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Emmanuelle De Gentili : « Je veux garder Bastia à gauche »


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 3 Juin 2013 à 16:26 | Modifié le Mardi 4 Juin 2013 - 02:21


Après François Tatti et Jean Zuccarelli qui prétendent, tous deux, à l’investiture du PRG pour conduire la gauche bastiaise à l’élection municipale de mars 2014, c’est, au tour, d’Emmanuelle de Gentili d’afficher ses ambitions. La 1ère secrétaire de la fédération socialiste de Haute-Corse, membre du Conseil national du PS et secrétaire adjointe au développement durable, également conseillère municipale, adjointe déléguée à l’urbanisme et au logement, conseillère exécutive et présidente de l’Office hydraulique, entend occuper sa pleine place sur l’échiquier politique local. Elle explique, à Corse Net Infos, que le PS n’exclut pas d’engager sa propre liste, pour, à la fois, proposer un projet, devenir une alternative et conserver à gauche une mairie qui pourrait basculer dans l’opposition.


Emmanuelle De Gentili en compagnie du candidat François Hollande lors de sa visite à Bastia en Mars 2012
Emmanuelle De Gentili en compagnie du candidat François Hollande lors de sa visite à Bastia en Mars 2012
- Quelle est votre réaction à l’annonce du retrait du maire sortant et de la candidature de son fils à l’investiture de la gauche pour les municipales ?
- La question se pose au PRG qui est face à deux candidats. En tant que représentante d’un parti politique, le PS, j’observe ce qui se passe chez nos partenaires naturels. Mais, nous travaillons à l’identité de notre propre parti. Le fait, que le maire sortant ne se représente pas, ouvre le jeu à une réflexion en termes de positionnement. Le PS n’exclut pas l’idée de présenter une liste au 1er tour dans le but de proposer son projet de ville, son ambition pour Bastia et d’être une alternative à gauche.
 
- Cela signifie-t-il que vous vous présentez ?
- Je n’exclus, pas du tout, cette solution, même si, aujourd’hui, elle n’est pas arrêtée formellement.
 
- Votre candidature se fera-t-elle sous l’étiquette PS ?
- Si je fais le choix d’une candidature, ce sera sur une liste d’ouverture à gauche, bien entendu, avec un socle socialiste, mais ouverte à des personnalités qui, tout, au long de l’année, travaillent dans l’intérêt de la cité.
 
- Pensez-vous obtenir l’investiture du PS national ?
- Je serai candidate à l’investiture à la section de Bastia. Il peut y avoir d’autres candidats. L’idée est de vérifier la possibilité pour le PS d’avoir une liste à part entière avec une tête de liste socialiste. Je discuterai avec les instances nationales qui vont donner une investiture pour porter l’étiquette du PS. Dans tous les cas de figure, je souhaite que le PS national prenne en compte les caractéristiques locales. Je refuserai que l’on stérilise le PS en Corse qui a toute sa place avec une jeune génération très motivée et des gens d’expérience qui contribuent au développement de l’île et à faire progresser l’idéal socialiste. Je crois que nous sommes légitimes à être présent lors des élections locales.
 
- Si, au nom d’accords nationaux, Paris vous refuse l’investiture et l’accorde au PRG, que ferez-vous ?
- Nous n’en sommes pas là ! Chaque chose en son temps ! Pour l’instant, je travaille à expliquer la situation. Je vais, également, discuter avec nos partenaires de gauche pour voir quelle sera la meilleure solution.
 
- Ne craignez-vous pas que l’on vous accuse de remettre en cause l’union de la gauche qui prévaut depuis 1968 et de faire perdre la mairie ?
- Tout d’abord, l’union de la gauche depuis 1968 est un leurre. En 2001, la gauche n’est pas partie unie à l’élection municipale puisque le PS a présenté sa propre liste. On ne peut pas revenir sur ce qui a été cassé, alors. En 2008, la gauche a refait une union, mais pas sur les mêmes critères qu’en 1968. Ensuite, compte tenu du retrait du maire sortant, je ne suis pas sûre que l’union pour l’union soit une solution et permette, à coup sûr, de garder Bastia à gauche. Mon but est, d’abord, de garder Bastia à gauche, ensuite de pouvoir offrir un choix aux Bastiais à travers un projet innovant pour la ville.
 
