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Dominique Mamberti, nouveau cardinal corse, va accueillir une délégation du diocèse le 14 Février


Rédigé par le Mardi 27 Janvier 2015 à 14:38 | Modifié le Mardi 27 Janvier 2015 - 15:04


Le 14 février, une délégation du diocèse de Corse se rendra au consistoire où sera créé cardinal François-Dominique Mamberti, l’Archevêque de Sagone. Le futur cardinal vient d'accorder une interview exclusive à RCF Corsica. CNI l'a reprend aujourd'hui. Avec, bien sûr, la bénédiction de RCF Corsica et dans le seul but de la partager avec le plus grand monde. Voici le contenu de cet entretien recueilli par Philippe de Casabianca


(Photo Radio Vatican)
(Photo Radio Vatican)

- Vous venez de déménager de la Secrétairie d’Etat pour votre nouvelle affectation. Avez-vous enfin fini vos cartons ?

- Je suis en effet maintenant à plein temps au Tribunal suprême de la Signature Apostolique et j’ai introduit mon successeur, Monseigneur Paul Gallagher dans les fonctions de Secrétaire pour les relations avec les États puis j’ai pris mes propres fonctions de Préfet du Tribunal suprême de la Signature Apostolique.


- Vous allez être créé cardinal le 14 février et vous avez déjà dit que cela témoignait de la confiance du Pape François…

- En effet. Le Pape François m’avait déjà confirmé dans mes fonctions de Secrétaire pour les relations avec les États en 2013 et puis au mois de novembre il m’a nommé Préfet du Tribunal suprême de la Signature Apostolique. Il a annoncé au début de ce mois ma création comme cardinal le 14 février.

Je crois que ce sont des marques très significatives de cette confiance, en particulier la nomination au Tribunal suprême de la Signature Apostolique qui est l’organe préposé à l’administration de la justice dans l’Eglise, et surtout ma nomination comme cardinal qui n’est pas une promotion, une dignité, mais avant tout la nomination dans le collège des cardinaux qui est chargé d’élire le Pape et de le conseiller pour les questions d’importance majeure dans le gouvernement de l’Eglise.


- Vous serez le seul cardinal français créé le 14 février. Diriez-vous que la France tient encore son rôle de fille ainée de l’Eglise ?

- Cette expression a été utilisée en autres par le Pape Jean-Paul II en 1980 lors de son voyage en France à l’occasion de la fameuse homélie du Bourget. Je crois que dans l’esprit du Pape, c’est un rappel de la longue tradition et du grand héritage, en particulier de sainteté, que l’Eglise en France a apporté à l’Eglise universelle et c’est une exhortation pour les chrétiens d’aujourd’hui à puiser dans ce riche héritage pour y trouver de nouvelles forces.

Pour le reste, je suis sûr qu’il n’y a pas de droit de primo géniture dans l’Eglise. Le principe qui vaut dans ce domaine, c’est le principe évangélique selon lequel à qu’à ceux qui ont beaucoup reçu, on demandera également beaucoup.

Au sein de l’Eglise universel, on vous a surtout connu comme l’un des principaux diplomates du Vatican. Quels ont les été les apports spirituels et humains de cette longue expérience ? 

C’est bien une expérience de plus de trente ans passés dans le service diplomatique du Saint-Siège. Je quitte ce domaine avec une certaine nostalgie, surtout pour les personnes que j’ai rencontrées et avec lesquelles j’ai travaillées. En particulier, j’ai eu la chance pendant ces huit dernières années comme Secrétaire pour les relations avec les États d’avoir autour de moi une équipe extraordinaire à la fois par sa compétence et son dévouement.

Cela a été une très grande grâce de pouvoir exercer ce service, c’est à dire de connaître et d’être au service des Eglises dans le monde entier. Et de pouvoir ainsi être témoin de la diversité et de la richesse spirituelle de toutes les communautés chrétiennes dans le monde comme de leur unité dans la communion.


- Peu de média ont souligné votre attachement à la Corse. Pourtant vous avez bien gardé des liens avec l’Île de vos origines… Vous êtes même l’archevêque de Sagone…

- Je crois que ce titre d’archevêque titulaire de Sagone a été un élément important pour moi. Le Pape Jean-Paul II a eu la bonté de le recréer à l’occasion de ma nomination comme nonce apostolique au Soudan. C’était une façon de maintenir pour moi un lien spirituel avec la Corse. Pour le reste, j’ai maintenu des contacts réguliers en lisant la presse, internet et en gardant des contacts personnels.


