le tir.


François Alfonsi, député européen, candidat à l’élection européenne du 25 mai prochain.
François Alfonsi, député européen, candidat à l’élection européenne du 25 mai prochain.
- Quel est exactement le problème que vous dénoncez ?
- Les fonds européens ont été amputés. Le fonds de cohésion, qui représente 35 % des crédits européens, est passé de 354 milliards € pour la période 2007-2014 à 325 milliards € pour la période 2014-2020, soit une baisse de 8%. Malgré cette baisse de l’enveloppe globale, la France a vu sa dotation augmenter de 12, 388 milliards € à 13, 265 milliards €, soit 8% de plus, c’est-à-dire presque 1 milliard de plus.
 
- Pourquoi, dans ce contexte contraint, la France a-t-elle bénéficié d’une hausse ?
- Le fonds de cohésion s’articulait, auparavant, en 2 catégories : les régions d’objectif 1, très pauvres, c’est-à-dire celles dont le PIB (Produit intérieur brut) sur les 3 dernières années atteint jusqu’à 75% du PIB moyen européen, et les autres. Dans ces autres, la Corse avec un PIB équivalent à 75% du PIB moyen européen et la Bavière avec un PIB de 200% avaient la même dotation par habitant. Puis, l’Europe a créé les régions de transition, dont le PIB est compris entre 75% et 90% du PIB moyen européen et les régions les plus développées au-delà. Pour cette nouvelle mandature, l’UE donne plus d’argent par tête d’habitant aux régions de transition.
 
- Quel est le nombre de régions de transition en France ?
- La France compte 10 régions de transition : la Corse, le Languedoc-Roussillon, l’Auvergne, le Limousin, le Poitou-Charentes, la Franche-Comté, la Lorraine, le Nord-Pas de Calais, la Basse Normandie et la Picardie. La Corse est devant le Languedoc-Roussillon, elle n’est plus la dernière des régions françaises. L’Europe ayant donné plus d’argent pour les régions de transition, la France a, donc, vu sa dotation globale augmenter. Le problème vient de la répartition interne de ces fonds par l’Etat français.
 
- C’est-à-dire ?
- Toutes les régions de transition voient leurs crédits stagnés ou augmentés. La Picardie obtient un sérieux coup de pouce avec une augmentation de 11% des crédits. Le Languedoc-Roussillon décroche le pompon avec 21%. Seule, la Corse se retrouve à la portion congrue et voit ses crédits régresser alors qu’en tant que région de transition, elle aurait du en avoir plus ! Ce qui est troublant est l’évolution des crédits dans les régions les plus développées. La plupart stagnent, la région PACA progresse de 7,3% et l’île de France connaît une immense progression de 25,2% alors que son PIB est plus du double de celui de la Corse et représente 174,4% du PIB moyen européen.
 
- Pourquoi l’Etat a-t-il pris une telle décision ?
- Je ne sais pas ! La DATAR a fait cette proposition. Le 1er ministre l’a validée après avoir consulté le président de l’association des régions de France, qui est le président de la région Aquitaine. Ils n’ont montré aucun intérêt pour la Corse ! La procédure de décision est opaque et la Corse a été tenue à l’écart. Cette concertation est, ensuite, soumise à Bruxelles qui vérifie si tout est respecté. Or, la Corse régresse dans des conditions considérables ! C’est un scandale que j’ai voulu dénoncer !
 
- Avez-vous posé la question au gouvernement ?
- La question, je la pose publiquement ! Nous n’avons plus le temps, maintenant, de courir les cabinets parce que les répartitions deviennent définitives fin mars. Il s’agit de s’en occuper vite et fort ! Dès que j’ai pris connaissance de ces chiffres-là, j’ai alerté les Corses. C’est, légitimement, maintenant, à l’Assemblée de Corse d’interpeller le gouvernement.
 
Propos recueillis par Nicole MARI



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