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Femu a Corsica : "En ce 6 Février, l’Etat a fermé la porte au dialogue"


Rédigé par le Mardi 10 Février 2015 à 00:30 | Modifié le Mardi 10 Février 2015 - 00:41


Pour Femu a Corsica le 6 Février dernier à la faveur de la visite en Corse de Bernard Cazeneuve et Marylise Lebranchu, l'Etat " a fermé la porte du dialogue". Les explications du mouvement.


Femu a Corsica : "En ce 6 Février, l’Etat a fermé la porte au dialogue"
Les déclarations des Ministres Cazeneuve et Lebranchu devant l’Assemblée de Corse le 6 
février 2015 marquent la fin d’un cycle. Ces déclarations étaient attendues puisqu’elles 
devaient donner la réponse de l’Etat aux délibérations de l’Assemblée de Corse votées à 
l’unanimité ou à une forte majorité, et donc à la demande largement partagée au sein du 
peuple corse, de la recherche d’une solution politique globale.
La forme laissait entrevoir le fond : fermeture absolue du Ministre Cazeneuve lors de son premier voyage, silence total du Président de la République et du Premier Ministre sur la question nationale corse, rumeurs contradictoires sur les modalités de déroulement du voyage, et finalement choix de demander aux groupes politiques de l’Assemblée de Corse de s’exprimer avant même de connaître le contenu des propositions gouvernementales ! 

 
Dès notre communication du 22 janvier dernier, nous avions exprimé notre certitude que l’Etat ne se plaçait pas à la hauteur des enjeux et avions averti que Femu a Corsica refuserait de cautionner un processus qui laisserait en dehors du champ du débat les revendications fondamentales pour lesquelles nous nous battons depuis des décennies. Le contenu des déclarations des deux Ministres a malheureusement confirmé le bien-fondé de notre analyse. 
Nous prenons acte de l’annonce par l’Etat de la création d’une Collectivité unique corse à l’horizon 2018. Cette annonce consacrerait la disparition à terme des Conseils Généraux, qui ont démontré encore récemment à quel point ils sont des outils gangrenés par le clanisme et le clientélisme. Cette décision consacre certes un combat mené par l’ensemble de notre famille politique depuis des décennies. Pour autant, le contenu de la réforme institutionnelle annoncée reste incertain : quid de l’équilibre territorial (représentation des territoires, notamment ruraux), de la prise en compte des droits et acquis sociaux de tous les personnels de la fonction publique territoriale ? De la même manière, le calendrier électoral proposé est aléatoire, et conduit dans l’immédiat à des échéances électorales dont le sens politique est complètement dévoyé. La réforme « a minima » qui nous est proposée ressemble à un simple exercice de laboratoire pour de futures réformes en France.


Pour le reste, et à l’évidence, le compte n’y est pas : rien sur la Coofficialité ! Rien sur la  politique foncière et le statut de résident ! Rien sur le transfert de la compétence fiscale et les arrêtés Miot ! Rien sur le soutien au développement économique et à la lutte contre la précarité et le chômage ! Rien sur l’évolution vers un statut d’autonomie, qui est la règle dans la plupart des territoires insulaires ou à forte identité d’Europe, rien sur l’exercice par la nouvelle Collectivité de Corse d’un véritable pouvoir législatif, pourtant évoqué en son principe par l’Etat depuis près de vingt ans ! Rien sur les prisonniers politiques et le respect par l’Etat des engagements pris en matière de rapprochement depuis des années ! Rien, enfin, sur la perspective de révision constitutionnelle, qui seule permettra de construire un cadre juridique adapté aux véritables enjeux.
Tous ces sujets, qui constituent la matrice d’un véritable dialogue entre la Corse et Paris, et permettraient de construire une véritable solution politique, n’ont même pas été évoqués par les Ministres Cazeneuve et Lebranchu.


En ce 6 février 2015, l’Etat a fermé la porte au dialogue alors que l’esprit de responsabilité 
de l’ensemble des forces politiques présentes à l’Assemblée avait permis de dégager un 
véritable « compromis historique ».
Cette situation de blocage total, conséquence de l’attitude de l’Etat, nous impose d’être, 
plus que jamais à la hauteur des enjeux. Dans les prochaines semaines, les organisations 
politiques parties prenantes de la démarche Femu a Corsica réuniront leurs responsables, militants et instances respectifs. Ensemble, elles travailleront à l’élargissement et au renforcement de la dynamique du mouvement. Il s’agira de mettre en œuvre, avec d’autres forces politiques, la stratégie qui permettra, dès les élections territoriales de décembre 2015, de construire une plate-forme politique capable d’imposer à l’Etat la prise en compte  les revendications fondamentales de la Corse et de son peuple.



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