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Coups de feu contre la gendarmerie de Pietrosella : Ils voulaient « fêter l’anniversaire de la libération de la Corse »…


le Vendredi 12 Septembre 2014 à 22:03 | Modifié le Vendredi 12 Septembre 2014 - 23:01


Tout juste 72 heures après les faits, deux jeunes hommes ont été interpellés par les gendarmes jeudi dans la matinée et la soirée et placés en garde à vue. Ils ont reconnu avoir tiré, dans la nuit de lundi, sur la façade de la gendarmerie de Pietrosella. Connus de la Justice pour des délits mineurs, les deux individus ont été déferrés vendredi dans la soirée et placés en détention provisoire. Ils seront jugés, dans le cadre de la comparution immédiate, le 15 septembre devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio pour « dégradation par moyen dangereux » et « infraction à la législation sur les armes ». Ils encourent jusqu’à 10 ans de réclusion.


(De gauche à droite sur la photo) Le Général Cayet, le Procureur Xavier Bonhomme et le Commandant Capsié. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
(De gauche à droite sur la photo) Le Général Cayet, le Procureur Xavier Bonhomme et le Commandant Capsié. (Photo : Yannis-Christophe Garcia)
C’est un travail d’investigation rondement mené par les services de gendarmerie, en charge de l’enquête.
Tout juste 72 heures après les faits, deux jeunes hommes ont en effet été interpellés par les gendarmes jeudi dans la matinée et la soirée et placés en garde à vue, dans le cadre de l’enquête sur les coups de feu tirés lundi soir dernier contre la façade de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), au cours desquels aucun blessé parmi les occupants n’était heureusement à déplorer.
C’est au cours d’une conférence de presse organisée vendredi en fin d’après-midi que le procureur de la République d’Ajaccio est revenu sur les détails de l’enquête, en présence du Général Cayet commandant de la Gendarmerie en Corse et du Commandant Capsié, de la brigade de recherche d’Ajaccio.

Exploitation fructueuse de la vidéo-surveillance
C’est notamment l’exploitation des bandes de vidéo-surveillance des locaux par les techniciens informatiques de la gendarmerie (sous l’égide de la Brigade de Recherche d’Ajaccio, de la brigade locale de Pietrosella, des techniciens en identification criminelle ainsi que de la brigade cynophile) qui a permis aux enquêteurs d’identifier, par recoupements, le véhicule des auteurs des tirs (dont la plaque minéralogique avait été falsifiée grossièrement avec du scotch épais) et de remonter ainsi jusqu’à leurs occupants au moment des faits.

Les deux prévenus ont rapidement reconnu les faits au cours de leur garde à vue
Au cours de leur garde à vue dans les locaux de la gendarmerie d’Ajaccio, les deux jeunes hommes ont rapidement reconnu les faits pour lesquels ils étaient mis en cause.
Kevin Lecam, 19 ans et Franck Tezekdjian, 23 ans ont donc avoué avoir tiré deux coups de feu au fusil de chasse contre la façade de la gendarmerie de Pietrosella lundi dernier vers 22h30.
Au cours des perquisitions menés par les gendarmes aux domiciles respectifs des deux prévenus, une arme de chasse correspondant à celle qui a servi aux tirs ainsi que des cartouches, une cagoule et du scotch épais identique à celui utilisé pour maquiller la plaque minéralogique ont été retrouvés.

Écoutez les précisions du Procureur de la République d’Ajaccio Xavier Bonhomme

reaction_du_procureur_xavier_bonhomme.mp3 Réaction du Procureur Xavier Bonhomme.mp3  (2.01 Mo)



Le Procureur de la République d'Ajaccio Xavier Bonhomme a organisé une conférence de presse vendredi soir. (Photos : Yannis-Christophe Garcia)

Ni « caïds », ni revendication politique pour expliquer leur geste
Les deux individus, issus de familles respectables de la région Ajaccienne, ne sont pas des « caïds » et aucune revendication politique ne sous-tend leur geste.
Connus de la Justice pour des délits « mineurs », notamment conduite sous l’empire d’un état alcoolique pour les deux (leurs permis respectifs leur ont d’ailleurs été retiré durant l’été pour ces motifs), et « outrage » pour l’un d’entre eux, les deux jeunes hommes ont un profil somme toute presque banal.
L’un d’eux exerce l’activité professionnelle d’agent d’entretien et le second est actuellement sans-emploi.

Ils souhaitaient « fêter l’anniversaire de la libération de la Corse » à leur façon…
Qu’est-ce qui a donc finalement pu conduire ces deux jeunes à tirer volontairement sur la façade de la gendarmerie de Pietrosella, au risque de blesser gravement les occupants du bâtiment (soit une douzaine de familles et 15 enfants présents dans la brigade) ?
Les premières explications sont pour le moins insolites… L’idée saugrenue aurait été de fêter l’anniversaire de la libération de la Corse, à leur façon.
De fil en aiguille, et probablement sur fond d’une soirée bien trop arrosée, les deux jeunes gens auraient donc décidé de tirer sur la gendarmerie de Pietrosella depuis la route toute proche.
Avant de reprendre, semble t-il, le cours de leur soirée, comme si de rien n’était.

« Les deux individus se sont rendus compte après coup que le geste qu’ils ont commis auraient pu avoir des conséquences dramatiques »
Si les motivations pourraient éventuellement prêter à sourire, tant la bêtise mêlée à l’absence de clairvoyance semblent tenir lieu de raisonnement, le risque de blesser plus ou moins gravement l’un des occupants de la brigade au cours de ce western nocturne, n’en demeure pas moins particulièrement préoccupant.
« Les deux individus se sont rendus compte après coup que le geste qu’ils ont commis auraient pu avoir des conséquences dramatiques » expliquait t’on de source proche de l’enquête.

Écoutez également le Général Cayet, commandant de la Gendarmerie en Corse, revenir sur les moyens déployés au cours de cette enquête

precisions_du_general_cayet.mp3 Précisions du Général Cayet.mp3  (1.92 Mo)



Les deux prévenus encourent jusqu’à 10 ans de réclusion
Placés en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Ajaccio vendredi dans la soirée, les deux jeunes gens seront présentés lundi devant le tribunal correctionnel dans le cadre de la comparution immédiate (les deux prévenus ayant spontanément reconnu l’ensemble des faits qui leur étaient reprochés).
Poursuivis pour « dégradation par moyen dangereux » et « infraction à la législation sur les armes », ils encourent jusqu’à 10 ans de réclusion.

Yannis-Christophe GARCIA




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