- Sous-entendez-vous que Jean Zuccarelli n’est pas le candidat naturel, ni le meilleur candidat pour la gauche ?
- Je ne me pose pas la question des individus. Le PRG choisira son candidat en juin. Le PS choisira son candidat entre septembre et novembre. Il y aura, ensuite, des discussions de parti à parti sur le fond. Nous n’excluons pas l’idée de pouvoir faire une union dès le 1er tour, mais je refuse que ce soit un préalable, un principe ! L’union pour l’union n’a pas de sens ! Si elle consiste à faire disparaître des personnalités, des idées et des partis, je n’y serai pas favorable. On ne peut pas dire qu’à l’heure actuelle, le PS soit un parti moteur à Bastia.
 
- Pour autant, vous n’excluez pas une union ?
- J’invite tous les partis et toutes les personnalités à discuter, en amont, à mettre tout le monde autour de la table, sans états d’âme, et à discuter plus sur les idées que sur les personnes. Si l’union a un sens dans l’intérêt des habitants par rapport aux problématiques de sécurité, de logement et d’emploi qu’ils rencontrent, s’il y a consensus pour représenter les enjeux de toutes les formations politiques et un partage des responsabilités, on pourra la faire. Mais, si elle n’est pas basée sur ce socle-là, les Bastiais doivent avoir le choix de désigner, à gauche, le leader de la nouvelle équipe.
 
- Envisagez-vous la possibilité d’une union à gauche, hors PRG, avec François Tatti par exemple ?
- S’il n’y a pas de liste d’union de la gauche, je serais tête de liste pour maintenir Bastia à gauche. Si des unions sont possibles pour maintenir Bastia à gauche et faire exister le PS, je pourrais regarder ce qui est à faire avec les uns et les autres.
 
- Ces trois candidatures révèlent-elles une fracture ou une fragilité de la gauche bastiaise ?
- A chaque fois qu’il y a une nouvelle donne, un changement de tête de liste, il est naturel qu’il y ait plusieurs candidats qui se déclarent et peuvent, éventuellement ensuite, se regrouper, plutôt qu’une homogénéisation de candidatures. Les primaires de 1er tour se passent partout en France. Il n’y a qu’ici qu’on ne voudrait pas qu’il y en ait ! Il faut arrêter de penser que donner le choix aux Bastiais serait les priver d’une victoire finale. Bien évidemment, ce sera plus compliqué de discuter entre le 1er et le 2nd tour que de le faire au préalable, mais le PS est tout légitime que le PRG à avoir un candidat.

- Etiez-vous partisane des primaires à gauche, avant qu’Emile Zuccarelli ne les rejette définitivement ?
- La question se posait au sein du PRG. Sur le principe, initié par le PS lors des Présidentielles, je ne peux pas être contre. Maintenant, les enjeux locaux n’ont pas la même dimension que les enjeux nationaux. S’il y avait eu des primaires à gauche, nous aurions été, sans doute, sollicités et nous aurions réfléchi à la question.
 
- Jean Zuccarelli s’affiche dans la continuité. Si vous vous présentez, comment allez-vous vous démarquer et sur quoi portera votre campagne ?
- Ma campagne sera clairement tournée vers l’avenir, vers une vision de Bastia en 2020. Comment allons-vous positionner la ville, comment va-t-elle tirer son épingle du jeu face à tous les changements au niveau, à la fois, international, national et local ? Les enjeux sont économiques afin que Bastia reste le poumon économique de la Corse et devienne la métropole de la Corse, pas d’un point de vue administratif, mais économique, social et culturel. Bastia a un fort potentiel. Elle doit assumer d’être une ville touristique. Le projet de la Carbonite, avec la redéfinition du port de centre-ville, va permettre au centre-ville de retrouver un autre visage, un autre équilibre économique et social avec le développement et la valorisation des quartiers.
 
- Que préconisez-vous face à la paupérisation, la précarisation et l’insécurité qui augmentent ?
- Il faut avoir une réelle politique de sécurité, mettre plus d’humanité et de proximité dans les quartiers, en utilisant tous les outils mis à notre disposition. Il faut travailler la main dans la main avec les services de l’Etat et que chacun reste dans ses compétences. Ce sentiment d’insécurité ne peut pas être écarté d’un revers de main. Il faut le relier à l’ensemble de la politique de la ville et pas le gérer de manière sectorielle. Il faut analyser ses causes et rechercher les solutions adaptées qui ne soient pas une simple solution coercitive.
Propos recueillis par Nicole MARI





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