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De Gentili-Tatti : Le ticket gagnant de la gauche à Bastia ?


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 14 Décembre 2013 à 18:01 | Modifié le Dimanche 15 Décembre 2013 - 02:56


La dissidence de gauche fait front uni et liste commune pour les élections municipales de mars 2014 à Bastia. Comme la rumeur le laissait entendre, Emmanuelle de Gentili, secrétaire de la fédération PS de Haute-Corse, membre du Conseil national du PS et secrétaire adjointe au développement durable, conseillère municipale, adjointe déléguée à l’urbanisme et au logement, conseillère exécutive et présidente de l’Office hydraulique et François Tatti, conseiller municipal, exclu du PRG, ex-adjoint aux travaux, conseiller territorial et président du Syvadec, unissent leurs forces pour « faire gagner la gauche à Bastia ». Explications croisées des deux colistiers.


François Tatti et Emmanuelle de Gentili.
François Tatti et Emmanuelle de Gentili.
- Pourquoi avez-vous décidé de fusionner avant le 1er tour ?
- E.D.Gentili : Nous avons eu des discussions tout au long de l’année. Nous sommes issus de la même majorité municipale. Nos positionnements présentent beaucoup de points communs. Pendant les semaines qui viennent de s’écouler, nous avons imaginé qu’il y aurait, au 2nd tour, un travail à faire pour construire une alternative ouverte à gauche. Puis, nous nous sommes dit que, si une convergence est possible au niveau du programme et de la vision que nous avons de la ville, pourquoi ne pas l’envisager dès le 1er tour ? Nous avons trouvé les conditions pour rendre possible au 1er tour ce qui l’était, sans doute, au 2ème.
 
-F.Tatti : J’ai commencé à travailler sur le terrain pour construire une dynamique et asseoir un projet, à distance, mais toujours en relation avec Emmanuelle De Gentili. Avec l’idée qu’un jour, nous allions nous retrouver, au moins au 2ème tour. La campagne avait besoin d’une nouvelle dynamique. Nous avions besoin de montrer aux Bastiais que nous pouvions gagner, que nous pouvions faire une proposition traduisant notre volonté de nous situer clairement dans la continuation positive de cette municipalité. Nous avons travaillé à moderniser cette ville tout en proposant la dynamique de changement qui s’impose et qu’attendent les Bastiais.
 
- Qu’attendez-vous concrètement de cette union ?
- F.Tatti : L’union nous permet de créer cette nouvelle dynamique et de considérer que nous pouvons arriver en tête au 1er tour. Nous savons que Bastia est à gauche, que son futur maire sera à gauche ! Nous pensons pouvoir incarner cette dynamique.
 
- Cette union de gauche se fait-elle en dehors des partis ?
- E.D.Gentili : Ce n’est pas une question de parti ! Nous nous inscrivons dans une vision bastiaise, pas dans une vision partisane ! Nous souhaitons proposer des projets et des idées basés sur un socle résolument à gauche dans la diversité de ce que nous représentons. Les Bastiais, aujourd’hui, ne sont pas du tout intéressés par l’étiquette que nous pouvons afficher, même si je revendique mon appartenance au PS. Amener le débat sur le champ des étiquettes politiques, c’est supprimer l’idée de projet, d’équipe et de vision de Bastia.
 
- Personne n’a l’investiture PS. Pourquoi ne la demandez-vous pas ?
- E.D.Gentili : Nous ne demandons pas spécialement l’investiture. Il est tout à fait normal que, dans une primaire, toutes les listes se présentent et que des rapprochements se fassent au 2nd tour. Aujourd’hui, nous montrons l’exemple. Notre démarche est la 1ère étape d’un large rassemblement à gauche. Nous présenterons, dans quelques semaines, un programme commun et une dynamique de campagne commune. Nous espérons pouvoir élargir cette dynamique autour de ce que nous représentons.
 
- Qui, de vous deux, sera tête de liste ?
- E.D.Gentili : Ce sera la surprise de Noël !
 
- F.Tatti : Aujourd’hui, nous avons décidé de travailler ensemble, de faire une liste commune avec un ticket Emmanuelle De Gentili/François Tatti ou François Tatti/ Emmanuelle De Gentili… Peu importe !
 
