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Emmanuelle De Gentili : « Notre alliance est claire, vous pouvez nous faire confiance ! »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 6 Octobre 2016 à 17:17 | Modifié le Vendredi 7 Octobre 2016 - 13:27


En lice pour le 2nd tour de l’élection départementale partielle du 3ème canton de Bastia, le binôme de la majorité municipale, formé du nationaliste José Gandolfi et de la socialiste Emmanuelle De Gentili, soutenu par la droite bastiaise, est arrivé largement en tête du 1er tour avec 37,59 % des suffrages contre 26,32% % pour son principal adversaire, le binôme divers gauche, Joseph Martelli et Anne-Marie Piacentini. Il affrontera, dimanche, dans un duel serré, une opposition de gauche coalisée et réconciliée pour la circonstance, qui a refusé le débat médiatique. Emmanuelle De Gentili, 1ère adjointe à la mairie de Bastia, tacle cette alliance politicienne impromptue entre frères ennemis tattistes et zuccarellistes et leur renvoie, dos à dos, la responsabilité de l’abandon du quartier et de la gestion des HLM pendant 40 ans. Exprimant, à Corse Net Infos, sa confiance dans la victoire, elle appelle les électeurs à ne pas se laisser berner.


Le binôme de la majorité municipale, José Gandolfi / Emmanuelle de Gentili, entouré des suppléants Joseph Savelli / Christelle Timsit, Place du Triangle à Lupinu, en présence du maire de Bastia Pierre Savelli, ainsi que des conseillers municipaux, départementaux et territoriaux.
Le binôme de la majorité municipale, José Gandolfi / Emmanuelle de Gentili, entouré des suppléants Joseph Savelli / Christelle Timsit, Place du Triangle à Lupinu, en présence du maire de Bastia Pierre Savelli, ainsi que des conseillers municipaux, départementaux et territoriaux.
- Vous êtes arrivés en tête dimanche soir avec plus de 300 voix d’avance, mais vous devez affronter une coalition de gauche. Comment appréhendez-vous ce 2nd tour ?
- Je tiens, d’abord, à dire que je suis satisfaite des résultats du 1er tour puisque les électeurs du 3ème canton de Bastia nous ont placés en tête. Notre liste est la seule qui pouvait naturellement, démocratiquement, se maintenir pour le 2nd tour. Il y a eu le rattrapage de la liste de José Martelli qui est rejoint par son ennemi d’hier : Marie-Claire Poggi et l’équipe du MCD (Mouvement Corse Démocrate). Aujourd’hui, les masques sont tombés ! Les électeurs sont pris en otage ! Ils sont trahis par l’attitude de ces candidats qui se regroupent uniquement par intérêt personnel, pour essayer de garder des responsabilités.
 
- Ne craignez-vous pas cette union de la gauche qui s’est faite au soir du 1er tour ?
- Vous voulez parler d’une certaine Gauche, d’une gauche traditionnelle, la même qui a été aux affaires pendant 40 ans ! Je crois que les électeurs ne s’y tromperont pas, particulièrement les abstentionnistes. Ils n’ont plus confiance dans les élus à cause, justement, de comportements de ce type où l’on dit tout et son contraire en l’espace d’un weekend. A contrario, notre positionnement est très clair depuis le début. Comme nous l’avons expliqué, nous représentons l’alliance municipale, une alliance solide et renforcée dans ce scrutin. Nous travaillons ensemble et nous continuerons à le faire au département, dans le cadre du transfert des compétences à la Collectivité unique, pour changer, notamment la manière de gérer l’Office HLM.
 
- C’est-à-dire ?
- Il y a d’énormes problèmes de logement dans ce canton. Les habitants nous font part des difficultés à avoir ne serait-ce qu’un interlocuteur ou des travaux d’urgence ! Il est anormal que le président de l’Office HLM ne soit pas un Bastiais quand on sait que plus de 5000 logements sont situés sur la commune de Bastia. Nous rappelons qu’aujourd’hui, l’Office HLM est géré par le Conseil départemental. Il le sera, demain, par la Collectivité unique. Si nous sommes choisis pour représenter le canton, nous assumerons cette lourde charge de changer les choses et de porter la voix des habitants. Il ne faut pas mentir ! En un an, nous ne pourrons pas tout transformer. Avoir un langage de vérité, à la fois sur notre positionnement et sur les actions que nous pourrons mener, c’est, d’ailleurs, le sens de notre engagement depuis le début. Si nous sommes élus, nous siègerons dans l’opposition, mais nous travaillerons à faire respecter les droits des habitants.
 
