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Emmanuelle de Gentili : « Les Nationalistes ont le choix entre le repli sur soi ou une avancée avec une majorité plus large »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 26 Octobre 2017 à 19:57 | Modifié le Jeudi 26 Octobre 2017 - 20:03


Le mois dernier, le groupe des Progressistes de gauche lançait, par la voix d’Emmanuelle De Gentili, un appel à la gauche progressiste et aux Nationalistes pour établir une coalition autour d’un concept d’autonomie. Depuis, juste une liste a été présentée et les arbitrages ne sont pas tranchés. A 5 semaines du 1er tour de scrutin des élections territoriales, la 1ère adjointe à la mairie de Bastia et conseillère départementale fait, pour Corse Net Infos, le point sur la situation, définit une ligne de conduite, et prend la mesure de qui pourrait suivre. Elle réaffirme sa volonté de rassembler la gauche autonomiste autour d’une ligne claire.


Emmanuelle de Gentili, 1ère adjointe à la mairie de Bastia et conseillère départementale de gauche.
Emmanuelle de Gentili, 1ère adjointe à la mairie de Bastia et conseillère départementale de gauche.
- Que pensez-vous de la situation actuelle de la campagne électorale ?
- L’élection territoriale aura lieu le dimanche 3 décembre et, pour le moment, aucun programme de mandature n’a été présenté aux électeurs : c’est totalement inédit !
 
- Comment analysez-vous la situation ?
- Nous sommes dans une période de transition qui va durer trois ans, autour du mouvement de Gilles Simeoni, de la recyclerie Giaccobiste au sein de l’équipe macroniste, de l’affirmation de la volonté émancipatrice des Indépendantistes, du dédoublement de la droite pour construire un front républicain, de la résurgence des Insoumis et de l’extrême-gauche, et de la présence de l’extrême-droite. Au confluent de cette transition se dessine une force de gauche progressiste et autonomiste. Mais la Corse ne sera pas pour autant devenue nationaliste ! Et la bataille pour développer notre région continuera.
 
- Vous dites qu’il n’y a pas de programme. Qu’est-ce que vous proposeriez ?
- Je veux, avec d’autres, favoriser un rassemblement qui se donne comme objectif d’élever le niveau de vie des Corses. Je souhaite, par exemple, une centrale solaire à Ajaccio, des supermarchés agricoles par micro-région, une gestion territorialisée des déchets à travers des intercommunalités plus puissantes, la réappropriation de l’intérieur par une politique incitative d’installation de la ville vers nos villages. Ce qui impliquera la remise en état du réseau routier et peu à peu le développement d’activités de proximité et de lien social. Egalement, une priorité régionale à l’emploi, l’accès au numérique très haut débit pour développer des activités aussi bien à Orezza, dans le Niolu ou dans l’Alta-Rocca…
 
- De quelle façon imaginez-vous mettre ces idées en pratique ? Par une démarche d’ouverture ?
- Pour mettre en application ces  idées, j’ai proposé, hors de toute démarche politicienne et en réponse à l’ouverture prônée par Gilles Simeoni, une coalition ouverte et émancipatrice, agrégeant les Progressistes de l’île, pour éviter le face à face pro- et anti-nationaliste. Cette volonté s’inscrit dans le parcours de la gauche socialiste et humaniste, porté depuis la décentralisation de 1982.
 
- Votre proposition n’a, pour l’instant, pas reçu de réponse. Comment imaginez-vous la suite ?
- Désormais, Gilles Simeoni va montrer si son ouverture est, soit de pure forme avec l’agrégation de quelques personnalités, ce que d’aucuns ne manqueront pas de qualifier de « débauchages à l’ancienne », aboutissant à une coalition avec les seuls Indépendantistes, c’est à dire dans le repli sur la famille nationaliste, soit la construction d’un projet avec une majorité reposant sur un socle plus large, avec la  gauche progressiste et autonomiste, disposant  de relais nationaux et sociaux-démocrates européens, c’est-à-dire dans une perspective post-nationaliste ouverte afin de ne pas reproduire les clivages des années 70 entre pro- et anti-nationalistes, si stériles et dangereux pour la Corse.
 
- Comment interpréterez-vous une réponse négative ?
- La réponse sera simplement interprétée : le retour vers  les tropismes îliens de l’électoralisme créant un nouveau clanisme, là où doit s’imposer le sens de l’histoire, c’est à dire le rassemblement avec les héritiers de Michel Rocard qui ont contribué à construire, avec les Nationalistes, la Corse d’aujourd’hui.
 
- Ne risquez-vous pas ainsi de disparaître du champ politique ?
- La présence à une élection n’est pas une fin en soi. Ce sont les actions et la force des idées qui comptent. Et on le voit bien, la gauche, telle que nous la défendons, ne peut être représentée par les candidats aujourd’hui déclarés. Nous devons organiser et structurer un mouvement politique capable de redonner confiance aux Corses dans l’engagement citoyen, car l’abstentionnisme augmente. La gauche progressiste sera présente partout où cela semblera nécessaire pour expliquer, dialoguer et convaincre. Et en la matière, le travail ne manque pas.
 
- C’est-à-dire ?
- Aujourd’hui, la gauche où je me situe, qui est à la droite de Mélenchon et à la gauche de Macron doit défendre la Corse et ses habitants face aux menées des puissances financières et des lobbies en tout genre, proposer de nouveaux liens sociaux pour remplacer les solidarités familiales ancestrales, enfin impulser notre capacité à entreprendre, à innover et à créer les emplois de demain. Je porte, avec beaucoup d’autres, cette ambition, elle a marqué  mes choix politiques. C’est ainsi qu’avec eux, je m’attacherai à rassembler, demain, la gauche autonomiste sur des bases claires et des valeurs qui ont toujours inspiré les Progressistes afin de dégager un corps de doctrine et de valeurs dans lequel pourront se reconnaître les insulaires qui n’ont pas renoncé à voir la gauche retrouver sa capacité à  convaincre et à transformer notre société. Je poursuivrai le regroupement de la gauche autonomiste sur une ligne claire, en structurant un mouvement avec des alliances possibles, tout en gardant une identité propre et une expression libre.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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