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Femu a Corsica exige des explications après les déclarations du préfet


Rédigé par le Jeudi 20 Juin 2013 à 18:39 | Modifié le Vendredi 21 Juin 2013 - 02:33


Les récentes déclarations du prefet de Corse, Patrick Strzoda, ont entraîné une vive réaction de Femu a Corsica qui, dans un communiqué, exige du Gouvernement "des explications publiques sur les déclarations du préfet ".


(Photo Marilyne Santi)
(Photo Marilyne Santi)
"Le préfet Strzoda, dans une longue interview donnée à Corse-Matin à l’occasion de son départ, développe deux positions qui sont de véritables dénis de démocratie.
Première provocation : Pour M. Strozda, ceux qui, comme Femu a Corsica, déclarent « Si la Constitution française ne permet pas de répondre aux aspirations légitimes du peuple corse, ce n’est pas au peuple corse de s’adapter à la Constitution, c’est à la France de changer la Constitution » sont dans une posture d’affrontement !
Demander une réforme de la Constitution (laquelle a été changée 24 fois depuis 1958) pour que soient pris en compte les intérêts de la Corse et de son peuple relèverait donc, pour M Str, de la « posture d’affrontement »…Cette première affirmation permet de mesurer la conception que se fait ce représentant de l’Etat du « dialogue avec la Corse »… 
Beaucoup plus grave encore : le Préfet Strzoda à une question sur le nombre d’élus protégés, répond : «Une dizaine. Ils le demandent ou nous le proposons. Comme à ceux qui dernièrement ont voté contre la coofficialité ». Cette réponse, en forme de révélation sur les pratiques et manipulations de l’Etat en Corse, est proprement scandaleuse.
Avant toute chose, il faut rappeler à M Strozda (qui le sait au demeurant parfaitement) que le vote sur le statut de la coofficialité a été obtenu à une très large majorité : 36 voix pour, 11 non-participation, 4 absents. Il n’y a donc eu, contrairement à ce qu’il indique dans son interview, aucune voix contre. Au delà même de son résultat, ce vote traduit une aspiration profonde de la société corse, portée historiquement par l’ensemble de ses forces vives, aspiration qui bénéficie aujourd’hui d’un large consensus.
Ce consensus s’est bien sûr construit en respectant les idées de ceux, citoyens ou élus, qui sont contre la coofficialité. Il procède d’un cheminement démocratique qui a abouti au vote historique de l’Assemblée de Corse, vote acquis au terme d’un débat exemplaire au sein de l’hémicycle.
Malgré tout cela, l’Etat annonce aujourd’hui qu’il  a, de sa propre initiative et non à la demande des personnes concernées, organisé une protection de ceux qui n’ont pas voté en faveur du statut de coofficialité.  Instrumentalisant le contexte dramatique d’assassinats que connaît la Corse, l’Etat procède à un amalgame scandaleux, en envoyant à l’opinion publique le message suivant : les élus qui n’ont pas voté la coofficialité risquent d’être assassinés. Ceux qui ont voté pour la coofficialité ne l’ont pas fait librement, puisqu’un vote contraire les auraient exposés au risque d’être assassinés.
Cette déclaration du plus haut représentant de l’Etat dans l’île vise donc à l’évidence à remettre en cause la légitimité du vote historique de l’Assemblée de Corse et du cheminement démocratique qui y a conduit. Ce procédé est indigne et nous ne l’acceptons pas !
Femu a Corsica  réaffirme son engagement total et déterminé en faveur de l’action démocratique. Nous constatons avec inquiétude que celle-ci est remise en cause par l’Etat dès lors qu’elle conduit à des résultats qui vont dans le sens de l’émancipation de ce pays. Enfin, Femu a Corsica exige du Gouvernement des explications publiques sur les déclarations du préfet Strzoda."




1.Posté par stumaccatu le 23/06/2013 11:35
Puisque Femu A Corsica veut des explications, et sans vouloir défendre le préfet, en voici une: avant le vote de la CTC sur la coofficialité il y a eu une pléthore de communiqués de beaucoup d'associations et de mouvements qui étaient truffés de menaces à peine voilées aux élus qui n'auraient pas la bonne idée de voter en faveur de ce merveilleux projet. Ces communiqués sont très faciles à retrouver, ils ont été publiés partout depuis Corse Matin jusqu'à ce site. C'était sur le thème "les élus qui voteront mal prendront leurs responsabilités" etc... Quelqu'un a -t-il condamné ou même critiqué ou été choqué par ces communiqués? personne. C'était un moyen de faire monter la garde (ou plutôt l'arrière garde dans ce cas) pour "mettre la pression" . Il n'y a donc pas à faire semblant de s'étonner que le préfet ait proposé une protection à celles et ceux qui n'ont pas eu la bonne idée de voter en faveur de ce merveilleux rapport .

2.Posté par GIACOMONI Louis le 02/07/2013 10:07
Monsieur Stumacatu (qui s’écrit avec un seul c, faut-il lui rappeler ou lui apprendre) est en train de nous dégoûter et veut faire croire à des menaces pour imposer la coofficialité alors que la reconnaissance de la langue corse comme officielle sur sa terre est le fruit d’un consensus et le résultat d’un combat mené depuis plus d’un siècle qui a élevé le corse du niveau de dialecte à une langue à part entière avec des locuteurs mais aussi une littérature très riche

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