- Allez-vous fusionner les programmes ?
- F.Tatti : Nous allons fusionner le travail qui a été fait jusqu’à présent. Aucun programme n’est achevé. J’ai présenté, en septembre, la stratégie pour développer Bastia. Emmanuelle a travaillé sur certains sujets. Nous allons mettre en commun le fruit de nos rencontres avec les Bastiais, de notre expérience et de la volonté de créer une nouvelle dynamique dans cette cité.
 
- Vos idées divergent sur la Corse, notamment sur le statut de la langue et sur la politique régionale. Comment allez-vous concilier ces divergences ?
- E.D.Gentili : Nous avons moins de divergences que d’autres sur la politique régionale ! François a fait un sérieux pas en avant en votant la réforme institutionnelle. Il a fait preuve de beaucoup d’ouverture. Nous allons travailler sur tous ces sujets qui ont une déclinaison et des conséquences locales. Je ne doute pas que nous trouverons toujours, dans l’intérêt de la ville, les voies et les moyens d’avancer ensemble. Nous l’avons démontré dans la mandature municipale qui s’achève où, dans nos délégations complémentaires, à l’urbanisme et aux travaux, nous avons, toujours, œuvré en bonne intelligence.
 
- F.Tatti : Je suis un Républicain. Je crois beaucoup aux valeurs de la République, mais je n’ai pas de Table de la Loi ! Je suis un décentralisateur. Je crois fortement au pouvoir local dans un cadre républicain. Ce qui me permet de travailler de manière très souple sur des questions de délégation de pouvoirs aux territoires à la condition de ne pas engendrer de dispositifs susceptibles d’entraîner des discriminations entre les citoyens. C’est pour cela que je suis favorable à la réforme de la Constitution, à la langue corse, mais le statut de coofficialité qui a été voté, comme le statut de résident, me semblent mettre certains Corses en situation complexe d’exclusion sur leur propre territoire.
 
- Emmanuelle De Gentili est considéré comme progressiste. Pas vous !
- F.Tatti : Je suis progressiste à la condition de respecter certaines règles. Nous avons beaucoup d’espace pour travailler, pour construire un avenir de la Corse serein, apaisé et dynamique et, en tout état de cause, pour travailler ensemble à Bastia.
 
- Quand vous êtes partis en lice séparément, on vous a accusé de fracturer dangereusement la gauche. Aujourd’hui, ne va-t-on pas vous accuser de la faire perdre ?
- F.Tatti : Cette accusation va être beaucoup plus difficile à porter ! Nous portons les valeurs de gauche. Nous pesons, à priori, le même poids électoral que ceux qui se revendiquent comme héritiers légitimes. Nous sommes dans une situation totalement différente. Nous faisons une offre politique clairement à gauche tout en étant ouvert. Notre liste comportera des personnalités qui ne sont pas forcément de gauche. Le risque de faire perdre la gauche à Bastia n’existe pas de notre fait ! Si, demain, le candidat, imposé par le PRG, venait à échouer, cela ne ferait pas forcément échouer la gauche !
 
- E.D.Gentili : Aujourd’hui, nous créons une 4ème force qui compte à Bastia et qui s’est construite sur les attentes des Bastiais. Nous n’avons pas décidé de faire un mariage forcé, nous avons décidé de nous unir pour travailler à une vision de Bastia pour les 6 prochaines années.
 
- Plusieurs militants PS auraient rejoint Jean Zuccarelli, PRG. Quelle est votre réaction ?
- E.D.Gentili : La fédération PS de Haute-Corse compte 595 militants. Ceux, qui ont rallié Jean Zuccarelli, représentent une dizaine de militants en carte. Je suis ultra-majoritaire dans la démarche que j’ai initiée, que ce soit au niveau de la fédération, des sections de Bastia Nord et de Bastia Sud et des élus socialistes qui me soutiennent.
 
- Jean Zuccarelli dit refuser « tout replâtrage » au soir du 1er tour. Cette porte fermée, qu’envisagez-vous comme union possible ?
- E.D.Gentili : Nous allons, d’abord, nous concentrer sur le 1er tour pour arriver en tête des listes de gauche. Le sondage, réalisé par le CSA, montre que la dynamique d’une liste De Gentili/Tatti nous remet dans le jeu de la victoire dès le 1er tour. Avec 24% des intentions de vote contre 30% pour Jean Zuccarelli, nous avons du travail à faire pour convaincre les Bastiais que l’alternative à gauche est possible pour un changement autour de notre candidature. Si nous arrivons en tête, nous souhaitons que les voix, qui se sont portées sur d’autres candidats de gauche, se retrouvent dans une dynamique pour la création d’une gouvernance.
 
