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En 2013, la Police au plus près de la population pour davantage d’efficacité !


le Samedi 26 Janvier 2013 à 00:01 | Modifié le Dimanche 27 Janvier 2013 - 00:36


Le préfet de Corse-du-sud Patrick Strzoda et les responsables de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) ont présenté ce vendredi à Ajaccio les dernières mesures destinées à lutter contre la délinquance sur la voie publique. L’intensification de la présence policière dans les rues, le développement de réseaux de proximité avec la population ainsi que les partenariats engagés avec l’Education Nationale sont au cœur de ce nouveau dispositif mis en place depuis le début de l’année 2013. Auparavant dans la journée, c’est au sein de l’Etablissement régional d’enseignement adapté (EREA) qu’une présentation du référent Police/Education Nationale a été faite avant une visite des responsables de la Sécurité publique au garage Citroën de Mezzavia pour des préconisations de mesures de sécurisation des lieux. D’autres opérations de ce type devraient se multiplier à l’avenir dans la cité impériale.


Les nouvelles mesures destinées à lutter contre la délinquance sur la voie publique ont été présentées par le Préfet de Corse-du-Sud Patrick Strzoda et les responsables de la DDSP d'Ajaccio. (Photo Marilyne Santi)
Les nouvelles mesures destinées à lutter contre la délinquance sur la voie publique ont été présentées par le Préfet de Corse-du-Sud Patrick Strzoda et les responsables de la DDSP d'Ajaccio. (Photo Marilyne Santi)
Améliorer la sécurité sur la voie publique, développer des réseaux de proximité avec la population et l’Education Nationale mais également se rapprocher des entreprises et autres offices de l’habitat à Ajaccio. Telle est en substance la nouvelle série de mesures, destinée à lutter plus efficacement contre la délinquance sur la voie publique dans la cité impériale, mais plus généralement dans l’ensemble du département de la Corse-du-Sud. Car même si la situation en Corse n’est en rien comparable à celle des villes (moyennes ou grandes) du continent, il n’en demeure pas moins que certains faits délictueux ont tendance à progresser.
Ainsi en 2012, on constate 10% d’augmentation des cambriolages en zone gendarmerie, principalement sur les villes de Porto-Vecchio et Bonifacio. Une cellule de lutte contre les cambriolages a d’ailleurs été crée pour lutter contre les réseaux organisés spécialisés dans les effractions de propriétés en Corse-du-Sud.

Augmentation des actes de "petite" délinquance sur la voie publique
Mais la délinquance dite "petite" ou "de voie publique" (entendons clairement par là celle qui empoisonne le plus la vie et la tranquillité de la population) n’est pas en reste, notamment dans la cité impériale, particulièrement ces derniers temps. Alors évidemment, sans céder aux sirènes alarmantes de la dramatisation inutile, il faut présenter les choses de la façon la plus objective possible.
Non la Corse-du-Sud comme la Haute-Corse n’ont, en terme de délinquance et d’insécurité générale, aucune commune mesure avec la situation préoccupante des villes continentales françaises. C’est dit. Toutefois, les chiffres observés par les services de la DDSP montrent une progression de certains types d’infraction en 2012. Ainsi, concernant le classique vol "à la tire" (arrachages de sacs ou autres objets sans violence importante), en 2 ans on est passé de 9 à 60 faits délictueux commis de la sorte dans la cité impériale.
Et en 2013, toutes proportions gardées, sur les 3 premières semaines de janvier on est passé de 2 à 7 faits par rapport à l’année passée. En augmentation également les dégradations de biens (publics ou privés) ainsi que les trafics de produits stupéfiants. Une situation qui, même si elle n’explose pas, montre une tendance à se développer un peu plus les mois passant. 

Une nécessaire capacité d’adaptation des services de police
C’est la raison pour laquelle le préfet de Corse-du-Sud Patrick Strzoda et les hommes de la Direction départementale de la sécurité Publique ont décidé de faire évoluer les stratégies des services de police afin de s’adapter davantage aux techniques de cette délinquance et ainsi de mieux pouvoir la combattre. « Notre but est ainsi de montrer que les services de la Sécurité Publique s’organisent pour lutter contre les problèmes de sécurité sur le terrain. Notamment en mettant en place des stratégies de prévention mais aussi en assurant une présence accrue sur le terrain » a ainsi expliqué le préfet Patrick Strzoda.
Détaillant le nouveau modus operandi des agents de la force publique qui assurent une « présence dynamique » sur la voie publique, le préfet a rappelé que l’évolution de la délinquance nécessite des capacités d’adaptation permanente de la part des services de police. « C’est dans l’optimisation de ces moyens que l’on peut être plus performants » a affirmé Patrick Strzoda, en rappelant que « ces méthodes sont à l’initiative des chefs de service de la DDSP ».  