- Vous avez quitté le giron Zuccarelli dans le sillage de François Tatti, ensemble vous avez intégré l’alliance municipale. Que vous inspire son retour au bercail ?
- Il nous a trahis ! Il nous a menti pendant toutes ces années ! C’est pour cela qu’il est sorti de notre majorité municipale, il y a déjà plus de 18 mois. Ce que le milieu politique savait alors, est, aujourd’hui, connu de tous puisqu’il agit de manière ouverte. En une nuit, il est retourné au bercail d’où il n’aurait sans doute jamais du partir. Cela aurait évité aux électeurs de croire qu’il allait faire des choses nouvelles alors qu’il n’a fait que les instrumentaliser par ambition personnelle. Tout ça pour retourner au même endroit ! Pour notre part, notre ambition est collective, nous travaillons pour remettre de l’humanité et du lien social dans ce canton. Nos adversaires sont très loin de ces préoccupations-là. En permanence, ils prennent à partie l’électorat pour essayer de retrouver un peu du pouvoir qu’ils ont perdu. Nous travaillons, non pour le pouvoir, mais pour des actions concrètes qui profitent aux habitants.
 
- Vos adversaires ont refusé le débat médiatique. Le regrettez-vous ?
- Oui ! Nous regrettons que ce débat n’ait pas eu lieu, il aurait permis de clarifier un certain nombre de points, par exemple les responsabilités des uns et des autres, et de contrecarrer tous les mensonges que nous entendons de ci, de là, sur la municipalité, notamment au niveau de l’Office HLM et de la collecte des déchets. Je le répète, la mairie travaille sur les compétences qui lui sont propres, l’Office HLM est géré par le Conseil départemental, pas par la ville de Bastia. Les déchets incombent à la CAB et, donc, à son président, François Tatti. Les dysfonctionnements, pointés par les habitants, ne sont pas le fait de la mairie qui essaye de travailler, de demander des engagements au Conseil départemental et à l’Office HLM.
 
- Le cumul des voix de gauche donne, à vos adversaires, un avantage mathématique théorique. Comment comptez-vous combler cette avance ?
- Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. José Martelli a 750 voix, nous en avons 1060. Les électeurs sont des gens qui réfléchissent et ont envie d’avoir des interlocuteurs qui les écoutent et prennent en compte leurs revendications. Aujourd’hui, l’équipe Martelli-Tatti-Poggi a pris en otage le quartier, chacun essaye d’accaparer la première place dans cette coalition de gauche. Les électeurs ne sont pas intéressés par cette problématique-là, mais par des problèmes de chaudière, d’isolation thermique, de propreté, de déchets… Là-dessus, le bilan de la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia), est mauvais ! Le bilan du Conseil départemental est mauvais ! Les candidats, qui se revendiquent de la majorité départementale, ont la responsabilité du bilan de l’Office HLM. Notre adversaire a, d’ailleurs, été président de cet Office, son bilan est encore plus médiocre !
 
- Pensez-vous gagner dimanche ? Etes-vous confiante ?
- Oui ! J’ai toujours confiance dans les habitants et dans leur capacité d’analyse. Aujourd’hui, ils se posent des questions. On peut le comprendre quand on voit que ceux, qui ont attaqué l’élection en parlant de triche, s’associent avec ceux qu’ils ont combattu et dont ils ont invalidé le mandat ! Pendant 40 ans, alors qu’ils avaient la main sur tous les outils : le département, la CAB, la ville et même la région, ils ont laissé des quartiers à l’abandon. Il y a quand même une grande différence entre ces gens qui font tout pour revenir aux responsabilités, alors qu’on connaît leur bilan, et le travail que nous avons entrepris depuis deux ans avec la majorité municipale. C’est un travail de longue haleine qui demande un mandat pour convaincre. Le mandat, c’est 2014-2020. Nous serons jugés en 2020 sur notre bilan. L’opposition essaye de le faire dès à présent parce qu’elle a peur que notre bilan de fin de mandat soit bon. Les habitants ne s’y tromperont pas ! Notre alliance est claire. Ils peuvent nous faire confiance !

Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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