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Europe Ecologie Les Verts : Julia Sanguinetti n'est plus secrétaire régionale


Rédigé par le Jeudi 5 Novembre 2015 à 12:06 | Modifié le Jeudi 5 Novembre 2015 - 14:11


Julia Sanguinetti a démissionné de ses fonctions de secrétaire régionale d'Europe Ecologie Les Verts. Sa démission d'EELV a été envoyée jeudi à la direction nationale. "Si celle ci évoque essentiellement la question nationale, la Corse y compris à l'échelon territorial n'échappe pas au mécanisme mortifère, bien que différent et probablement pire (ou en avance). Mécanisme qui, du trouble et de l'incohérence politique généralisée, nourrit la pensée d'extrême droite. Bien au delà des scores que le FN est, ou non, susceptible de réaliser" explique t-elle. Le texte de son courrier à EELV


Europe Ecologie Les Verts : Julia Sanguinetti n'est plus secrétaire régionale

Chers amis écologistes,
Je vous informe que je démissionne ce jour d'EELV et quitte donc mes fonctions de Secrétaire Régionale Corse. 
La violence des propos et la stérilité du débat public entre les différentes stratégies affichées par les écologistes ne servent ni l'écologie, ni l'Europe, ni le pays. Nous traversons une période de l'histoire de l'Europe qui pourrait voir basculer dans le pire. La pensée xénophobe a gagné le sournois terrain des pensées individuelles et collectives et les ingrédients sont réunis pour que chaque étincelle, chaque faute, soit un pas de plus vers une possible catastrophe. C'est pour l'heure, à peu près mes principales inquiétude et préoccupations.                           

 

A ce titre, Il y a clairement deux lignes stratégiques (et non comme on voudrait le laisser penser idéologiques) chez les écologistes, elles ne sont plus en mesure de cohabiter, et il est finalement plus sain qu'elles se séparent en toute clarté. Mais se détruire mutuellement est une connerie. La ligne défendue par Cécile  et une majorité d'EELV, n'est pas celle que j'estime dans le contexte, responsable et constructive. Il ne s'agit pour moi, ni de scores électoraux fussent ils bons ou mauvais, mais du rôle majeur de la parole publique sur le sens de la marche de la pensée collective, à cet instant précis de son histoire.

 

Je considère dangereux aujourd'hui de tirer abusivement sur le gouvernement, pour quelques voix "grattées" chez un électorat un peu perdu (et on le serait à moins). Non parce que l'on adhère à sa politique (et rien n'empêche de continuer à marquer ses différences et il est même à mon sens indispensable de le faire), mais parce que la réalité c'est que pour l'heure, aucune force à gauche autre que le PS ou avec le PS n'est susceptible de remporter une présidentielle. Si tel ne devait pas être le cas, c'est une droite dure ou une extrême droite qui la remporterait. Et très rapidement nous nous rappèlerions qu'il demeure malgré tout, une différence notoire entre une gauche imparfaite et trop au centre, et une droite dure. En l'état actuel de la prolifération d'idées xénophobes, de repli et de peur de l'Europe, je crois que l'heure n'est pas à faire de la destruction du gouvernement une priorité. Je pense même qu'il est l'heure de le ramener à gauche du mieux que l'on puisse et cesser de le pousser (et ils y sont suffisamment tentés naturellement comme ça) vers le centre. Plus il sera affaibli sur sa gauche, plus il cherchera appui au centre. Évidemment c'est une erreur, mais c'est comme ça. C'est aussi parce que ce mécanisme néfaste est devenu un réflexe pour le PS que la gauche s'affaiblie et qu'il faut la reconstruire sur des bases nouvelles, celles du projet écologiste, ce que je continue de penser. Mais il y a, l'immédiat et ses priorités, et les projections à long terme. Faire en sorte de joindre les deux est toujours la plus grande difficulté qui se présente aux politiques. Et on ne peut pas faire d'écologie en niant les réalités de la nature profonde de l'être humain, peureuse par excellence. 

 

Évidemment on peut toujours imaginer qu'après le cahot, reconstruire sera plus facile, rêve conscient ou inconscient de l'extrême gauche, mais à quel prix et qui le paye ? L'épisode Grec est le témoin que l'on peut avoir raison de sa théorie, en être parfaitement convaincu, et choisir en responsabilité de ne pas faire encourir le risque de plonger une population dans le cahot. À regret ou pas, mais en conscience et connaissances des réalités. 

On peut aussi accepter que la lourde machine de l'organisation politique de ce pays est longue et difficile à faire bouger, et prendre acte que les méthodes appliquées de toutes parts pour y parvenir depuis de longues années, n'étaient visiblement pas les bonnes : la France (et la corse n'y échappe pas) se "droitisent" à l'extrême, nous n'avons pas ramené le PS plus à gauche, et aucun autre parti de ce côté là de l'échiquier n'est en mesure aujourd'hui de le remplacer. 

Je continue de penser que quitter le gouvernement était une faute qu'il ne fallait pas commettre. Non parce que sa politique me convient, mais, pour ne citer que cet exemple, Macron aurait été moins Macron si nous étions restés. Cette loi n'aurait pas été "verte" évidemment, elle le sera un jour lorsque nous aurons convaincu plus de 2% des citoyens que nous sommes en capacité de conduire ce pays et le monde au bon endroit de son interet. Mais elle n'aurait pas été ce qu'elle est aujourd'hui. À minima, à la marge, frustrés, c'est vrai, mais nous aurions pesés et aurions été entendus par les citoyens, sans pour autant aider la droite à écraser la gauche. Une toute petite pierre c'est vrai aussi, mais une pierre quand même. Il ne me semble pas que les vociférations d'une opposition à gauche ont en tous cas, conduit à améliorer les décisions. 

Chaque coup porté maladroitement, avec un manque évident de subtilité, sur le gouvernement quand il est à gauche, ne remplit pas les caisses de la gauche quelle qu'elle soit, mais celles de la droite et aujourd'hui de l'extrême droite. S'il en était autrement, nous nous en serions rendus compte, et il y a longtemps que le PC serait au pouvoir..... 

Je suis donc fondamentalement à gauche et probablement très à gauche, incontestablement écologiste, mais en opposition totale avec le comportement que l'on nomme, à tort peut être, "gauchiste", qui à mon sens, est contre productif dans la réalité qui s'impose à nous, quoi qu'on pense de cette réalité et elle ne me convient pas plus qu'à vous.  En corse comme ailleurs. 

Ce qui oppose aujourd'hui la ligne Duflot à la ligne Placé (puisque c'est ainsi que l'on a réussi à faire identifier les choses par le plus grand nombre....), ne se réduit pas à une question d'ambitions personnelles et il ne s'agit ni de péripéties, ni d'acceptation, (comme d'aucuns le laissent entendre), d'une financiarisation de nos sociétés, mais de choix stratégiques de courts, de moyens et de longs termes. Refuser de le poser ainsi, c'est échapper au débat en en réduisant l'importance. À réduire ce débat en cherchant celui qui serait plus à gauche que l'autre, ou celui qui serait plus carriériste que l'autre, je pense que l'on creuse la tombe de la gauche et de l'écologie. 

Placé n'est pas plus à droite ni moins ecolo que Duflot. Le débat n'est pas aussi simple.





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