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Edmond Simeoni : "Lebranchu, la fin des simagrées"


Rédigé par le Lundi 2 Mars 2015 à 23:24 | Modifié le Mardi 3 Mars 2015 - 01:31


"Madame Lebranchu, Ministre de la Décentralisation Française, à ne pas confondre précise-t-elle avec l'Autonomie dont elle ne veut même pas prononcer le nom, convoque la CTC le 13 avril 2015 à Paris pour "poursuivre le dialogue". Selon elle, il s'annonce sous de bons auspices. Cynisme, inconscience ou provocation? " interroge Edmond Simeoni dans une tribune qu'il nous a fait parvenir


Edmond Simeoni : "Lebranchu, la fin des simagrées"

Le contentieux entre la France et la Corse dure depuis Ponte Nove en 1769 et de façon plus contemporaine, depuis 50 ans. La politique coloniale a eu tout le loisir pour faire de la Corse, comme vous pouvez le constater, une terre de démocratie, de liberté, de prospérité et de paix.  

La gauche actuelle prépare lentement le quatrième statut sous les couleurs de " l'enterrement de première classe". Qu'on en juge : 

 

Hollande, Ayrault puis Valls, puis Cazeneuve puis Lebranchu sont extrêmement clairs et ânonnent, en permanence et avec conviction depuis des mois : 

 

*Non à la résidence  

*Non à la coofficialité de la langue 

*Non à la révision de la Constitution 

*Et plus récemment par Madame Lebranchu, non à l'autonomie. La réforme en Corse relèverait de la décentralisation hexagonale et non pas de la politique. Il faut y penser et surtout avoir le courage de le dire. 

 

Que ces différents thèmes aient fait l'objet des différents votes majoritaires de la CTC, a peu d'importance pour l'Etat français, attaché comme chacun sait -et il l'a prouvé en Indochine, en Algérie, en Afrique- au "droit des peuples a disposer d'eux-mêmes".  

Par contre, dans leur auguste clémence, Hollande et Valls font droit à une revendication de la CTC : l'exigence d'une collectivité unique avec la suppression des deux départements : 

Le calendrier est fixé à 2018 (bien entendu la gauche peut perdre les élections de 2017 et ne serait donc plus tenue d'honorer ses promesses) ; le contenu de cette future institution est inconnu et à débattre avec une multitude d'obstacles impressionnants et de tous ordres (politique, constitutionnel....). 

Quand on voit, à travers les exemples précis des arrêtés Miot ce qu'il advient des engagements  de la RF il faudrait être aveugle ou masochiste pour la créditer de la moindre confiance.  

L'équation est simple : l'Assemblée de Corse a effectué des choix démocratiques pour l'avenir de notre peuple ; ils doivent être débattus et honorés dans un calendrier précis et serré. En aucun cas, il n'est possible pour l'Etat de les écarter, sans dialogue et avec mépris.  

Le refus de Paris est clair : les Corses de l'île et de la Diaspora n'ont pas d'autre choix que de se réunir, de débattre, de dégager une plateforme politique commune et de la présenter à F. Hollande avec une exigence de solution et de calendrier pour la "question corse" pendante depuis 50 ans.  

Il existe une opinion publique, une conscience et des instances internationales habilitées à résoudre ce type de problème.  

Le peuple corse tient de l'Histoire et du droit la volonté et les moyens de vivre paisiblement dans son propre Pays. Nul, ni la République Française, ni quiconque, n'ont le droit de l'en priver. 

L'issue démocratique, sans violence, de l'émancipation inéluctable du peuple corse, dans l'Union Européenne, est certaine. L'heure est venue de le dire clairement et de l'exiger avec fermeté.





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