Coopération maximale sur le terrain entre Police nationale, municipale et les CRS
Alors concrètement, quels sont donc ces axes particuliers sur lesquels les services de la DDSP vont particulièrement agir ? C’est Jean Hayet, officier de la DDSP de Corse-du-Sud qui a détaillé le projet.
« Notre action en 2013 s’oriente particulièrement sur l’amélioration de la sécurisation sur la voie publique mais également sur le développement de réseaux de proximité avec la population, car le service à la population est au cœur de notre métier » a t-il expliqué.
Et cette amélioration de la sécurité dans les rues d’Ajaccio passera par une augmentation de la présence policière sur la voie publique, notamment dans certains créneaux horaires sensibles comme la fin de soirée ou le début de nuit. « Cibler les zones criminogènes et les créneaux horaires est indispensable. Ainsi nous articulerons notre action en partenariat avec la police municipale et les CRS afin de diversifier la présence et couvrir un maximum de terrain. L’une de ces formes de présence passera par des patrouilles à pieds dans le centre-ville mais également dans certains quartiers ciblés » affirme Jean Hayet.
Des propos corroborés par Jean-Paul Jauffret, responsable de la sécurité de la ville d’Ajaccio pour la police municipale : « Le maire désire que la ville d’Ajaccio s’investisse encore davantage dans la sécurisation des quartiers de la ville, avec la coopération de la police municipale »  a-t-il assuré. Une volonté clairement affirmée de coopération entre les divers services de sécurité pour assurer une visibilité certaine et dissuasive dans les rues d’Ajaccio.



Présence accrue sur le terrain et proximité avec la population, maitres mots du dispositif. (Photos: Marilyne Santi)
Création de multiples réseaux de proximité avec la population
Mais la présence, visible ou pas, ne fait pas tout. Si la mission principale des hommes de la DDSP est le service à la population, alors les progrès en terme de sécurité publique ne peuvent pas se faire sans se rapprocher d’elle, au plus près de ses attentes. C’est sur la base de ce principe que les services de la DDSP ont décidé de se rapprocher encore davantage de la population en créant de véritables réseaux de proximité pour faire remonter les informations, instaurer un dialogue constructif et ainsi être plus efficaces dans la lutte contre la délinquance.
Une proximité qui se décline sous plusieurs modes. Ainsi des partenariats ont été créés avec l’Education Nationale (avec la création d’un poste de référent Police/Education Nationale) pour réaliser de la prévention de la délinquance ou encore anticiper les risques liés au trafic de stupéfiants et autres conduites addictives. Mais également avec des associations, les bailleurs sociaux, les commerçants, les entreprises et autres secteurs qui peuvent connaître les problèmes de délinquance.
Le but étant de diversifier la présence policière pour recueillir des informations et nouer des contacts utiles dans la mission de sécurisation de l’espace public en général. « Nous avons mis en place ce système de coopération depuis le début du mois de janvier et nous avons déjà beaucoup de résultats intéressants.
Notre but essentiel étant à la fois de faire baisser le nombre d’infractions et d’interpeller les auteurs de faits délictueux  »
a affirmé Jean Hayet. 

Lien avéré entre délinquance et trafic de produits stupéfiants
Interrogé par Corse Net Infos sur le lien entre l’augmentation du trafic de produits stupéfiants et les actes de délinquance sur la voie publique, l’officier de la DDSP n’a pas botté en touche. « Même si très peu de plaintes sont déposées dans ce cas là, le lien entre le trafic de stupéfiants et la délinquance est évident. Quand on sait que le prix moyen d’une barrette de haschich de 3 grammes environ se vend aux environs de 50 €, on peut faire le lien entre trafic et délinquance d’appropriation » (ndlr : vols divers) a-t-il expliqué.
Egalement interrogé par nos soins sur les zones et secteurs plus concernés par ces trafics et sur le profil général des auteurs, Jean Hayet a précisé que « les zones particulièrement concernées sont ciblées, connues, mais il faut toujours affiner davantage, secteur par secteur, voire rue par rue pour apporter la réponse la plus efficace et mettre un terme à ces activités ».
Car depuis certaines opérations menées récemment par les hommes de la DDSP dans certains secteurs pour stopper ces ventes de drogue, il semblerait que les trafics se soient déplacés. « Suite à plusieurs opérations de la DDSP sur la voie publique, les trafics se font de plus en plus dans des appartements, ce qui crée davantage de complications pour les services de police pour agir à cause du cadre juridique » a expliqué le préfet Patrick Strzoda.
Car juridiquement, un appartement (comme dans certain cas un simple véhicule) est un lieu privé que l’on ne peut pas investir sans respecter des règles juridiques très précises. 

