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Fin de l'activité ferries au port de commerce de Calvi. Ange Santini s'explique


Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Mardi 9 Août 2016 à 12:31 | Modifié le Mardi 9 Août 2016 - 19:20


Ainsi que nous l'avons annoncé le 5 août dernier- de nombreux médias découvrent le problème aujourd'hui - le préfet de Haute-Corse, Alain Thirion, a pris la décision de mettre fin à l'activité ferries au port de commerce de Calvi à compter du 11 août à minuit. Cette décision prise en accord avec les autorités concernées fait suite à l'impossibilité du gestionnaire de satisfaire aux nouvelles mesures de sureté imposées par le Gouvernement au lendemain de l'attentat de Nice et auxquelles nul ne peut y déroger. Au cours d'une conférence de presse donnée ce mardi matin, Ange Santini, maire de Calvi a apporté des précisions indispensables au public



"J'ai souhaité faire cette conférence parce que j'entends beaucoup de choses sur le port de commerce de Calvi, et bien sûr, moins on est au courant, plus on parle et surtout, moins on a de responsabilités et plus on en parle".
Le ton de cette conférence de presse est donné par Ange Santini qui précise aussitôt pour la clarté du débat: "  Je ne m'exprime pas es qualité en tant que maire de Calvi mais bien  es qualité en tant que responsable de la structure qui a la responsabilité de la gestion et de la sureté du port. Et les mots ont un sens. Il faut savoir en effet  que Calvi est une exception française. Le port de commerce propriété jusqu'à ce jour du Conseil départemental est géré à travers une concession par la commune de Calvi. Cette concession s'arrête en 2020. Je le répète, les mots ont un sens. aujourd'hui le port de commerce de Calvi,  comme l'ensemble des ports nationaux, est soumis dans le cadre de l'état d'urgence a un certain nombre de mesures. En ce qui concerne Calvi, il y a pour faire appliquer ces mesures deux responsables et pas trois. Les autres peuvent parler tant qu'ils veulent. Ces responsables sont: l'autorité concessionnaire, en l'occurrence la mairie de Calvi et en responsabilité son maire et il y a le préfet du Département qui est chargé de faire appliquer les mesures de sureté qui sont édictées par l'Etat. La réalité est là et pas ailleurs. Y a pas, il faut que, il y a qu'a, etc...".

"On n'est pas là pour s'amuser"

Ange Santini poursuit en s'insurgeant contre certaines informations
" Quand je lis dans la presse ce mardi matin, par anticipation, que avant on contrôlait les véhicules sur le terre-plein , en face de l'Arche avant que les dits véhicules aillent au port de commerce, je dis c'est faux, l'information est fausse. On contrôlait les billets et non les véhicules, ce n'est pas la même chose. Aujourd'hui, on ne peut pas contrôler les véhicules sur ce terrain là parce que entre celui-ci et le port de commerce on a largement le temps de faire monter à bord des bombes, des armes et de terroristes. On n'est pas là pour s'amuser. Soit on ne croit pas à la menace terroriste ou fait semblant de ne plus y croire, soit on y croit et, malheureusement tous les jours nous avons des raisons d'y croire, ici comme ailleurs et, à ce moment là lorsque nous sommes responsabilisés, il faut assurer ces responsabilités. L'Etat a demandé un contrôle quasi impossible à réaliser  sur l'ensemble des ports. Nous avons fait remonter l'information. A la suite de celle-ci j'ai reçu un courrier en date du 19 juillet de Monsieur le préfet qui lui aussi prend part et assume ses responsabilités. J'insiste une fois de plus sur le sens des mots avant de vous lire juste un passage de ce courrier "Avec entrée en vigueur immédiate : Pour le  port de commerce de Calvi dont vous assurez la gestion et la sureté vous est-il demandé de procéder dès maintenant, avant l'entrée  dans  le port à l'inspection visuelle de 100% des véhicules légers et de leurs passagers".
"Vous me direz c'est quoi le contrôle visuel? I Celui-ci est précisé  par un mail du commandant des ports : il faut faire débarquer l:a totalité des passagers, à l'exception des enfants, faire ouvrir le coffre et faire un tour d'inspection. Comment peut-on imaginer que ça puisse se faire à Calvi, dans la ville ?. C'est à dire ce contrôle là, il faudrait le faire par exemple sur le boulevard Wilson ou alors dans  la descente du port. Ces mesures là  sont doublées ensuite d'au moins 20% de contrôles approfondis, dans la zone d'accès portuaire réglementée que nous assumons, des véhicules qui consistent à vérifier 5 ou 6 points dans le détail.
J'ai répondu au préfet que sauf dérogation, ce qui était demandé ailleurs ne pouvait être applicable à Calvi. Il en va de ma responsabilité de le dire. Comment peut-on imaginer, lorsqu'on a une telle responsabilité que ça n'arrive qu'aux autres et que ailleurs en Corse ça pourrait être fait alors qu'à Calvi ça ne le serait pas?. Imaginez-vous ce qu'il adviendrait du préfet et de la personne qui a la responsabilité de la concession si demain nous ne pouvions mettre ces mesures en application et qu'un attentat serait perpétré à Calvi. Alors, il y a ceux qui parlent, surtout sous le couvert de l'anonymat, mais qui n'ont pas de responsabilités et qui feraient la même chose que moi si demain  ils étaient en responsabilité de les prendre.

