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Dominique Bucchini : « Si les conditions se précisent, je mènerai une liste à Sartène »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 3 Janvier 2014 à 20:02 | Modifié le Vendredi 3 Janvier 2014 - 22:30


Le président de l’Assemblée de Corse, Dominique Bucchini, sera-t-il candidat à l’élection municipale de Sartène en mars prochain ? Très probablement ! Même s’il refuse de le confirmer, préférant se donner le temps de la réflexion, il entend bien reconquérir un fief qu’il a dirigé pendant 24 ans, de 1977 à 2001, avant d’être évincé par la droite. Déjà, sous l’étiquette Front de gauche, il avait entrepris, dès les Territoriales de 2010, une spectaculaire remontée politique qui lui a offert son siège de président. Il explique, à Corse Net Infos, qu’il mènera une liste de gauche si les conditions sont réunies, et en profite pour torpiller la gestion de l’équipe sortante.


Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse, élu Front de Gauche.
Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse, élu Front de Gauche.
- La rumeur dit que vous serez candidat à la mairie de Sartène. La confirmez-vous ?
- Non. Je confirme que je travaille avec mes amis politiques et avec des gens de gauche pour créer les conditions d’un changement profond à la tête de la commune de Sartène. Je prends, donc, un certain nombre de contacts. Après avoir bien travaillé à tous les niveaux, je prendrai ma décision.
 
- Nous sommes à 2 mois et demi du scrutin. Quand annoncerez-vous votre décision ?
- Ça dépend des contacts que je prends sur Sartène. La présidence de l’Assemblée de Corse, où je me donne à fond, représente, déjà, beaucoup de travail. On verra au fur et à mesure de l’évolution de la campagne quand je me déciderai.
 
- Pensez-vous que votre retour soit attendu par la population ?
- J’ai organisé, avec mes amis, une réunion politique au centre culturel de Sartène qui a rassemblé 170 personnes. Pour une petite localité comme la mienne, c’est beaucoup ! J’y ai noté des signes de mécontentement envers la municipalité et les difficultés qu’a eu, pendant toute cette période, le Conseil municipal à travailler d’une manière à peu-près responsable et sérieuse. Les réunions du Conseil municipal ne peuvent se tenir, comme ce fut le cas en décembre, le lundi à 8 heures avec un quorum qui n’est pas atteint et une délibération votée, 8 jours après, par 3 ou 4 élus !
 
- Le climat, qui règne au sein du Conseil municipal, vous semble-t-il délétère ?
- Oui. Il y règne un climat délétère qui ne répond pas aux besoins de la population. Nous l’avions plusieurs fois dénoncé par le biais de petites communications à la presse, mais notre appel n’a pas été entendu. J’ai mené, aussi, une 2ème réunion d’information et de co-élaboration d’un projet municipal. Je suis arrivé avec quelques feuillets faisant état de ce qui pourrait, éventuellement, être fait à Sartène. Des feuillets que j’ai distribués aux 105 personnes qui se pressaient à la réunion. Je leur ai donné la parole afin qu’elles donnent leurs points de vue.
 
- Qu’en est-il ressorti ?
- Il en ressort qu’il y a, à Sartène, un mécontentement profond, un désir de vivre-ensemble d’une nature autre que ce que nous avons, malheureusement, connu durant ces 3 ou 4 dernières années. Je continue, donc, à rencontrer des gens et à parler avec eux. Si les conditions se précisent, je verrai, au moment opportun, s’il faut déclarer ma candidature. Et, comme il n’y a rien de nouveau sous le soleil, ma candidature s’inscrirait contre la droite, pas contre les personnes qui sont toutes respectables, pour essayer d’avancer un petit peu.
 
- Vous mènerez, donc, une liste de gauche ?
- On verra plus tard ! En tous cas, si, demain, je mène une liste, ce sera, incontestablement, au 1er tour, une liste des formations de gauche avec nos camarades socialistes, comme c’est de tradition à Sartène.
 
- Au cas où vous ne vous présenteriez pas, y aura-t-il, quand même, une liste Front de gauche ?
- C’est une évidence ! Il y aura une liste Front de gauche avec les camarades socialistes au 1er tour, quelque soit le candidat.
 
