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Diversité culturelle : Les réactions


Rédigé par le Dimanche 19 Mars 2017 à 23:06 | Modifié le Dimanche 19 Mars 2017 - 23:14



Le SNES-FSU, comme la majorité des enseignants, est extrêmement choqué par la teneur des questions du document de l'ESPE et plus encore par le fait que M Le Recteur, ancien professeur de sociologie, ait pu autoriser son expérimentation par l'ESPE en primaire et laisser l'ESPE le proposer aux FA et certifiés stagiaires qui sont sous sa haute autorité. 
Ce dysfonctionnement impose une clarification des responsabilités de chacun et n'est pas de nature à corriger le bricolage dénoncé comme mode de fonctionnement de l'Académie par M Le Recteur à son arrivée.



La LDH s’interroge sur le questionnaire destiné à des enfants scolarisé-e-s dans le cadre du travail sur la diversité engagé par l’Assemblée de Corse. Cet outil ne correspond pas à la réalité des enfants. Il est demandé à des élèves du primaire et du collège de préciser la langue qu’ils utilisent au bar !
Le questionnaire manque également de rigueur lorsqu’il interroge sur des sentiments d’appartenance, qui plus est de jeunes enfants : tu te sens ou tu ne te sens pas… de telle origine ; il manque de discernement lorsqu’il les interroge sur les causes religieuses ou politiques des discriminations qu’ils peuvent subir. De toute évidence, les enfants parleront entre eux de ces questions, hors de tout contrôle des adultes, avec le risque d’effets stigmatisants pour certains et de conflits.
 

La mesure de la diversité et des discriminations est une question importante. Elle constitue un outil indispensable pour avancer vers l’égalité réelle. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, la statistique publique, l’INSEE, l’INED, le CEREQ, permet une approche de cette question en référence à la nationalité de naissance des personnes interrogées, à l’origine géographique, aux trajectoires familiales et scolaires, voire à la religion et à la langue parlée. Des enquêtes peuvent être déclinées sur des territoires plus restreints. La CNIL permet d’autres enquêtes anonymes effectuées auprès de volontaires avec des objectifs clairement définis qui contribuent à une meilleure connaissance des discriminations liées à l’origine ethnique, à l’orientation sexuelle, aux convictions religieuses…

On l’aura compris, mesurer la diversité et les discriminations nécessite de s’interroger sur des données sensibles puis d’opérer un traitement de ces données qui n’aboutisse pas à assigner chacun à une identité définitive et réductrice uniquement liée à l’existence de communautés arbitrairement définies. Le processus de construction de l’identité est un processus évolutif. La statistique doit pouvoir se conformer à cette définition elle-même conforme à la lutte contre les discriminations ainsi analysées. On peut fabriquer des outils plus performants, rappelant toutefois que des enquêtes déjà existantes permettent d’avancer vers l’égalité réelle sans attendre.

La LDH est disponible pour contribuer à une meilleure compréhension des crispations identitaires et des inégalités afin d’anticiper les ruptures possibles an sein de notre société. C'est un objectif prioritaire du travail sur la diversité engagé par l’Assemblée de Corse et son président. La polémique autour du questionnaire à destination d'enfants tourne le dos à cet objectif. Le retrait de cette enquête y mettra fin. Nous éviterons des tensions au sein des écoles et des collèges. Les premières victimes en seraient les enfants."


A Manca s’indigne de la mise en œuvre d’un questionnaire sur la «diversité» émanant conjointement de lEcole Supérieur du Professorat et de l’Education (ESPE), de l’Université de Corse et de la CTC.
Ce questionnaire, destiné aux écoliers, collégiens et lycéens, doit donc avoir pour cadre de diffusion le milieu scolaire. Or, son contenu juxtapose dangereusement des questions relevant des pratiques linguistiques des élèves et de leur famille et des questions relatives aux pratiques religieuses de ces derniers. Si les questions linguistiques se justifient pleinement dans la logique d’un développement souhaité du bi-plurilinguisme (combat dont Pascal Ottavi et son équipe sont depuis de nombreuses années les fers de lance scientifiques), pourquoi les associer à des questions à caractère religieux aussi inacceptables que tendancieuses ? Est-ce à dire que l’on défend une vision traditionnaliste et caricaturale de la société dans laquelle langue et religion formeraient un tout bien uniforme, la panoplie du parfait petit chrétien, juif ou musulman  ?"

Après avoir évoqué les pratiques linguistiques de la question 25 à la question 50, en un curieux mélange des genres, on y interroge les élèves de la question 52 à la question 60 sur leur religion personnelle, celle des différents membres de leur famille, sur les obligations alimentaires qu’ils respectent ou pas, sur leurs pratiques alimentaires quotidiennes, sur les signes distinctifs à caractère religieux qu’ils portent ou non.

Disons-le clairement : il est inadmissible de collecter des données d’ordre confessionnel dans le cadre de l’école. Est-il besoin de rappeler à des responsables politiques, à des enseignants -chercheurs et à des formateurs l’importance de la valeur de laïcité qui laisse l’affirmation des croyances religieuses à la sphère privée afin de créer cohésion et lien social dans la sphère publique ?

 De ce même cadre, -l’école-, les élus nationalistes en responsabilité à la CTC, n’ont cessé de dire par ailleurs de façon totalement contradictoire avec de telles démarches, que ce cadre est laïc et qu’il s’agit d’en protéger prioritairement le caractère laïc.

Ajoutons que la mise en œuvre de ce questionnaire intervient de surcroît dans un contexte insulaire très préoccupant de montée de la xénophobie et de multiplication des tensions, voire des incidents de tous ordres à caractère raciste. Si d’aucuns cherchaient à donner du grain à moudre à la facho sphère insulaire ou à jeter de l’huile sur le feu en attisant les crispations, ils ne sauraient mieux faire.

En outre, brandir comme justification à la démarche, comme objectif la volonté dite scientifique de « réaliser un état des lieux quantitatif pour évaluer l’importance de chacun des groupes culturels » présents en Corse, ne résiste pas à l’analyse.

Rien n’empêche qu’ une telle consultation (dans sa partie à caractère confessionnel) soit menée par des instituts et autres sondeurs spécialisés. Si des études scientifiques  sont en cours ou même envisagées sur le multiculturalisme dans notre pays, c’est un point positif pour la connaissance de notre environnement. Toutefois, cela ne peut servir de prétexte pour justifier l’injustifiable.

Pour finir, s’il s’agit là de traiter la thématique de la citoyenneté et du vivre ensemble, le moins que l’on puisse dire c’est que le compte n’y est pas ; d’autres voies et moyens doivent être sont trouvés d’urgence.




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