- Diriez-vous que vos racines corses, que vos liens avec le village d’origine de votre famille, Vico, ont pu vous aider dans votre ministère ?

- Les racines sont fondamentales pour toute personne et cela compte beaucoup pour les Corses. Le fait d’avoir été séminariste du Diocèse d’Ajaccio, d’avoir été ordonné prêtre pour ce diocèse, d’y être revenu régulièrement demeure quelque chose d’important pour moi. Je suis vraiment heureux de voir qu’à l’occasion de ma nomination comme cardinal beaucoup de Corses se sont manifestés pour me rappeler des souvenirs communs.

Le village de Vico est aussi un élément important en raison du nombre de prêtres qui sont issus de la région tout comme de trois évêques récents qui en viennent, Monseigneur Arrighi, Monseigneur Zevaco et moi-même. Le supérieur général des oblats de Marie Immaculée m’a récemment envoyé un livre sur le Père Albini et je crois que les fruits spirituels de ce dernier au couvent de Vico se sont aussi manifestés par ces vocations et par la vie chrétienne dans le canton.


- Malgré des liens anciens avec le Vatican, les cardinaux corses n’y sont pourtant pas si nombreux. Quelle est donc la réalité des liens entre la Corse et le Vatican ?

- Je suis tout de même fier d’être le premier cardinal corse depuis plus d’un siècle. Je suis également qu’une délégation du diocèse vienne au consistoire du 14 février. Cela montre la permanence de mes liens avec le diocèse. J’en suis très reconnaissant à Monseigneur de Germay ainsi qu’aux prêtres et fidèles qui l’accompagneront à cette occasion.

Il y a des liens historiques documentés entre la Corse et le Saint-Siège. Ils se sont développés aussi en raison de la proximité géographique entre Rome et la Corse qui permet plus facilement le pèlerinage au tombeau des apôtres. Mais je crois qu’au delà de cette proximité géographique, il y a une véritable proximité spirituelle. J’ai toujours été frappé de la dévotion des Corses envers le Pape.


- Quel regard portez-vous justement sur la vie spirituelle de la Corse ?

- Il appartient à l’évêque et aux pasteurs qui sont chargés de la vie spirituelle du diocèse de répondre à cette question. Pour ma part, je pense que nous y avons certainement un riche patrimoine spirituel, surtout de religiosité populaire. Les festivités de Notre-Dame-de-la Miséricorde à Ajaccio, la fête de la Saint Joseph à Bastia et tant d’autres exemples en sont les témoins. Mais pour être vraie, la foi doit être intériorisée et vécue. Et cela, chaque génération, chaque personne est appelée à le faire pour son propre compte, puisant dans ce riche héritage et le mettant en pratique jour après jour. Cela nous appelle nous Chrétiens à être davantage cohérents. Si nous vivions davantage l’Evangile notre vie serait meilleure et la société se porterait mieux.


- Serez-vous donc en Corse pour la Miséricorde et la Saint-Joseph les 18 et 19 mars prochains ?

- S’il plait à Dieu, oui.


- Il faudra vous connaître désormais comme préfet du Tribunal suprême de la Signature Apostolique. Comment décrire cette mission moins connue du grand public ?

- Ce tribunal est préposé à l’administration de la justice dans l’Eglise. Il a des compétences juridictionnelles, un peu comme la Cour de cassation du Saint-Siège. D’autre part, il doit trancher un contentieux administratif, c’est à dire les recours contre des décrets des congrégations romaines. Mais au-delà de cet aspect technique, il y a un domaine plus ample qui est celui de la vigilance sur les tribunaux ecclésiastiques du monde entier. Les tribunaux des diocèses ou régions apostoliques envoient chaque année une relation à la Signature apostolique avec les statistiques de leurs jugements et la description de leurs travaux comme les titres de leur personnel. C’est donc aussi une activité quotidienne pour assurer une bonne administration partout dans le monde de la justice dans l’Eglise.

Propos recueillis par Philippe de Casabianca





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