- F.Tatti : Nous avons un gros travail à faire dans les 3 prochains mois pour arriver en tête au 1er tour. C’est un effort très important qui suffit largement à nous occuper. Nous examinerons le 2nd tour au vu des résultats du 1er.
 
- Discutez-vous avec Gilles Simeoni comme la rumeur le prétend ?
- F.Tatti : Il n’y a pas de discussion avec Gilles Simeoni. Ni avec personne d’autre, d’ailleurs !
 
- Même pas avec Jean Zuccarelli ?
- F.Tatti : Les dernières discussions remontent à 2 ans !
 
- Envisagez-vous des alliances autres qu’avec la gauche ?
- E.D.Gentili : Je suis très étonnée de la question qui n’est pas du tout celle que l’on nous pose au quotidien ! Dans la campagne, les gens nous demandent comment, si nous arrivons en tête, nous transformerons la ville et l’avenir des Bastiais. C’est la seule chose qui nous intéresse. Comme l’a dit François, nous avons 3 mois pour travailler d’arrache pied et essayer de convaincre pour arriver en tête de toutes les forces en présence. Imaginer comment se dessinerait le 2nd tour, c’est déjà se projeter dans ce que nous pourrions représenter ! Nous sommes résolument ancrés à gauche. Là où nous serons, la gauche sera ! Nous travaillerons avec les gens qui se seront mobilisés sur les voix de gauche. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas aller sur d’autres schémas.
 
Propos recueillis par Nicole MARI

De Gentili-Tatti : Le ticket gagnant de la gauche à Bastia ?
Un sondage donne le ticket De Gentili-Tatti ex-aequo avec Simeoni
 
Echéance électorale oblige, les sondages se multiplient à Bastia où le scrutin est, plus que jamais, incertain. Le dernier en date, commandé par le candidat François Tatti et réalisé les 25 et 26 novembre dernier par téléphone auprès de 504 Bastiais par l’institut CSA, donne, au 1er tour, le ticket De Gentili-Tatti, ex-aequo avec Gilles Simeoni, avec 24 % des suffrages. Jean Zuccarelli, toujours en tête avec 30% des intentions de vote. Le conseiller général de droite, Jean-Louis Milani, ne recueillerait que 9% des voix. Tony Cardi et Eric Simoni seraient à égalité avec 5%, chacun.
 
Jean ZUCCARELLI (PRG-PC) : 30%
Gilles SIMEONI (Inseme per Bastia) : 24%
François TATTI- Emmanuelle DE GENTILI (PS) + EELV : 24%
Jean-Louis MILANI (UMP) : 9%
Eric SIMONI (Corsica Libera) : 5%
Tony Cardi (Front National) : 5%
Jean-François BACCARELLI (Alliance Ecologie) : 2%
Sylvain FANTI (Divers droite) : 1%
 
15% des sondés n’expriment pas d’intentions de vote.
 
François Tatti conteste le sondage d’OpinionWay, commandé par FR3 Via Stella/RCFM/Corse Matin.
 
- Comment expliquez-vous la grande différence des résultats de votre sondage et celui d’OpinionWay, publié en début de semaine, qui vous donne à 12% ?
-F.Tatti : Je ne me l’explique pas. Ce sondage reflète beaucoup mieux la sensibilité que nous avons du terrain, ce qui remonte de nos rencontres avec les Bastiais. Pour la plus grande partie, ceux-ci aspirent à voir la ville rester à gauche, mais appellent à un changement et à un renouveau. Ce sondage correspond à cette synthèse que nous essayons d’incarner. Il n’avait pas vocation à être diffusé. C’est parce que nous avons ressenti le besoin de rétablir ce qui nous semble être la réalité que nous le diffusons. 
 
- Que remettez-vous en cause dans le sondage d’OpinionWay ?
-F.Tatti : J’ai en ma possession des documents que je veux garder confidentiels. Ce sondage a un système de questions et propose des unions au 2ème tour qui sont tout à fait incohérentes au plan politique. Nous nous interrogeons beaucoup sur les conditions de sa réalisation, sur les méthodes employées et sur les questions posées. Nous allons interroger la Commission des sondages pour tenter d’avoir des explications et comprendre pourquoi existe une telle distorsion.
 


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