28% des mis en cause pour des faits de délinquance en 2012 étaient mineurs
Concernant le profil des auteurs et la difficulté des services de police face au cas des mineurs, il apparaît que pour les faits de délinquance générale (qui inclut donc le trafic de stupéfiants), les mineurs ou jeunes majeurs représentaient 14% des mis en cause dans ce type de délits en 2012, et 28% si les graffitis et autres dégradations de biens sont inclus dans ces chiffres.
D’où l’utilité de la mise en place d’un policier référent auprès des bailleurs (notamment les bailleurs publics HLM) pour identifier plus précisément les secteurs qui posent problème (regroupement de jeunes dans les halls d’immeubles, sur les parkings de propriétés etc…) afin d’apporter des solutions pratiques (éclairage supplémentaire des lieux, système de fermeture de certains accès) à ces désagréments qui empoisonnent bien souvent le quotidien des habitants.
Par ailleurs, pour traiter plus efficacement encore la problématique de la délinquance des mineurs, un Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) a été mis en place à l’initiative du procureur de la république afin de suivre en profondeur et sur la durée les parcours des  personnes mises en causes dans ce type de délits pour toujours plus d’efficacité.

Sensibilisation aux règles élémentaires de prudence
Enfin, au-delà de l’ensemble de ces mesures prises par les hommes de la DDSP pour lutter encore plus activement contre l’insécurité, il est (malheureusement !) important de rappeler à la population les règles élémentaires de prudence pour éviter, autant que faire se peut, d’être victime de ces faits de délinquance, particulièrement nuisibles.
Même si Ajaccio n’est en rien comparable à certaines banlieues du continent, loin s’en faut, on évitera de laisser le moteur de sa voiture tourner alors qu’on s’absente quelques minutes pour une course sous peine de voir, peut-être, son véhicule dérobé. Pour les personnes plus âgées, éviter (si possible) de retirer de l’argent tout seules à des distributeurs ou se promener à certaines heures avec son sac à main : préférer les poches des vêtements ou autres sacoches, moins visibles sous les vêtements.
En bref, sensibiliser la population à des règles élémentaires de prudence pour éviter de favoriser la survenue de toute mauvaise surprise.
 
Yannis-Christophe GARCIA  

Les hommes de la DDSP ont dispensé des conseils de sécurisation du site. (Photo: Marilyne Santi)
Les hommes de la DDSP ont dispensé des conseils de sécurisation du site. (Photo: Marilyne Santi)
* 15 000€ par an de pertes suite à des vols pour la concession Citroën de Mezzavia

Exemple de la diversification de la lutte contre la délinquance et du développement de réseaux de proximité, la visite vendredi des responsables de la DDSP d’Ajaccio sur le site de la concession Citroën située à Mezzavia. Le but : la préconisation de mesures de sécurisation du site pour mieux lutter contre les vols.
Car ces derniers coûtent cher à l’entreprise, qui estime, selon les propos des responsables de la structure, à 15 000 € par an le montant des vols divers et variés (rétroviseurs et autres pièces) sur le site d’exposition des véhicules situé à l’extérieur.
Au-delà du préjudice subi, cette situation a également eu pour effet de semer le doute sur la possibilité de la responsabilité du personnel dans ces vols.
Ainsi les hommes de la DDSP ont conseillé au mieux les responsables de la concession pour lutter, grâce à l’installation de plusieurs dispositifs, plus efficacement contre ces délits et lever toute forme de suspicion envers les employés.
Un dispositif qui devrait coûter environ 20 000€ pour la concession et qui, au regard des pertes annuelles, serait très vite amorti.
Y-C G
 
 




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