J'ai également ajouté au préfet que si il y avait dérogation nous assumerions mais cela n'a pas été possible".


"Le préfet a pris ses responsabilités et je le soutiens"

Et de poursuivre:
"Suite à une dernière réunion que nous avons eu jeudi dernier, le préfet  m'a écrit. Dans sa lettre il a été très clair: " J'ai décidé de mettre fin à l'activité ferries sur Calvi, le jeudi 11 août à minuit".
Pourquoi? parce que d'un commun accord avec d'autres partenaires nous avons constaté que l'on ne pouvait pas assumer et assurer la sureté telle qu'elle était demandée.
Que les choses soient claires, le  préfet a pris  ses responsabilités et je le soutiens tout  comme je prends les miennes et qu'il me soutiens. Je  ne suis pas là aujourd'hui pour vous dire  que c'est la faute du préfet mais bien de sa  responsabilité. Le préfet ne m'impose  rien, c'est l'état d'urgence qui s'impose à nous".
N'allez pas vous imaginer  que l'on n'a pas cherché d'autres solutions, car si il y en avait d'autres nous les aurions mises en application. La preuve, jusqu'au 11 août il y a des solutions transitoires mais non conformes a ce qu'il nous est demandé qui sont appliquées. C'est la gendarmerie dont les effectifs n'ont pas augmenté par rapport à une saison normale qui est obligée de se substituer le temps d'organiser des rotations sur l'Ile-Rousse. Il faut  leur rendre hommage  mais dire aussi que ce n'est pas le rôle de la gendarmerie et des services de l'Etat de venir contrôler systématiquement les bateaux, s'agissant d'une activité privée.  Les gendarmes le font sur réquisition du préfet, il faut les en remercier mais cela ne peut durer qu'un temps.
Aujourd'hui, la situation s'impose à nous. Il n'y a pas de volonté délibérée, surtout pas de jouer sur la mort des gens pour arrêter une activité portuaire mais il faut être aussi très clair: ces mesures là, non seulement elles vont perdurer mais elles vont s'amplifier parce que nous n'avons pas fini en France  avec le terrorisme".



Le maire va demander au conseil municipal de se prononcer pour dénoncer par anticipation la concession du port de commerce
Bien que ce ne soit pas le sujet de la conférence de presse, le maire de Calvi a évoqué l'avenir du port de Calvi où la aussi tout et n'importe quoi est dit:
"Dans la vie il y a le présent  et la projection sur l'avenir. Je vous annonce aujourd'hui que lors de la prochaine réunion je vais demander au conseil municipal de se prononcer par délibération pour que soit mis fin par anticipation à la concession du port de commerce de Calvi qui court jusqu'en 2020 car nous n'avons pas les moyens aujourd'hui, compte-tenu de la configuration de gérer celui-ci.
Mettre fin à la concession ne veut pas dire pour autant mettre fin à l'activité du port de commerce.
Nous verrons en concertation avec le propriétaire quelles sont les mesures qui peuvent être prises. Il pourrait aussi y avoir un autre concessionnaire mais je vais quand même rappeler que les mêmes mesures s'appliqueront à celui-ci.
Ce qui est certain en tout cas, c'est que nous ne porterons pas la responsabilité. Je doute du reste que quelqu'un veuille la prendre. Mais si demain, à la suite d'une mise en concurrence, il y aurait quelqu'un qui souhaiterait gérer le port de commerce de Calvi, la commune ne supprimera pas le port qui ne lui appartient pas"

Le port de Calvi n'a pas fini de faire parler de lui.

 


Le communiqué du préfet de Haute-Corse

Dans le cadre de l’état d’urgence, des mesures nationales d’augmentation du taux de contrôle des passagers dans les ports français ont été édictées. Ces mesures ont fait l’objet d’une application dans l’ensemble des ports de la Haute-Corse à l’exception de celui de Calvi, géré par la municipalité, qui se trouve dans l’impossibilité d’augmenter les contrôles actuels au niveau requis par les nouvelles dispositions nationales.

A la suite d’une réunion organisée avec le maire de Calvi, en présence des représentants desautorités maritimes, de la gendarmerie, de la Chambre de commerce et de la Corsica Ferries et comme il est apparu impossible, sauf à fragiliser la sécurité de Calvi, d’accorder un régime dérogatoire au seul port de Calvi, il a été décidé de dérouter les prochaines escales vers le port de l’Ile Rousse. Cette mesure prend effet à compter du 12 août inclus et devrait concerner une douzaine d’escales d’ici la fin de la saison estivale.

D’ici là, à la demande du préfet, la gendarmerie nationale a renforcé de manière significative sa présence pour aider les contrôles sur le port de Calvi et leur permettre de les situer à un niveau satisfaisant.

Néanmoins, cet effort ne peut être mené que de manière temporaire au regard des nombreuses sollicitations imposées sur l’île aux forces de sécurité. Il a donc été convenu qu’il serait de six jours afin de permettre à la compagnie maritime Corsica Ferries d’informer ses clients et d’organiser leur prise en charge entre l’Ile Rousse et Calvi au moyen de bus dédiés, ce qui permettra de limiter les désagréments de ce reroutage.





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