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Création du Parc naturel marin du Cap Corse : Le début de la concertation


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 24 Novembre 2014 à 20:08 | Modifié le Lundi 24 Novembre 2014 - 21:02


Le comité de concertation pour la création du futur Parc naturel marin du Cap Corse, a été installé, lundi après-midi à la préfecture de Haute-Corse à Bastia, sous la présidence du préfet Alain Rousseau et du préfet maritime de Méditerranée, l’Amiral Joly, en co-pilotage avec l’Assemblée de Corse (CTC) et en présence des élus, des socioprofessionnels, des associations, des scientifiques et des services de l’Etat concernés. Une convention cadre a été signée pour la mise en œuvre des études préalables nécessaires à la construction de ce projet, acté en juillet dernier par Ségolène Royal et qui verra le jour d’ici 2 à 3 ans. Explications conjointes, pour Corse Net Infos, du président de l'Exécutif de la CTC, Paul Giacobbi, suivies, en vidéo, de celles du préfet Alain Rousseau.


Le préfet maritime de Méditerranée, l’Amiral Joly, le préfet de la Haute-Corse, Alain Rousseau, le président de l'Exécutif de l'Assemblée de Corse, Paul Giacobbi, et le président de l'Office de l'environnement, Pierre Ghionga.
Le préfet maritime de Méditerranée, l’Amiral Joly, le préfet de la Haute-Corse, Alain Rousseau, le président de l'Exécutif de l'Assemblée de Corse, Paul Giacobbi, et le président de l'Office de l'environnement, Pierre Ghionga.
- Quel était l’objet de cette réunion de concertation ?
- La création du Parc marin est prescrite par un arrêté de la ministre de l’Ecologie qui en charge l’Etat, le Préfet départemental et le Préfet maritime. Le parc marin est un organisme d’Etat qui fait partie de l’agence des aires marines protégées, mais qui est gouverné localement. Les avis sont donnés par des conseils comprenant les services de la Préfecture, les élus, les associations de l’environnement, les scientifiques, les pêcheurs… tous ceux qui concourent à mettre en œuvre ce parc marin.
 
- Toutes les décisions sont-elles prises au niveau local ?
- Oui ! Un parc marin est ce que les gens veulent en faire au plan local. Ensuite, l’Etat, qui a la compétence régalienne sur le domaine maritime, donne son accord ou non et veille à ce que le projet aille dans le bon sens. Mais, l’Etat a compris qu’il ne pouvait pas gérer la mer tout seul, il a besoin des parties prenantes : les élus, les pêcheurs, les exploitants de la mer, les professionnels du tourisme, les associations, les scientifiques… C’est vraiment une coproduction entre l’Etat et les acteurs locaux.
 
- Qu’avez-vous acté aujourd’hui ?
- Nous avons acté le fait que l’Etat demandait à la CTC, par l’entremise de l’Office de l’environnement, d’être le maître d’œuvre de la création de ce parc marin. Le projet se met en place par un accord entre les aires marines protégées et l’Etat, d’une part, et les autorités de la Corse.
 
- Concrètement, quelle sera l’action de la CTC dans ce projet ?
- D’abord, elle va financer une partie du programme d’études et de concertations qui débouchera sur la création du parc. L’Agence nationale des aires marines protégées mettra une partie des moyens et la CTC en mettra une autre partie.
 
- Dans ce projet, n’avez-vous pas une double casquette ?
- Oui ! Je suis un peu gêné dans cette affaire, car je ne sais jamais à quel titre j’interviens ! Il se trouve que je suis président du Conseil d’administration de l’Agence nationale des aires marines protégées et, en même temps, je suis, aussi, ici au titre de la Corse. L’agence était représentée  par Pierre Leca, directeur adjoint, et Gérard Romiti, qui joue un rôle non négligeable dans la pêche au plan national en tant que président du Conseil national des pêches, est, également, vice-président du Conseil d’administration de l’Agence nationale des aires marines protégées.
 
- Quel est le calendrier ? Y-a-t-il une date prévue de création du Parc marin ?
- Il n’y a pas de date. Ce serait bien que dans un an et demi, voire deux ans, le Parc marin soit prêt à être créé par décret. Il faut trois éléments pour faire un Parc marin : d’abord des études pour savoir où on en est, ce qu’on doit faire, les mesures qu’on doit prendre, ce qui menace la vie de la mer… Il faut, ensuite, un consensus, que tout le monde soit bien d’accord sur les analyses, les objectifs et les actions à entreprendre. Il faut, enfin, un minimum de moyens qui ne sont pas faciles à obtenir dans l’état actuel des choses. Nous n’avons pas trop de problèmes pour la période de préfiguration, pour la mise en œuvre de ce qui doit être fait au préalable afin de dire ce que nous voulons. Ensuite, j’espère que d’ici à deux ans, les problèmes budgétaires nationaux iront mieux et que l’Agence nationale des aires marines protégées pourra financer un nouveau parc marin, celui du Cap Corse, qui fait partie des grands projets de notre agence au plan national.
 
- Ceci dit, pourquoi créer un parc marin ?
- Parce que si on ne le crée pas, la situation n’ira pas en s’améliorant. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien actuellement ! Il y a des réserves naturelles… Mais, à l’échelle d’un enjeu comme celui du Cap Corse, il faut un outil fort. Un Parc marin est, à la fois, un moyen juridique d’interdire et de règlementer. C’est un outil de concertation avec toutes les parties prenantes et c’est un outil de financement. Il permet de dégager un certain nombre de moyens. Sans parc, nous n’aurons ni les moyens, ni les droits, ni la concertation nécessaires !

- Le Parc marin du Cap Corse ressemblera-t-il au parc naturel des Bouches de Bonifacio ?
- il sera un peu différent ! Les Bouches de Bonifacio ne sont pas un parc marin, mais une réserve naturelle côté français et un parc selon la réglementation italienne. C’est une structure de coordination européenne entre les deux. Mais, sur le fond, les deux entités se ressembleront. Il s’agit, dans les deux cas, de surveiller, d’étudier et d’agir en concertation avec toutes les parties prenantes locales.

- Ce parc marin va-t-il aider à résoudre les problèmes écologiques dans une Méditerranée où le trafic maritime est intense ?
- Il faut l’espérer ! Il aura un impact considérable. Les parcs sont souvent étables dans des zones très actives. La mer d’Iroise au large de Brest n’est pas une zone morte, mais une zone de grande pêche, de navigation, de tourisme… pourtant, c’est un parc exemplaire. On n’a pas trouvé mieux, aujourd’hui, pour protéger la mer que de mettre toutes les parties prenantes d’accord, de les faire travailler ensemble, d’avoir un programme scientifique, des règlementations étudiées et des actions adaptées. C’est cela un parc marin ! C’est, à la fois, très simple et très compliqué !

- Toute l’activité maritime sera-t-elle réglementée dans le Cap Corse ?
- Oui ! Mais pas pour le plaisir ! Des tas de choses se concilient parfaitement. Le tourisme peut s’y développer. En mer d’Iroise, l’activité touristique est considérable, y compris en mer, seulement elle est organisée et règlementée. Les pêcheurs ont tout à gagner des réserves du parc marin. L’expérience a toujours été positive jusqu’à ce jour. Il y a une méthode et des moyens qui sont drainés. Après, c’est tout un art d’application.

Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Alain Rousseau : « Le Parc marin sera un outil à l’échelle du Cap Corse »






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