- Vous ne pouvez pas gagner seuls. Envisagez-vous une alliance avec les Nationalistes, comme certains le laissent entendre ?
- En vieil habitué des combats électoraux, je sais qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Si, demain, les conditions se précisent, je le répète, je mènerai une liste avec, au 1er tour, les forces de gauche contre l’UMP qui a une double facette à Sartène. Ensuite, les choses peuvent se discuter. On verra, en fonction des résultats, ce que des gens ont en commun et ce qu’ils peuvent, éventuellement, faire ensemble !
 
- Au-delà du climat délétère au sein du Conseil municipal, quel bilan dressez-vous de la mandature qui s’achève ?
- Le bilan de la municipalité sortante est proprement catastrophique. Il suffit de regarder tout ce qui était fait auparavant, ce que les municipalités de gauche, sous mon autorité, ont fait à Sartène durant des années, ceci avec toutes les marges d’erreurs possibles et normales dans une vie humaine. Si on compare avec ce qu’a fait la droite, qui est aux affaires depuis 2001, honnêtement, pour parler simplement, il n’y a pas photo !
 
- C’est-à-dire ?
- De mon temps, nous avons fait des travaux importants. Exemples : la création de l’hôpital et du lycée agricole, la réfection de l’internat du lycée Clémenceau dont le bâtiment était communal, la construction d’une école maternelle, d’un centre culturel, de dizaines d’HLM, d’une zone artisanale et d’une cité administrative de 800 m2 pour accueillir l’ensemble des administrations. Egalement, la création d’une adduction d’eau de 44 kilomètres et d’une station de pompage dans le Rizzanese. L’eau arrivait au bord de mer à Tizzano, à Barcaghju et jusqu’à Roccapina où nous avons installé un camping municipal. Nous avons, avec l’Assemblée de Corse, créé les conditions pour le barrage de l’Ortolo. Nous avons complètement refait la gendarmerie dont les locaux étaient inadaptés. Nous avons acheté un local pour mettre une bibliothèque municipale. Nous avons enlevé tous les fils, électriques et téléphoniques, qu’il y avait sur la Place que nous avons entièrement refaite. Nous avons repris tout le dallage de la vieille ville pour respecter le cadre ancien…
 
- Depuis votre éviction, des travaux n’ont-ils pas été réalisés ?
- Je constate qu’au bout de quelques années de gestion de la droite, il n’y a pas eu grand chose de fait. Lorsque nous avons perdu la Mairie, la nouvelle équipe a inauguré un syndicat d’initiative qui était prêt, un mois après avoir gagné les élections ! Elle a, entre-autres, construit une caserne dont le dossier était pratiquement bouclé. Il faut, néanmoins pour être honnête, dire qu’elle a fait la réfection d’une partie de l’école primaire et quelques menus travaux. Il n’y a plus de grue sur Sartène. Il n’y a eu aucune construction d’appartements sociaux. C’est une véritable gabegie !
 
- Qu’entendez-vous par là ?
- La population de Sartène comprend ou commence à comprendre qu’il faut un peu de compétence, de savoir-faire pour gérer une municipalité et des idées politiques précises en état de rassembler un Conseil municipal sur des objectifs qui, quelques soient les étiquettes des uns ou des autres, sont communs. L’élection de 2001 a vu l’arrivée de femmes et d’hommes nouveaux qui ont créé les conditions pour avoir un budget de fonctionnement qui dépassent l’entendement au détriment d’un budget d’investissement nécessaire et indispensable à la vie des entreprises locales.
 
- Si vous présentez une liste, quelles seraient vos priorités ?
- C’est une question importante. Mais, je n’ai pas encore présenté de liste. Lorsque je la présenterai, s’il y a eu, je définirai, avec mes amis, le cadre dans lequel il y a la nécessité d’un projet. Cette réunion, que nous avons faite où il y avait 105 personnes et où tout le monde disait la sienne, mérite maintenant d’être synthétiser pour voir ce que nous pourrions faire demain. Ceci, en tenant compte du fait que je ne connais pas l’état des finances locales dont on me dit qu’elles sont catastrophiques. Elles étaient saines quand j’ai laissé la Mairie. Je ne vais, donc, pas tirer des plans sur la comète avant d’avoir vu la réalité financière de ladite collectivité locale.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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